samedi 8 juin 2013

A propos de l’arrestation de deux camarades, suite à la manifestation en hommage à Clément

[Poitiers] A propos de l’arrestation de deux camarades, suite à la manifestation en hommage à Clément



Suite à l’assassinat de Clément Méric ce 5 juin par des fascistes, des dizaines de manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes de France et d’ailleurs, pour rendre hommage à ce militant syndicaliste, antifasciste et révolutionnaire. Il s’agissait aussi de prouver que les idées qu’il défendait ne sont pas mortes avec lui. Elles ont rassemblé un grand nombre de personnes, militantes ou non d’associations, de collectifs, de syndicats et d’organisations politiques, dans la dignité et l’émotion. Dans plusieurs villes néanmoins, des militant-e-s antifascistes ont réagi avec agacement à des interventions publiques de représentants de partis politiques (du PS, du Front de gauche…), accusés de récupération. L’antifascisme ne consiste en effet pas qu’à s’indigner que des brutalités de groupuscules d’extrême-droite. Il consiste aussi à dénoncer et à lutter contre ce qui a toujours favorisé le fascisme, à savoir  la répression du capitalisme et de l’Etat ; contre les pauvres, les immigrés, les Roms, les femmes, les homos, bis, trans… C’étaient les idées de Clément Méric, ce sont les nôtres.
A Poitiers aussi, la manifestation fut importante, avec 250 à 300 personnes, rassemblées avec des banderoles, des slogans, des drapeaux et des chansons. Or à Poitiers, une fois de plus la police s’est comportée de façon indigne. Les policiers n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’interpeller deux camarades peu après la manifestation, qui ont ensuite passé la nuit en garde à vue ! Ils ont été accusés d’ « outrage » au directeur départemental de la sécurité publique adjoint. Une accusation hélas récurrente de la part des services de police, notamment contre un certain type de personnes bien ciblées.
Rappel du contexte poitevin de cette manifestation : hormis les tâches peu glorieuses, hélas communes à tous les policiers de par leurs fonctions, d’arrêter des étrangers, d’expulser des squats de sans-papiers et de Roms, de défendre la propriété privée, ou de conduire des pauvres en prison, les policiers poitevins s’illustrent depuis un bon moment dans d’autres comportements, dépassant de fait allègrement leurs prérogatives et le droit, en matière notamment de liberté d’expression.
Ces intimidations portent sur un certain type de militant-e-s, bien souvent étiqueté-e-s libertaires, anarchistes, autonomes, communistes, etc. C’est un fait plusieurs fois avéré par des contrôles d’identité (parfois avec fouille sur la voie publique). Ces contrôles d’identité, bien ciblés, lors de rassemblements antifascistes, antiracistes, antisexistes, antihomophobes, se font au nom de la prévention du « trouble à l’ordre public », notion fourre-tout critiquée par de nombreux éminents juristes. Ils s’ajoutent en outre à une longue liste locale de tentatives de confiscation d’appareils numériques et plus généralement d’enfreintes diverses à la liberté d’expression : banderoles arrachées, confiscations voire arrestations pour diffusion de journaux et de tracts sur la voie publique… bref des atteintes manifestes et récurrentes aux droits que les policiers sont sensés faire respecter, et respecter eux-mêmes.
Par ailleurs, ces derniers mois à Poitiers (comme à Paris pour Clément, et en bien d’autres endroits encore), des antifascistes se sont régulièrement rassemblé-e-s contre des expressions homophobes sur la voie publique. Ces antifascistes ont été parfois menacé-e-s par la police poitevine d’amendes, de peines de prison ; ont été systématiquement filmé-e-s ; il y a eu des contrôles d’identité, et même des arrestations. Alors que le droit à la contre-manifestation a été reconnu par la cour européenne des droits de l’homme le 24 juillet 2012 (affaire Faber contre Hongrie). Les policiers n’ont par contre pas eu la même attitude avec les manifestant-e-s contre le mariage homo, parmi lesquels étaient présents des militants d’extrême-droite, s’accordant même avec des homophobes pour faciliter leurs manifestations. Ces comportements pour le moins partiaux et intimidants, posent question ; y compris du point de vue déontologique si l’on ne s’en tenait même qu’à cela. Ils n’ont pas contribué à la “tranquillité publique” – qu’ils sont pourtant sensés défendre si l’on en croit leur ministre de tutelle.
Cette manifestation du 6 juin à Poitiers n’a pas échappé à ce triste acharnement policier. Elle a, dès le départ, été étroitement encadrée par un grand nombre de policiers, dont plusieurs en civil de la BAC qui n’ont une fois de plus pas estimé nécessaire de respecter le code de déontologie minimal consistant à revêtir leurs brassards “police” en manif. Les policiers n’ont cessé de prendre des vidéos des visages des manifestant-e-s, déjà bien ému-e-s par la mort de Clément. S’approchant à outrance, parfois à moins d’un mètre. Un autre policier est venu avec insistance dans le cortège, pour demander à des manifestant-e-s, choqué-e-s par cette attitude, de ne pas « dissimuler le visage ». Les manifestant-e-s, qui n’étaient pas là pour finir en garde à vue, ont obtempéré. Rappelons que les manifestant-e-s marchaient dans l’émotion et la dignité, suite à la MORT d’un militant : un minimum de décence s’imposait ! Un manifestant a justement demandé aux policiers, à deux reprises et avec émotion, d’avoir un minimum de décence et d’arrêter de filmer ainsi des manifestant-e-s ému-e-s par l’assassinat d’un camarade. Rien n’y a fait. Enfin, après la manif, pendant plus d’une heure des policiers (dont des hauts gradés) ont continué de filmer, photographier et prendre des notes sur des manifestant-e-s, qui après leur dispersion se reposaient à des terrasses ensoleillées de la place du marché… On sait que la police poitevine s’acharne contre certain-e-s, mais on ne l’a pas toujours vu faire de façon aussi caricaturale et indécente sur la place publique.
Revenons-en à présent à la manif, et à l’accusation policière d’outrage. Dans le cortège, des manifestant-e-s ont chanté une chanson bien connue d’un groupe anarcho-punk, avec des paroles contenant l’expression “flics porcs assassins”. Il est à noter que, bien que connu, ce groupe n’a jamais été condamné pour ses textes, la liberté d’expression ayant été reconnue ces dernières années pour de nombreux groupes ayant des paroles mettant en cause la police. Pourquoi cette chanson ? Ce texte rend explicitement hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré, deux mineurs morts dans un transformateur électrique alors qu’ils étaient poursuivis par la police. Or, la veille de l’assassinat de Clément, le 4 juin, l’avocate général de la cour d’appel de Rennes venait de réclamer un non-lieu pour les deux policiers impliqués, tandis que l’avocat représentant les policiers accusés de non-assistance à personne en danger avait qualifié de « poutinerie » [sic] la volonté de l’accusation de les renvoyer en correctionnelle… ajoutant l’injure à la souffrance des familles, surtout quand on connaît la violence de la police de l’Etat dirigé par Vladimir Poutine. Cette chanson antifasciste était donc d’autant plus pertinente, vu le contexte, qu’elle rend aussi hommage à un autre jeune antifasciste, assassiné cette fois-ci par la police grecque, il y a quelques années, en reprenant le slogan célèbre des manifestant-e-s de ce pays contre les répressions policières : « flics, porcs, assassins ». Encore une fois, l’antifascisme ne dissocie pas les violences d’extrême-droite de celles que les Etats infligent aux pauvres, aux immigré-e-s, aux militant-e-s LGBTI, etc.
Il ne s’agit pas pour nous de juger ou non de l’esthétique ou de la pertinence politique des paroles  de cette chanson, comprenant ce slogan grec devenu le symbole du ras-le-bol de tout une population. Mais de montrer en quoi la convocation de nos deux camarades poitevins, pour une composition pénale avec le procureur de la république, est à notre sens non fondée. Non seulement sur un plan éthique (ce qui ne devrait poser aucune question à nos lecteurs-rices, du moins on l’espère), mais aussi sur le plan juridique. Leur convocation étant identique dans les reproches d’outrage au DDSP adjoint Laurent SIAM, quoiqu’à des dates distantes (nous y reviendrons), nous pouvons émettre des critiques communes sur la recevabilité à notre sens fort douteuse de cette nouvelle initiative répressive.
Premièrement, il est reproché que l’outrage (en l’occurrence, « flics, porcs, assassins ») ait été adressée à une personne, Laurent SIAM, ce qui est tout simplement aberrant. Les paroles criées en manifestation sont politiques, elles ne désignent généralement pas des individus particuliers. “Flics porcs assassins”, faisant partie des paroles chantées par des manifestant-e-s, dénonce non des personnes précises sous leurs uniformes, mais l’institution policière qu’elles servent, leur travail consistant à exécuter les ordres, y compris lorsque ceux-ci sont parfois manifestement injustes et inhumains. Ca se discute, mais c’est une opinion tout à fait libre, du moins en France, n’en déplaise aux policiers. Pourquoi un policier particulier a-t-il pensé que cette phrase s’adressait à lui en particulier, alors même que son nom n’a jamais été prononcé ? Voilà qui interroge, mais nous n’avons pas pour propos de rentrer dans des considérations psychologiques.
Cette phrase « flics porcs assassins » dénonce les meurtres commis par la police tout au long de son histoire contre des militant-e-s des mouvements sociaux, jusqu’à nos jours, en France aussi hélas. Comme nous l’avons dit, elle a été popularisée après la mort d’un jeune grec, tué par la police grecque, qui a ému toute la Grèce et bien au-delà. On connaît hélas les accointances de certains policiers grecs avec le mouvement néo-nazi Aube dorée, responsable de crimes contre des immigré-e-s et des militant-e-s. Nous ne ferons pas la sinistre liste des personnes mortes du fait de violences policières, nombre d’historien-ne-s, de journalistes et d’avocat-e-s ayant déjà fait ce travail – et continuant à le faire. Cette phrase dénonce juste un fait établi, certes peu agréable pour les oreilles de certains policiers, nous pouvons le concevoir, mais n’empêche : sans même avoir à remonter jusqu’à la déportation des juifs sous Vichy, OUI, la police a  assassiné et continue d’assassiner des militant-e-s des mouvements sociaux. Ce qui à moins de n’avoir aucune notion d’histoire ou de ne lire aucun journal, est une évidence. Que l’on considère qu’il s’agisse de « bavures », ou d’un phénomène récurrent parmi toutes les polices de tous lieux et toutes époques, est un autre débat.
Quant à la comparaison avec le cochon, elle remonte à très loin (XIXème siècle, puis dans les mouvements antiracistes des années 1960 aux Etats-Unis, où les policiers assassinaient des militant-e-s noir-e-s). Tout comme celle avec le « poulet » du reste… Comparaison au passage, à notre sens, malheureuse (les cochons n’ayant jamais assassiné quiconque, mais c’est un autre débat). Nous noterons aussi qu’une autre métaphore zoologique, en l’occurrence canine, comprise dans les paroles de la chanson (« clébards »), chantée par de nombreux-euses manifestant-e-s à Poitiers, n’ait pas été retenue comme un outrage. Il faut croire que « porcs » est jugé plus outrageant que « clébards en uniforme », mais là non plus, nous ne nous aventurerons pas dans des considérations psychologiques – ni des jugements artistiques.
Quand bien même le nom de ce policier qui se sent « outragé » aurait été associé à une insulte  en manifestation, ce qui n’est répétons-le pas le cas, la jurisprudence retient qu’à Poitiers, M. A. Evillard a été totalement relaxé par la justice, au nom de la liberté d’expression, pour avoir qualifié le procureur de l’époque de « Papon » et de « salaud », lors d’une manifestation pour protester l’emprisonnement de trois militants. LIBERTE D’EXPRESSION : notion constitutionnelle avec laquelle la police poitevine semble avoir quelques difficultés, comme nous l’évoquions plus haut. Mais fermons cette parenthèse juridique car répétons-le une dernière fois : pas une seule fois le nom de M. Laurent SIAM n’a été ajouté dans la chanson, ni crié par des manifestant-e-s.
Autre piste juridique : le fait que chanter une chanson puisse être considéré comme un outrage ? Là aussi, la jurisprudence est claire. Et pas seulement celle concernant les groupes musicaux, que nous avons évoquée plus haut, relaxés depuis plusieurs années pour des chansons très dures contre la police, avec des mots parfois insultants. Là aussi, contentons-nous de rester à Poitiers, et revenons à ce jugement de M. J.-C. Clochard, qui passait il y a quelque temps au tribunal de grande instance, pour outrage à un agent de police. L’outrage consistait d’abord, pour la police, en le fait d’avoir chanté la chanson « Hécatombe » de Georges Brassens (contenant une flopée d’injures contre l’institution policière). Cet “outrage” a finalement été abandonné par le procureur lui-même, là aussi au nom de la liberté d’expression, comme le rappelle le compte-rendu du procès. Les choses sont très claires, comme dans d’autres villes d’ailleurs, où le même type de procès avait eu lieu : chanter une chanson n’est pas condamnable, c’est l’exercice de la liberté d’expression. Le seul outrage retenu par la justice avait été celui… d’un jet de confettis, ce qui est peut-être plus ridicule encore, mais là n’est pas le débat : chanter une chanson, même désagréable à certaines oreilles, relève de la liberté d’expression, et ce n’est même pas nous qui le disons, mais la constitution et la jurisprudence.
Pour conclure, puisque rien ne tient dans cette procédure judiciaire, nous pouvons nous interroger sur le choix du procureur de proposer une composition pénale, et non directement un procès. Il s’agit d’une procédure juridique consistant à conclure un arrangement entre les parties, avec une peine éventuellement proposée par le procureur.  Si l’on considère de plus que les rendez-vous fixés sont très dispersés (juillet pour l’un, septembre pour l’autre), alors qu’il s’agit des mêmes accusations, nous pouvons supposer plusieurs choses. D’une part, que police et justice semblent cette fois-ci mal à l’aise de faire un procès pour outrage. La raison en est simple : juridiquement, comme nous l’avons dit, l’accusation ne tient pas debout. Politiquement en revanche, il y a un intérêt pour la police… il s’agit de continuer à mettre la pression judiciaire des personnes isolées bien précises, et d’éviter un procès public, qui porterait à la connaissance et à la réflexion d’un grand nombre de gens certains comportements de la police. La police poitevine veut visiblement éviter de montrer une fois de plus (de trop ?) son acharnement contre des militant-e-s bien ciblé-e-s. Politiquement toujours, il s’agit aussi d’éviter l’indignation que pourrait susciter l’indécence d’un procès public pour “outrage”, de la part des autorités, contre des personnes accusées d’avoir chanté une chanson antifasciste…  Rappelons-le, cette manifestation était en hommage à un militant antifasciste, tué pour ses idées !
Nous en avons assez des agressions brutales de l’extrême-droite, et de la banalisation de ses discours, repris partout par les médias et le pouvoir politique. Nous en avons aussi assez, en tant que militant-e-s antifascistes, d’être harcelé-e-s par la police et la justice de la ville de Poitiers. Cela devait être dit. Il faudrait par ailleurs dénoncer la qualification devenue quasi-systématique de “manifestation illégale”, cette nouvelle arme de la police de Poitiers pour s’attaquer à la moindre protestation portée sur la place publique dès qu’une poignée de personnes se retrouvent, mais ce sera un autre débat.
Groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86), 7 juin 2013

jeudi 6 juin 2013

Le fascisme tue

rouge est notre colère, noire est notre peine !
Clément Méric, jeune brestois de 18 ans, militant libertaire et syndicaliste à Solidaires Etudiants et membre de
l'Action Antifasciste Paris Banlieue, venu s'installer sur Paris pour ses études, est mort le 5 Juin 2013 sous les coups
de l'extrême droite radicale. Nous le connaissions et partagions la sincérité de son engagement.
A la sortie d'un magasin, il a été suivi et violemment attaqué. Il apparait que ses agresseurs soient membres des
Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), groupuscule proche de Troisième voie.
Quelques heures plus tard, il est déclaré en mort cérébrale par les médecins de la Pitié-Salpêtrière.
Aujourd'hui, toute notre sympathie va vers la famille, les ami-e-s, les camarades de Clément, à tous ceux et toutes
celles qui l'ont connu ou non mais qui seront la pour lui rendre hommage.
Ils ont tué l'un des nôtres. Un fils, un ami, un camarade, qui avait toute la vie devant lui. Cela aurait pu arriver à
n'importe lequel d'entre nous.
Plus que jamais, sur le terrain, dans les quartiers, dans les entreprises, nous lutterons, sur le plan politique, sur le
plan syndical, social et humain, contre les idées de l'extrême droite et de ses alliés.
La CNT appelle l'ensemble des travailleuses et des travailleurs à la plus grande vigilance et à réagir à chaque
situation où s'expriment le racisme, l'homophobie, le sexisme, et l'autoritarisme. Sur nos lieux de travail et dans
nos quartiers, ne laissons pas le venin de l'extrême-droite se répandre.
La CNT appelle a se joindre à toutes les initiatives antifascistes se déroulant dans le pays et notamment au
rassemblement appelé par l'Action Antifasciste Paris Banlieue ce soir à 17h00 au passage du Havre à Paris.
Rouge est notre colère.
Noire est notre peine.
No pasaran
Le Bureau Confédéral
--
CNT - Secrétariat confédéral de relations avec les médias
33 rue des Vignoles
75020 PARIS
Tel : 07 86 49 60 07
Fax : 01 43 72 95 34
Mail : relations-medias@cnt-f.org
Site confédéral de la CNT : www.cnt-f.org

agression «fasciste»...en plein Paris ! NO PASARAN !


 

Un jeune homme a été victime d'une violente agression à proximité de la gare Saint-Lazare de Paris (9e), le 5 juin 2013

Un jeune homme a été victime d'une violente agression à proximité de la gare Saint-Lazare de Paris (9e), le 5 juin 2013

Le jeune homme violemment agressé par des skinheads près de la gare Saint Lazare, mercredi, est mort, selon le Parti de Gauche (PG). Des sources «proches de l'enquête» ont, elles, affirmé à l'AFP que la victime avait été déclarée en état de mort cérébrale. A 1h du matin, ses agresseurs n'avaient pas encore été interpellés.
Ce jeune homme de 19 ans, Clément Méric, a été «transporté à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière» où il était dans la nuit «dans un état désespéré», a indiqué dans un communiqué le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui «apporte son entier soutien à la famille de la victime». Le secrétaire national du PG en charge de la lutte contre l’extrême droite, Alexis Corbière, écrit que Clément Méric était «un étudiant de Sciences-Po de 18 ans connu pour son engagement anti-fasciste». Selon l'adjoint à la Mairie du 12e, ses agresseurs seraient «des militants d’extrême droite, manifestement du Groupe JNR (Jeune Nationaliste Révolutionnaire)».

Trois agresseurs dont un armé d'un poing américain

En fin d'après-midi, un journaliste de 20 Minutes présent sur place a vu plusieurs véhicules de secours arriver. Plusieurs témoins ont décrit les trois agresseurs comme étant des skinheads, portant des «bombers et des rangers».
Ils les ont vus attaquer un autre groupe de jeunes âgés d'une vingtaine d'années. «C'était une agression très violente. On était à une trentaine de mètres avec ma copine et on a entendu un gros boum quand sa tête a heurté le poteau», a indiqué un témoin. Un passant a alors mis le jeune homme en position latérale de sécurité, avant que la victime ne soit évacuée, en sang, a constaté notre journaliste.
Selon une source policière, une vente privée de vêtements était organisée rue Caumartin (9e arrondissement), à laquelle assistait notamment la victime avec trois autres camarades. Trois jeunes gens «de type skinhead», dont une femme, sont arrivés dans les lieux et il y a eu invectives et bousculades entre ces groupes, selon les premiers éléments de l'enquête confiée au 1er district de police judiciaire (DPJ) se basant pour l'heure sur de «nombreux témoignages directs». Les skinheads seraient sortis et auraient attendu «avec des renforts» devant la magasin. La victime «a été frappée par l'un des skins qui avait un poing américain et a chuté sur la chaussée en heurtant un plot au passage».

Rassemblement à 18h30 Place Saint-Michel

Le parti de Gauche lance un appel au ministre de l'Intérieur et «exige que les forces de police agissent dans les plus brefs délais pour retrouver les responsables de ce crime odieux». Celui-ci a indiqué qu'il souhaitait «que les investigations, menées par les policiers du 1er district de police judiciaire sous l'autorité du procureur de la République, permettent d'interpeller dans les meilleurs délais les responsables de ces faits intolérables, afin qu'ils répondent de leurs actes devant la Justice», selon son communiqué.
Appelant à un rassemblement Place Saint-Michel ce jeudi à 18h30, le PG réclame la «dissolution des groupes d’extrême droite qui multiplient les actes de violence». Un autre rassemblement est prévu ce jeudi à 17h sur les lieux de son agression, selon la page Facebook lui rendant hommage.

mardi 4 juin 2013

[Turquie] Solidarité avec les révolté-e-s !



plus de mille blessés à Istanbul et au moins 700 à Ankara, selon les syndicats locaux de médecins et des associations. Un nouveau mort hier, dans la province du Hatay. Ci-joints les communiqués de nos compagnes et compagnons du DAF, un communiqué de féministes turques et le communiqué Relations internationales de la Fédération Anarchiste.

1er juin : Émeutes massives contre le terrorisme d’État en Turquie
Après deux jours de protestation contre la gentrification urbaine de Gezi Park (le plus grand parc de la place Taksim, où les espaces verts sont sans cesse détruits), les gens ont eu marre de la brutalité policière et la violence. Le silence des médias, qui augmente les histoires d’attaques contre la gouvernement et les libertés individuelles, répond aux objectifs de l’État qui essaye de tirer profit de la situation en Syrie et qui a transformé le récent conflit en émeutes. Les affrontements se sont poursuivis toute la journée et la nuit d’hier. Au moins sept personnes ont été tuées par les attaques de la police, des centaines ont été blessées, des centaines sont en garde à vue où ils sont battus et certains torturés. Tous les temples du capitalisme ont dû fermer à Taksim. Il y a beaucoup de solidarité dans les rues, beaucoup de petits magasins, les maisons et universités, toutes les pharmacies ont ouvert leurs portes aux manifestants. La Chambre des architectes et les bureaux d’ingénieurs turcs sont transformés en hôpital avec des médecins et des infirmiers bénévoles. Et ils soignent les manifestants blessés. Dans de nombreux endroits à Istanbul, les postes de police ont été attaqués. Les groupes fascistes ont été battus par des anarchistes. Les gens de la rive asiatique qui voulaient rejoindre les émeutes ont été bloqués par la police, mais ils ont marchaient après minuit, en traversant le pont du Bosphore à pied. Le premier ministre a blâmé les réseaux sociaux d’informer sur les meurtres, et il a ironiquement traité les personnes qui partagent ces informations de fascistes. La protestation s’est propagée dans toute la Turquie. Les gens sont dans les rues d’Ankara, Izmir, Eskisehir, Sakarya, Isparta et bien d’autres. Ces protestations ne sont pas seulement pour le parc Gezi, comme les médias inféodés le clament. Les émeutes sont désormais l’expression de la révolte de centaines de milliers de personnes qui protestent contre l’oppression de l’État et contre la violence. Nous, en tant qu’anarchistes et en tant que révolutionnaires, avons été et nous allons être dans les rues, contre le terrorisme d’État et contre les violences policières. Nous attendons des actions de solidarité de tous les anarchistes et anti-autoritaires dans le monde entier. Istanbul est partout et la résistance est partout contre le terrorisme d’État, la violence de la police et l’exploitation capitaliste. Nous continuerons à diffuser des informations tant que l’émeute se poursuit.
Action Révolutionnaire Anarchiste (DAF)
2 juin : Dernières informations concernant les émeutes en Turquie
Les affrontements ont commencé hier matin avec la même intensité que le premier jour de la résistance. La police a bloqué les voies entrant à Taksim. Bien que les attaques de la police étaient plus dures que la veille, près d’un million de personnes se sont battues, déplaçant les barricades pour virer la la police. Ensuite, toutes les personnes ont occupé Taksim et Gezi Park. La police a dû s’échapper et leurs voitures qui ne pouvaient s’échapper ont été brûlées. Hier, les affrontements se sont propager dans tout le pays. Dans de nombreuses autres villes, la police a attaqué les manifestants avec des bombes de gaz, d’eau toxique sous pression et des balles en plastique. Les manifestants ont organisé des zones libres protégées derrière des barricades. Hier, nous, en tant que DAF (Action révolutionnaire anarchiste), étions sur le front et, pendant les premiers instants qui ont suivi l’entrée dans la place, nous avons écrit une déclaration publique :
Ce n’est que le début, la lutte continue.
La révolte est hors du temps et de l’espace. Pendant environ 40 heures, de Istiklal à Harbiye, de Tarlabasi à Besiktas, la liberté de la rébellion se fait sentir. Nous arrivons à la place Taksim de Istiklal, après 40 heures d’affrontements. Les agents d’application de la loi s’enfuient avec leurs véhicules. Quarante heures, quarante ans, la place a été notre monde. Il s’agissait bien de la liberté de la rébellion, et c’est peut-être le slogan le plus effrayant, ce n’est que le début, la lutte continue. Oui, notre lutte continue jusqu’à ce que nous construisions le monde libre, que nous portons dans nos coeurs.
Action Révolutionnaire Anarchiste (DAF)
3 juin : Les anarchistes révolutionnaires à la solidarité internationale pour organiser une révolte générale contre le terrorisme d’État
La semaine dernière, un groupe de manifestants a commencé une action de sauvegarde de l’environnement après que quelques arbres ont été abattus illégalement au nom de projets de gentrification urbaine. Au deuxième jour de la protestation, très tôt le matin, la police a attaqué les manifestants avec des bombes de gaz, des canons à eau et des balles en plastique. De nombreuses personnes ont été blessées. Ce fut l’étincelle de la lutte contre ce terrorisme d’État qui s’est répandue dans tout le pays et s’est transformée en une action massive et organisée de révolte globale. Les gens impliqués contre l’augmentation des attaques, le terrorisme d’État et la violence de la police ont transformé les rues en zones de résistance. Cette révolte générale a grandi pendant quatre jours et se répand. Des centaines de milliers de manifestants ont résisté, place Taksim, où le gouvernement a bloqué les entrées et la violence de la police a atteint un sommet. Finalement, le square a été occupé après la construction de barricades autour de la place Taksim et les manifestants ont pris le contrôle de Taksim. Les manifestants à Ankara ont occupé les rues en solidarité avec Istanbul et des barricades ont été construites dans les lieux importants de la ville, diffusant la révolte. Des centaines de manifestants à Izmir, une autre grande ville, ont brûlé le bâtiment du parti au pouvoir. La solidarité et le soutien aux mouvements de protestation et dans les zones d’affrontements sont très importants. Dans chaque ville où des affrontements sont en cours, les gens ont ouvert leurs maisons aux manifestants et aux personnes blessées. Beaucoup de gens ont mis à disposition des trousses de premiers soins et de la nourriture dans leurs cours pour les manifestants. Les équipes médicales volontaires auto- organisées se sont rendues dans les zones d’affrontements et ont aidé instantanément les manifestants blessés. Des avocats bénévoles aident les manifestants en détention. Alors que les affrontements se poursuivent, le nombre de morts et de blessés est en augmentation. Les grands médias agissent toujours comme si rien ne s’était passé. Le nombre de morts serait d’une dizaine, mais ce n’est pas certain, car il n’y a pas de déclarations officielles. Un manifestant à Istanbul a été renversé par une voiture alors qu’il bloquait une rue, un autre a reçu un coup à cause des bombes à gaz, un autre encore a été renversé par la police et tous ont perdu la vie. Un manifestant à Ankara a été blessé à la tête par le feu de la police et il est en état de mort cérébrale. Alors que l’action et les affrontements se poursuivent ici, la solidarité mondiale est en augmentation. Les « Anonymous » ont piraté les sites du parti au pouvoir, de la police d’Istanbul, de la municipalité d’Ankara et de nombreux autres organismes gouvernementaux. Les « Anonymous » ont déclaré qu’ils vont continuer les cyber-attaques tant que le terrorisme de l’État turc se poursuit. Alors que des millions de personnes résistent dans les rues aux attaques de la police dans tout le pays, certains partis de l’opposition tentent de tirer profit, de manipuler l’action en la politisant. Tout comme ce que nous avions vu dans certaines régions au cours du printemps arabe, les partis d’opposition (en particulier les kémalistes) tentent de s’approprier la portée des actions menées. Les parties d’opposition, en profitant de politisation sociale, tentent de profiter de la situation dans l’espoir de prendre le pouvoir. La révolte en cours a laissé les politiciens et l’État dans une mauvaise position. Alors que le gouvernement tente de manipuler la révolte en la qualifiant d’être la manifestation d’« un groupe de radicaux », la crise se propage dans l’économie. La crise économique a montré de premiers signes dans le marché boursier. Cependant, c’est une des plus grande révolte massive dans l’histoire du pays et les gens sont dans les rues afin de s’opposer à la hausse des politiques d’interdiction, d’oppression et de suppression, à la terreur d’État et à la violence policière que n’a cessé d’augmenter pendant une longue période. Les personnes, que l’État avait essayé de dompter par une oppression de centaines d’années, sont maintenant directement en révolte contre lui. Nous appelons tous les camarades qui luttent partout dans le monde : faites entendre la voix de la révolte générale, partout où vous pouvez, contre l’État turc et les grands médias qui tentent de la réduire au silence. Organisez des actions de solidarité pour être avec les millions de gens dans les rues. Joignez votre voix à la révolte du peuple que l’État avait ignoré, opprimé et exploité pendant des années. Que le feu de la révolte contre l’État turc que nous avons commencé avec une étincelle et qui ne cesse de croître, se développe davantage. Istanbul est partout et la résistance est partout contre le terrorisme d’État, la violence de la police et contre l’exploitation capitaliste. Nous continuerons à diffuser les informations tant que l’émeute se poursuit.
Action Révolutionnaire Anarchiste (DAF)
Les femmes se rebellent ! Et vous ne nous arrêterez pas avec des gaz, des tanks et des matraques ! Les femmes résistent avec les autres groupes opprimés depuis deux jours. Travailleurs, Kurdes, LGBT, Alaouites, Musulmans, non-musulmans, athées et tous les opprimé(e)s, exploité(e)s, insulté(e)s et blâmé(e)s comme des « traîtres » sont en train de se rebeller en Turquie. La résistance qui a commencé dans le parc Gezi de la Place Taksim à Istanbul est en train de déborder sur de nombreuses autres villes.
Nous, les femmes, sommes sur le front de cette résistance. Nous rejoignons la rébellion parce que :
Le Premier ministre Tayyip Erdogan et sa clique ont cherché à promouvoir le lynchage des femmes par les hommes ; Ils ont tolérés l’assassinat de femmes par des hommes avec leur loi sur les « provocations injustifiées » ; Ils n’ont pas ouverts de lieux d’accueil pour permettre aux femmes d’échapper à la violence domestique des hommes ; Ils ont stigmatisés les femmes violées et harcelées en les traitant d’immorales et de non-chastes ; Ils ont mis la pression sur les femmes violées pour qu’elles accouchent des enfants issus de ces viols ; Ils ont qualifiés l’avortement de meurtre ; Ils n’ont pas ouvert de crèches mais ont imposés aux femmes de donner naissance à au moins trois enfants ; Ils nous ont condamnés à la pauvreté, au travail précaire, aux emplois incertains et à vivre dans des conditions proches de l’esclavage ; Ils ont définis le travail domestique comme le devoir des femmes ; Ils se sont acharnés sur les femmes et les familles qui vivaient de manière indépendante des hommes avec leurs lois.
Mais nous, femmes, nous résistons !
Parce que le Premier Ministre Tayyip Erdogan et sa clique nous ont condamnés à subir l’oppression et l’exploitation des hommes, nous appelons toutes les femmes à descendre dans la rue et à se rebeller pour notre libération !
Socialist Feminist Collective
Traduction française pour Avanti4.be : Sylvia Nerina
Vu sur DNDF, 3 juin 2013
Suite à un sit-in pacifiste pour la conservation du Parc Gezi, au sein du quartier central de Taksim à Istanbul, qui doit être démoli pour la construction d’un centre commercial, la police turque a lancé une attaque violente contre ces manifestants paisibles : gaz lacrymogènes visés directement sur les corps, eau à haute pression, incendie des tentes… Dès lors, une mobilisation spontanée s’est créée dans le quartier et les conflits se sont étendus dans d’autres quartiers de la ville. Ainsi, plus de 50 000 personnes étaient dans les rues et la police turque a redoublé de violence et a sévèrement réprimé ces contestations. Actuellement, une centaine de personnes sont hospitalisées et l’accès au parc est bloqué sans base légale. Malgré tout, les manifestations se sont répandues dans toutes les villes en Turquie regroupant toutes les couches sociales et organisations politiques et syndicales. Pourquoi une telle colère ? Au pouvoir depuis 2002, le gouvernement d’AKP, issu du mouvement islamiste de Mili Gorus (Vision nationale) a pu intégrer à la fois les politiques néolibérales et son conservatisme qui se base sur la religion et le nationalisme. Malgré quelques réformes positives par rapport aux critères de Copenhague afin d’entrer dans l’Union européenne, il s’est révélé rapidement être un gouvernement autoritaire et dictatorial. Il y actuellement, 10.000 prisonniers kurdes parmi lesquels de nombreux élus, une trentaine de maires, des députés, des journalistes, des avocats…S’y ajoute des syndicalistes, des étudiants et les opposants au pouvoir…Dernièrement, le gouvernement a interdit la consommation d’alcool dans la rue et après une certaine heure créant un énorme débat dans la société turque. De plus, les médias turcs, qui sont directement contrôlés ou ont des liaisons politiques et économiques avec le gouvernement, refusent de traiter des incidents et les agences de presse turques bloquent la diffusion de l’information sur les événements concernant le parc de Gezi. Au delà du problème du parc Gezi, c’est donc une accumulation de colère contre les privations des libertés de la presse, d’expression, syndicales et politiques, sexuelles et des droits de minorités ethniques et religieuses. La Fédération anarchiste (FA), membre de l’Internationale des Fédérations anarchistes (IFA), dénonce l’autoritarisme instauré par le gouvernement turc de l’AKP de Recep Tayyip Erdoğan, qui est souvent considéré comme un modèle exemplaire pour des pays du Moyen-Orient. Nous souhaitons apporter tout notre soutien aux mouvements de contestation en Turquie, notamment au mouvement anarchiste, face à la répression étatique et religieuse.
Fédération Anarchiste, dimanche 2 juin 2013.

lundi 3 juin 2013

Evènements en TURQUIE...

Voici une vidéo des récents événements en Turquie :
 http://www.youtube.com/watch?v=OBtM-bT2dps&feature=youtu.be

3 juin : Les anarchistes révolutionnaires à la solidarité internationale pour organiser une révolte générale contre le terrorisme d’État


 

La semaine dernière, un groupe de manifestants a commencé une action de sauvegarde de l'environnement après que quelques arbres ont été abattus illégalement au nom de projets de gentrification urbaine. Au deuxième jour de la protestation, très tôt le matin, la police a attaqué les manifestants avec des bombes de gaz, des canons à eau et des balles en plastique. De nombreuses personnes ont été blessées. Ce fut l'étincelle de la lutte contre ce terrorisme d’État qui s'est répandue dans tout le pays et s'est transformée en une action massive et organisée de révolte globale. Les gens impliqués contre l'augmentation des attaques, le terrorisme d’État et la violence de la police ont transformé les rues en zones de résistance. Cette révolte générale a grandi pendant quatre jours et se répand.
Des centaines de milliers de manifestants ont résisté, place Taksim, où le gouvernement a bloqué les entrées et la violence de la police a atteint un sommet. Finalement, le square a été occupé après la construction de barricades autour de la place Taksim et les manifestants ont pris le contrôle de Taksim. Les manifestants à Ankara ont occupé les rues en solidarité avec Istanbul et des barricades ont été construites dans les lieux importants de la ville, diffusant la révolte. Des centaines de manifestants à Izmir, une autre grande ville, ont brûlé le bâtiment du parti au pouvoir.
La solidarité et le soutien aux mouvements de protestation et dans les zones d'affrontements sont très importants. Dans chaque ville où des affrontements sont en cours, les gens ont ouvert leurs maisons aux manifestants et aux personnes blessées. Beaucoup de gens ont mis à disposition des trousses de premiers soins et de la nourriture dans leurs cours pour les manifestants. Les équipes médicales volontaires auto-organisées se sont rendues dans les zones d'affrontements et ont aidé instantanément les manifestants blessés. Des avocats bénévoles aident les manifestants en détention.
Alors que les affrontements se poursuivent, le nombre de morts et de blessés est en augmentation. Les grands médias agissent toujours comme si rien ne s'était passé. Le nombre de morts serait d'une dizaine, mais ce n'est pas certain, car il n'y a pas de déclarations officielles. Un manifestant à Istanbul a été renversé par une voiture alors qu'il bloquait une rue, un autre a reçu un coup à cause des bombes à gaz, un autre encore a été renversé par la police et tous ont perdu la vie. Un manifestant à Ankara a été blessé à la tête par le feu de la police et il est en état de mort cérébrale.
Alors que l'action et les affrontements se poursuivent ici, la solidarité mondiale est en augmentation. Les « Anonymous » ont piraté les sites du parti au pouvoir, de la police d'Istanbul, de la municipalité d'Ankara et de nombreux autres organismes gouvernementaux. Les « Anonymous » ont déclaré qu'ils vont continuer les cyber-attaques tant que le terrorisme de l’État turc se poursuit.
Alors que des millions de personnes résistent dans les rues aux attaques de la police dans tout le pays, certains partis de l'opposition tentent de tirer profit, de manipuler l'action en la politisant. Tout comme ce que nous avions vu dans certaines régions au cours du printemps arabe, les partis d'opposition (en particulier les kémalistes) tentent de s'approprier la portée des actions menées. Les parties d'opposition, en profitant de politisation sociale, tentent de profiter de la situation dans l'espoir de prendre le pouvoir. La révolte en cours a laissé les politiciens et l’État dans une mauvaise position. Alors que le gouvernement tente de manipuler la révolte en la qualifiant d'être la manifestation d'« un groupe de radicaux », la crise se propage dans l'économie. La crise économique a montré de premiers signes dans le marché boursier.
Cependant, c'est une des plus grande révolte massive dans l'histoire du pays et les gens sont dans les rues afin de s'opposer à la hausse des politiques d'interdiction, d’oppression et de suppression, à la terreur d'État et à la violence policière que n'a cessé d'augmenter pendant une longue période. Les personnes, que l’État avait essayé de dompter par une oppression de centaines d'années, sont maintenant directement en révolte contre lui.
Nous appelons tous les camarades qui luttent partout dans le monde : faites entendre la voix de la révolte générale, partout où vous pouvez, contre l’État turc et les grands médias qui tentent de la réduire au silence. Organisez des actions de solidarité pour être avec les millions de gens dans les rues.
Joignez votre voix à la révolte du peuple que l’État avait ignoré, opprimé et exploité pendant des années. Que le feu de la révolte contre l’État turc que nous avons commencé avec une étincelle et qui ne cesse de croître, se développe davantage.
Istanbul est partout et la résistance est partout contre le terrorisme d’État, la violence de la police et contre l'exploitation capitaliste.
Nous continuerons à diffuser les informations tant que l'émeute se poursuit.

Action Révolutionnaire Anarchiste (DAF)



[Une députée EELV] “La chasse à courre est une tradition. C’est plutôt une bonne tradition.”

la chasse à courre : chiens enfermés dans des chenils entre deux entraînements à tuer, terreur et épuisement pour le gibier traqué, hallali, massacre à la dague ou à l’épieu, curée… une ignoble boucherie ; mais en tenue cérémonielle, s’il-vous-plaît Charles-Xavier ! Avec son lot de souffrances gratuites, qu’expriment bien les tergiversations juridiques sur le “droit de suite”, la chasse à courre n’est décidément pas une chasse comme les autres. Les saccages des champs et prés induits par cette chasse sédentarisant le gibier conduisent d’ailleurs de nombreux agriculteurs (par ailleurs parfois pratiquants de formes de chasse ”à pied” plus populaires) à s’y opposer. Née dans l’aristocratie, historiquement indissociable de l’entraînement à la guerre et du mépris du monde paysan, la “tradition” hiérarchiste, fastueuse et snobinarde de la chasse à courre a ses lobbyistes acharnés, dont certains ne se cachent manifestement pas d’une certaine nostalgie du bon vieux temps de la monarchie. Une députée écolo de la Vienne vient de déclarer son opposition à un texte présenté par son parti (EELV), contre la chasse à courre… mais que ne ferait-on pas pour rester dans les petits papiers des membres d’une classe dominante défendant ses prérogatives immondes ?
Mm’une bien belle chaaasse, Charles-Xavier !
Chasse à courre : la députée se démarque
Véronique Massonneau prend ses distances avec la proposition de loi déposée par le groupe Europe Écologie – Les Verts qui vise à interdire la chasse à courre.
Les nuages qui pèsent depuis plusieurs jours sur les relations entre les chasseurs de la Vienne et Véronique Massonneau ne devraient guère tarder à se dissiper. La députée écologiste a en tous cas l’intention de lever tous les doutes qui risquaient de les plomber durablement. Elle a fait savoir en fin de semaine qu’elle se rendra à l’inauguration de la Fête de la chasse, de la nature et du terroir, le samedi 8 juin, à La Roche-Posay. Avec la ferme intention de clarifier sa position sur la chasse à courre.
“ Je suis très embêtée ”
Le sang des chasseurs de la Vienne n’a fait qu’un tour, mercredi, lorsqu’ils ont découvert que le nom de Véronique Massonneau apparaissait parmi les signataires d’une proposition de loi déposée par le groupe Europe Écologie - Les Verts, à l’Assemblée nationale, « visant à interdire la chasse à courre, à cor et à cri ». Les rédacteurs du texte ne font pas dans la nuance. Ils stigmatisent aussi bien « la souffrance et le stress » des animaux, que « les nuisances sonores (sonneries de trompes, allées et venues des équipages, des chiens, des véhicules) » engendrées. Ils affirment non seulement que ce type de chasse « nuit à l’ensemble de l’écosystème forestier » mais aussi que « les riverains en subissent eux aussi les conséquences », notamment parce que « des animaux sont parfois pourchassés dans des propriétés privées et ce jusque dans les habitations ». Au berceau du chien courant et de la vénerie, une charge d’une telle violence ne pouvait avoir qu’un impact dévastateur. Les chasseurs de la Vienne ont réagi d’autant plus vivement qu’ils se sont sentis trahis par une députée écologiste ayant depuis le début de son mandat affiché sa volonté de dialoguer avec eux. Déclaration de guerre ? Propulsée en première ligne d’un front qu’elle n’a pas vraiment choisi, Véronique Massonneau vient de crier halte au tir. Elle a demandé le retrait de sa signature au bas de la proposition de loi : « Je suis très embêtée. Les propositions de loi du groupe sont signées systématiquement par tous les membres du groupe sauf par celles et ceux qui signalent expressément leur refus. Cette proposition sur la chasse à courre n’a pas été discutée. Je l’ai découverte trop tard ! » Confessant une « erreur de débutante », la députée de la Vienne entend donc prendre ses distances avec un texte qu’elle juge aussi « caricatural » qu’inopportun : « La chasse à courre est une tradition. C’est plutôt une bonne tradition. Actuellement, il y a des sujets plus graves, avec les difficultés économiques et sociales. »
Alain Defaye, Nouvelle République, 3 juin 2013

Soyons pragmatiques, demandons l’impossible !

Cover and illustrations done for the Freak Out! music fanzine Ivan Brun 2011

Le pragmatisme est une pensée qui pose le primat de l’efficacité. C’est un empirisme qui postule que ce qui fonctionne est vrai. Aux fondements de cette philosophie, deux penseurs américains de la deuxième moitié du XIXe siècle : Charles Sanders Peirce et William James. Aujourd’hui, du jargon universitaire aux politicards, le pragmatisme s’exprime paradoxalement de façon idéologique et uniforme. Affirmer sans cesse la primauté du réel pour mieux occulter la distance croissante entre les élites et le peuple. Ce pragmatisme incantatoire est peut-être un retour de balancier des décennies passées qui, écrasées par la moulinette du cynisme libéral des années 80, sont rétrospectivement jugées trop idéalistes. Désormais quiconque s’opposera au pragmatisme sera définitivement condamné pour utopisme, dogmatisme, intégrisme, puritanisme etc.
Pour le pragmatisme, la réussite est le seul critère de vérité. Comment ne pas voir ici l’ombre du machiavélisme  ? « Ce qui est à désirer, c’est que si le fait l’accuse, le résultat l’excuse » écrivait Machiavel dans Le discours sur la première décade de Tite-Live. Le culte pragmatique de l’efficacité est une abstraction qui, au nom même du réel, conduit à justifier n’importe quoi du moment que ça marche. Les marins de Kronstadt sont célébrés comme «  les aigles » de la révolution d’Octobre puis quelques mois après, une fois leur révolte écrasée par Trotsky, Lénine les qualifient de «  fils de popes  » à la solde des blancs. Un jour les nazis sont les ennemis du régime puis une fois le pacte germano-soviétique signé, ils deviennent les alliés de la glorieuse Union soviétique. En France plus récemment, c’est au nom du réalisme que la plupart des organisations syndicales ont renoncé à la lutte de classes. C’est au nom de l’efficacité que l’autogestion, pourtant forte en vogue dans les années 70, a été remisée dans les placards. C’est au nom de la performance que l’État impose son austérité et détricote les droits sociaux…
Falsifications imposées. Vérités ajustables en fonction des intérêts. Mais la vérité n’est pas qu’une affaire subjective. Elle est objective. Sinon elle ne sert qu’à soumettre. La vérité est un combat, une remise en question, une recherche incessante au-delà des dogmes, sectes, partis et pouvoirs. Pour le libéral pragmatique toutes les opinions se valent et la réalité dépend de là où l’on regarde les choses. Si personne n’imposait son point de vue aux autres ce serait à la limite valable et moralement confortable. Sauf que c’est toujours le point de vue du pouvoir qui s’impose et que c’est là-dessus que s’assied l’immobilisme actuel.
Les anarchistes se méfient des abstractions et se basent sur le vécu. Comme la plupart des gens, ils/elles font avec le réel. Ils/Elles y voient les germes d’une autre société qu’ils/elles s’attachent à construire au quotidien par leurs pratiques et leurs mots. Mais pour les libertaires, fin et moyen sont sur le même plan. L’un ne prend jamais le pas sur l’autre. Car l’anarchisme ne connaît pas de principe premier. Or le pragmatisme érige le moyen en principe au-dessus de la fin.
Il y eu probablement par le passé des excès d’idéalisme et des querelles idéologiques qui peuvent paraître absconses aujourd’hui. Mais désormais l’impératif d’action ne domine-t-il pas la réflexion ? Le monde est devenu une infinité de moyens mais les buts ont été perdus en route. Il ne s’agit pas d’affirmer la supériorité de l’idée sur l’acte ou du rêve sur le réel. Mais de trouver enfin un équilibre et une juste conjugaison des deux. Dans le contexte actuel engoncé dans le réalisme, c’est bien de sens, d’imagination, d’idées, de buts et de cohérence dont nous avons besoin. L’imaginaire capitaliste nous a colonisé. Il ne nous pas encore vaincu. Ce qui a été pensé et fait par le passé doit nous aider. C’est un bouleversement radical des imaginaires qu’il faut provoquer pour construire une alternative en idées et en pratiques à l’ordre établi.
Alexis – Groupe Orwell de Martigues.