24-02-2014 14:26:41
Pays : UGA AEAE FRS1375 0711 /AFP-SD93 =(VIDEO ARCHIVES)= ENTEBBE (Ouganda), 24 fév 2014 (AFP) - Au risque d'irriter son allié américain, le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué lundi une loi controversée durcissant la répression de l'homosexualité, disant rejeter les diktats de l'Occident. "Le président vient de signer la loi anti-homosexualité (...) la loi entre de ce fait en vigueur", a déclaré à l'AFP une porte-parole de la présidence, Sarah Kagingo. Les relations homosexuelles sont déjà passibles de la prison à vie en Ouganda mais cette législation, adoptée à une écrasante majorité le 20 décembre par le Parlement, interdit notamment toute "promotion" de l'homosexualité et rend obligatoire la dénonciation de quiconque s'affichant homosexuel(le). Elle a suscité des critiques virulentes de la part des défenseurs des droits de l'homme et des principaux partenaires occidentaux de l'Ouganda, même si ses dispositions les plus controversées, prévoyant la peine de mort en cas de récidive ou de rapport avec un mineur ou en se sachant porteur du virus du sida, ont été abandonnées. Washington, allié-clé de Kampala, a notamment averti que cette loi "compliquerait (ses) relations" avec l'Ouganda - sans autre précision - et des ONG internationales ont appelé les partenaires de l'Ouganda à reconsidérer leur aide. "Le projet de loi antihomosexualité en Ouganda, une fois promulgué, sera plus qu'un affront et un danger pour la communauté gay d'Ouganda. Ce sera un pas en arrière pour tous les Ougandais", avait déclaré le 16 février le président Barack Obama. Mais le président ougandais a assuré ne pas se laisser impressionner. "Les étrangers ne peuvent pas nous donner des ordres. C'est notre pays (...) Ils doivent être avec nous, s'ils ne le veulent pas qu'ils gardent leur aide", a-t-il déclaré après avoir paraphé la loi, "je conseille aux amis occidentaux de ne pas faire (du sujet) un problème" car "ils ont beaucoup à perdre". "Imposer des valeurs sociales d'un groupe à notre société, c'est de l'impérialisme social. Maintenant vous nous dites que nous devrions vivre comme vous. Pas du tout!", a poursuivi le président Museveni, dont le gouvernement fait déjà l'objet de sévères critiques occidentales pour sa corruption endémique et le sort réservé aux homosexuels. - "La bouche pas faite pour le sexe" - ====================================== Il a accusé une partie des homosexuels de l'être "pour des raisons mercenaires", les autres l'étant devenus par un "mélange d'inné - des éléments génétiques - et d'acquis". "Aucune étude ne montre que vous pouvez être homosexuel par nature. C'est pourquoi, j'ai accepté de promulguer la loi", a-t-il poursuivi. Le président ougandais, au pouvoir depuis 1986 et chrétien évangélique à la piété affichée, avait initialement indiqué qu'il ne promulguerait pas la loi antihomosexualité car il est "mal de punir une personne parce qu'elle est anormale" et qualifié les homosexuels de "malades". Il avait ensuite annoncé avoir changé d'avis après consultation d'un groupe de "scientifiques" qui lui ont assuré que l'homosexualité était "comportementale, pas génétique". Lundi, il a également fustigé le sexe oral, pratique selon lui encouragée par le monde occidental. "La bouche sert à manger, elle n'est pas faite pour le sexe. Je veux mettre en garde nos enfants", a-t-il lancé. Les homosexuels sont l'objet de persécutions et de violences pouvant aller jusqu'au meurtre en Ouganda, pays où l'homophobie est largement propagée par les très influentes Eglises évangéliques. M. Museveni avait déjà début février promulgué une loi antipornographie, interdisant notamment certaines manières de s'habiller "provocatrices", bannissant les artistes légèrement vêtus de la télévision ougandaise et surveillant de près les sites consultés par les internautes. Lundi, le député David Bahati, auteur de la loi antihomosexualité, a estimé que sa promulgation "était le moment que le monde attendait" en Ouganda. "Nous remercions le président pour avoir pris cette décision courageuse, malgré les pressions de certaines organisations occidentales", a-t-il déclaré à l'AFP. Le Prix Nobel de la Paix sud-africain Desmond Tutu avait estimé dimanche que la loi rappelait les tentatives des Nazis et du régime d'apartheid de "légiférer contre l'amour", et Amnesty international l'a qualifiée d'"horrible extension de l'homophobie d'Etat" en Ouganda. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a dit craindre que cette loi "ne ramène l'Ouganda en arrière". En 2011, David Kato, figure de la cause homosexuelle en Ouganda, avait été battu à mort chez lui, trois mois après la parution dans un magazine de son nom et ceux d'autres homosexuels sous le titre "Pendez-les". str-ayv/jlb AFP 241426 FEV 14 | |
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samedi 1 mars 2014
Ouganda: le président a finalement promulgué une loi antihomosexualité controversée
Le groupe de Tarnac : « L'antiterrorisme est un mode de gouvernement »
L'antiterrorisme est magique. Il a non seulement l'art de faire passer des chihuahuas pour des loups, mais en outre celui de faire taire toute protestation à son sujet. Deux lycéens de 15 et 16 ans dont on s'alarmait en janvier, entre compassion et surprise, qu'ils aient pris le chemin de la Syrie sont ainsi devenus à la fin du mois des « apprentis djihadistes » sous contrôle judiciaire. Et nul ne moufte. Deux gamins mis en examen pour « participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », deux gamins ramenés de Turquie par des proches et cueillis à leur retour par la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) en guise de comité d'accueil. Tout est dans l'ordre, passons à la suite.
Lire le récit (édition abonnés) Le périple des deux adolescents toulousains en Syrie
Un enquêteur qui déclare qu'il s'agit en fait de « décourager les autres petits jeunes radicalisés sur Internet qui auraient l'intention de se rendre là-bas », qui déclare donc que l'on inculpe des gens pour intimider les autres, et nul ne s'en émeut. Un ministre de l'intérieur qui multiplie par trois le nombre, déjà gonflé par les services, des Français qui seraient actuellement en Syrie à combattre l'armée de Bachar Al-Assad, et personne pour noter la magouille.Il faut dire que sans le genre de petites opérations de terreur discursive dont l'antiterrorisme est coutumier, on n'aurait pu si simplement tordre le cou à l'évidence. Ce qu'il y a de sidérant, c'est évidemment que depuis trois ans on laisse un peuple se faire massacrer, bombarder, torturer, gazer par tout un appareil contre-insurrectionnel déchaîné, et non que des jeunes gens trouvent cela intolérable et décident d'agir en conséquence.
C'EST EUX OU NOUS
Moralement, il est vrai, c'est eux ou nous : ou bien nous sommes des lâches, des cyniques, des cœurs tannés qui assistent tranquillement au carnage du fond de nos sofas, ou bien nous avons affaire à des « monstres embrigadés en un mois sur Internet » au terme d'un « processus d'autoradicalisation fulgurant ».
Ici, gober le bobard est le prix à payer pour notre confort moral. En d'autres temps, on n'aurait pas attendu pour monter des brigades internationales de volontaires auxquelles auraient participé de futurs George Orwell, et c'est bien sûr de ne l'avoir pas fait que nous avons, en lieu et place, des Brigades Al-Nosra et des otages. Rééduquer par l'antiterrorisme des gamins de 15 ans, voilà qui permet à bon compte de faire un peu oublier la contradiction saignante entre la position officielle de la France envers le régime syrien et sa paralysie effective. Nous disions, à peine arrêtés, que l'antiterrorisme ne ciblait pas centralement ceux sur qui il s'abat, mais l'ensemble de la population ; qu'il n'était donc pas une procédure judiciaire, mais un mode de gouvernement.
Depuis lors, les révélations d'Edward Snowden sur les activités de la NSA ont achevé d'en administrer la preuve : c'est au nom de l'antiterrorisme que l'on espionne la totalité de la population, et au nom de l'antiterrorisme que Barack Obama entend rendre cela acceptable.
Comme s'en expliquait le Napoléon III de Maurice Joly dans ses dialogues imaginaires entre Machiavel et Montesquieu, cela ne pose aucun problème puisqu'« il n'y aura que les factieux qui souffriront de ces restrictions ; personne d'autre ne les sentira ». Il suffit pour cela d'organiser l'anesthésie générale, et l'amnésie en temps réel.
Les politiques encouragent et les magistrats assument. C'est par une application raffinée de la loi que l'on met en examen deux élèves de seconde « pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Raffinement qui permet de leur reprocher d'avoir voulu se rendre dans un pays étranger où ils auraient pu rejoindre des groupes, qui eux-mêmes auraient pu les amener à éventuellement commettre des faits délictueux à leur retour en France.
ABRITÉS DERRIÈRE LE SECRET-DÉFENSE
On ne s'embarrasse même plus de démontrer une intention malfaisante, le crime est désormais défini par son anticipation même. L'affaire de Tarnac elle-même est si peu une simple aberration de l'ère Sarkozy que l'instruction se poursuit à ce jour.
Lire le récit (édition abonnés) Tarnac, une enquête menacée d'enlisement
Abrités derrière le secret-défense, depuis le silence feutré de leurs bureaux, policiers et magistrats continuent de préserver et d'étendre le domaine de la lutte antiterroriste – que leur travail consiste, dans notre cas, à ne rien faire n'est en rien contradictoire. Avec le temps, on oubliera bien qu'il y a jamais eu une « affaire de Tarnac » et qu'elle mettait à nu la logique même de cette lutte.Sur ce point comme sur les autres, un changement de gouvernants n'altère en rien la physionomie générale du gouvernement. Il n'y a pas de droite ni de gauche en matière antiterroriste. Si les nouveaux locataires du pouvoir ne peuvent que reprendre à leur compte la construction sarkozyste de « l'ultragauche tendance anarcho-autonome », c'est que l'antiterrorisme est en lui-même une politique.
Le Parti socialiste n'a pas plus le pouvoir d'être socialiste que celui de sortir du paradigme mondial, libéral de la sécurité. Quant aux magistrats, n'en parlons pas : comment oseraient-ils contredire la police de la société ?
Par Christophe Becker, Mathieu Burnel, Julien Coupat, Bertrand Deveaud, Manon Glibert, Gabrielle Hallez, Elsa Hauck, Yildune Lévy, Benjamin Rosoux, Aria Thomas, mis en examen dans l'« affaire de Tarnac », notamment pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».
- Collectif
Festival Bobines Rebelles en Creuse
Oyez Oyez, braves gens!
La septième édition du festival aura lieu
le samedi 14 juin 2014
Bobines Rebelles recrute!!

Depuis six ans, sans faire appel à aucune subvention et sur le seul principe du prix libre, Bobines Rebelles propose des dizaines de films profondément politiques, souvent pas montrés à la télévision, de ceux qui "décillent les yeux" comme disait Jean Vigo.
Le festival parvient à s'auto-financer, inviter des réalisateurs et payer des droits de diffusion. Ceci grâce au soutien d'un public fidèle, avec chaque année, entre 250 et 350 spectateurs pour la journée du samedi. Cette démarche a essaimé puisqu'il existe désormais plusieurs Bobines Rebelles en France, qui ont repris ces mêmes principes de fonctionnement.
Bobines Rebelles est un événément relativement léger à organiser (temps de réunion minimum, pas de perte de temps à remplir des dossiers de subvention, toujours la même affiche…) Néanmoins l'équipe tendant à se réduire avec les années, avec notamment le départ progressif de plusieurs de ses membres fondateurs, nous avons besoin de nouveaux bénévoles pour la prochaine édition.
Bien sûr, tout le monde est occupé, fait partie de mille associations, mais peut-être pouvez-vous filer un petit coup de main à la mesure de votre disponibilité, ne serait-ce qu'une journée?
Nos besoins :
-environ deux mois avant le festival, pour la communication, la coordination, le collage d'affiches, le site internet…
-la semaine précédent le festival pour le coup de bourre (montage des barnums, préparation des salles, récupération du matériel, généralement groupé sur une journée…)
-le jour du festival (régie cuisine, buvette, accueil, coordination générale…)
-le lendemain pour le démontage
Nous sommes ouverts à toute offre de services, même très ponctuelle!
Pour nous contacter :
bobines.rebelles (at) laposte.net
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