mercredi 16 juillet 2014

24 juin 1793 : adoption de la plus démocratique des Constitutions de la

Vous pouvez voir le nouvel article à l'adresse
http://www.jennar.fr/?p=3782
Article 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Les fusillés attendront pour l’honneur collectif, mais auront une salle aux Invalides

Le Sénat a refusé jeudi 19 juin de rétablir dans leur honneur les soldats fusillés pour l’exemple entre 1914 et 1918. Le secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, Kader Arif, a annoncé la création d’une salle dédiée à ce sujet, qui sera inaugurée en novembre aux Invalides.
La mémoire, la dignité et l’histoire étaient convoquées jeudi 19 juin, dans la salle des séances du Sénat. Sous les statues de Colbert, Saint-Louis ou Charlemagne, les élus ont longuement débattu autour d’un thème propice aux clivages entre la droite et la gauche de l’hémicycle. A savoir le rétablissement dans leur honneur des soldats fusillés pour l’exemple entre 1914 et 1918. Le sujet tombait à pic, en cette journée du Sénat dédiée à la Grande Guerre. Une date symbolique, cent ans après le début du conflit, qui n’a pas porté chance à Guy Fischer, sénateur PCF du Rhône, à l’initiative de cette proposition de loi déposée par le groupe Communiste, citoyen et républicain (CRC). Au moment de comptabiliser les votes déposés dans les urnes vertes,  le non l’a largement emporté devant cette loi déclarative, inspirée par l’exemple britannique de 2006.

Seuls les groupes communiste et écologiste ont voté pour. Ils ont rappelé qu’entre 1914 et 1918, plus de 600 soldats français furent fusillés pour l’exemple. Les fautes reprochées ? Des prétextes aussi divers que sentinelle endormie, insulte à officier, battue en retraite sans autorisation, mutinerie, désertion… Les deux tiers d’entre eux furent exécutés durant les premiers mois du conflit, après des jugements sommaires et expéditifs, réalisés au sein de conseils de guerre spéciaux. Le droit de défense était inexistant, celui de grâce présidentielle suspendu et les mesures de révision impossibles. « Les principales dérives ont eu lieu à ce moment. En 1915, ces conseils de guerre exceptionnels furent supprimés, ce qui était déjà comme une forme d’aveu… » analyse Michelle Demessine.

La sénatrice PCF du Nord, qui rapportait la loi au Sénat, a demandé que ces soldats fusillés pour manquement à la discipline militaire, « trop longtemps stigmatisés et mis au ban de la mémoire », soient reconnus comme victimes du conflit comme les autres et réhabilites collectivement. « Il faut que la France sorte de ses réticences. Il ne s’agissait pas de mutins, de lâches ou de traitres, mais d’une chaire à canon qui, à la limite de ses forces, s’est révoltée devant l’horreur de la guerre » a insisté Guy Fischer.

Leïla Aïchi, du groupe écologiste, a enfoncé le clou. « Il ne suffit pas de se sacrifier pour la patrie pour être un héros. Les mutins qui ont bravé l’autorité militaire absurde étaient eux aussi des héros. Leur image est déjà réhabilitée dans la conscience collective. Il faut maintenant légiférer. Nous ne pouvons pas souscrire au principe de discrimination des morts »  s’est-elle émue.

Une déclaration qui a soulevé les protestations de Roger Karoutchi, sénateur UMP et agrégé d’histoire, qui a justifié les mesures extraordinaires prises par l’armée : « Souvenons-nous ! Les forces allemandes avaient enfoncé le front. Les chefs militaires ont pris des mesures pour sauver la France, la patrie, la République ! On ne peut pas reprocher à l’armée d’avoir fait en sorte que le front tienne ! » Au sujet d’erreurs potentiellement commises, le sénateur ajouté : « Lorsque réellement il n’y avait pas de motif, lorsque c’était absurde, alors oui, il faut réhabiliter, mais au cas par cas. Collectivement, c’est impossible.  »

Alain Néri, du groupe socialiste, a lui aussi débattu dans ce sens : « Une réhabilitation collective serait injuste pour ceux qui ne la méritent pas ». Michel Billout, du groupe CRC, lui a répondu : « Au cas par cas, c’est impossible cent ans après ». Avant d’ajouter que tous les fusillés pour l’exemple méritent la réhabilitation : «  Le refus de guerre est une conviction respectable. La Grande Guerre, c’était un déchaînement de nationalismes. Les intérêts en jeu n’étaient pas ceux des soldats. »

Dans l’après-guerre, suite à la mobilisation des familles, une quarantaine de soldats fusillés pour l’exemple seulement furent réhabilités. Les travaux d’historiens, les initiatives d’élus locaux, les films, comme le très célèbre Les Sentiers de la Gloire de Stanley Kubrick, ont lentement rendu populaire cette question. Christian Namy, sénateur UDI-UC, a appelé à s’abstenir : « L’enfer des tranchées a enseveli toute une génération d’hommes. C’était une boucherie humaine sans nom. La justice militaire était intransigeante et les circonstances terribles. La question de Guy Fischer est plus que légitime. Pendant trop longtemps, le sceau de la honte a marqué les fusillés pour l’exemple. Lorsque l’on atteint les limites de l’intolérable, on devient tout simplement incapable de se battre, sans pour autant trahir son pays. Je suis tenté d’adhérer à cette proposition de loi, mais pas pour tous les soldats sans distinction. »

Kader Arif, secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la Mémoire présent au débat, a appelé à repousser cette loi. Mais il a rappelé son attachement personnel au sujet et a annoncé l’inauguration le 7 novembre prochain d’une salle dédiée à cette question au Musée de l’armée, situé aux Invalides, conformément au souhait du président de la République François Hollande. « Dès l'entrée dans les salles de la Grande Guerre, l'écran d'accueil mentionnera désormais, aux côtés des 1,4 million de soldats morts pour la France, les soldats fusillés. C'est là une véritable reconnaissance » a-t-il défendu. Des photographies commentées des conseils de guerre et les ordres d’exécution feront partie de la visite. « Le musée de l'Armée disposera aussi de la base de données de tous les fusillés. Ainsi, l'histoire des fusillés sera réintégrée dans celle de la Première Guerre mondiale, et donc dans la mémoire collective de cette guerre » a-t-il ajouté. Il a également précisé que selon les toutes dernières recherches, le nombre de fusillés pour l’exemple entre 1914 et 1918 était désormais estimé à 918 victimes.

lundi 16 juin 2014

CONTRE LA CHARTE DES LANGUES REGIONALES


Par Françoise Morvan, écrivaine et chercheuse, texte publié par la fédération de Paris du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
Le 19 janvier 2014.
Dans la foulée du « Pacte d’avenir pour la Bretagne », le gouvernement Ayrault s’apprête, pour satisfaire aux revendications des autonomistes qui se sont engouffrés dans le mouvement des Bonnets rouges, à faire ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires. Pourtant François Hollande avait renoncé à le faire en mars 2013. Cette volte-face avait été jugée salutaire par l’écrivaine, traductrice et chercheuse Françoise Morvan, pour qui cette charte « ne vise pas à défendre des langues minoritaires mais les langues de groupes ethniques, sur une base foncièrement raciste ». Démonstration.
Comme le serpent de mer, la Charte, la fameuse « charte européenne des langues régionales ou minoritaires », émerge et crie pour qu’on la ratifie. Hélas, nouveau coup sur la tête, le président Hollande, faisant fi de ses engagements de campagne, remet aux calendes grecques la ratification. Le fait-il parce que la charte est un monstre en regard des valeurs républicaines qu’il est supposé défendre et s’en explique-t-il ? Non, il se défausse sur un avis négatif du Conseil d’État. Quel avis ? À quoi bon le savoir ? Enfin des explications claires sur la charte ? Jamais !
Et voilà les autonomistes associés aux militants d’Europe-Écologie-les-Verts et relayés par des élus socialistes en quête de voix identitaires, repartis à protester : ne pas ratifier la charte, c’est s’acharner contre les pauvres « langues régionales minorisées », poursuivre le « génocide linguistique commis par l’État jacobin » et trahir les valeurs promues par l’Europe si soucieuse du bien-être de ses populations, comme on peut le constater chaque jour…
Face au fatras propagandistique, les informations objectives sur cette charte sont systématiquement étouffées. Il y a pourtant eu des travaux sur ses origines, sur ses enjeux véritables et ses conséquences, mais tous se perdent dans le confusionnisme irénique entretenu à son sujet. Qu’on interroge le premier venu, il vous dira que la charte doit être ratifiée car le breton, le basque et le corse sont des langues qu’il faut défendre : elles font la richesse du patrimoine français symbole de la diversité culturelle. Répondez que la charte ne vise pas à défendre des langues minoritaires mais les langues de groupes ethniques, sur une base foncièrement raciste, l’interlocuteur ouvre de grands yeux. Mais voit-il pour autant ? Non, puisque tout l’incite à croire aveuglément. Et néanmoins…

L’origine de la charte : le lobby ethnisiste européen

Le germaniste Lionel Boissou s’est donné beaucoup de mal pour exposer l’histoire de la FUEV (Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen), encore dite UFCE (Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes), qui a concocté la charte. Il a montré que ce puissant groupe de pression s’inscrivait directement dans la suite des « Congrès des nationalités » mis en place par les réseaux pangermanistes allemands et que leur organe, Nation und Staat, suspendu en 1944 pour cause de nazisme, avait donné lieu à Europa ethnica, la revue de la FUEV reprenant la même numérotation.
La FUEV, fondée en 1949 et présidée par l’autonomiste Joseph Martray, puis par le séparatiste breton Pierre Lemoine, a été réactivée dans les années 90 par le gouvernement allemand, renouant avec le pangermanisme, et reçoit aussi des subsides de la fondation Niermann, créée en 1977 à Düsseldorf dans le but « d’aider les minorités ethniques à préserver leur existence biologique et culturelle, en particulier le Volkstum allemand » (le « Volkstum », autrement dit « l’esprit de la race »). Or, la FUEV, ayant obtenu statut consultatif aux Nations Unies et au Conseil de l’Europe, a fondé un « groupe de travail » qui a pour objectif la « protection des groupes ethniques ». C’est ce groupe qui a rédigé la charte européenne des langues régionales et minoritaires, le Conseil de l’Europe se chargeant de la promouvoir.

Les enjeux de la charte

Une autre germaniste, Yvonne Bollmann [1], s’est, elle aussi, donné beaucoup de mal pour analyser les véritables enjeux de la charte.
Elle a mis en lumière le fait, constamment passé sous silence, que la FUEV n’entend nullement défendre des langues minoritaires mais des langues de minorités ethniques rattachables au sol du pays signataire : l’article 1 le précise bien, la Charte «
n’inclut ni les dialectes de la (des) langue(s) officielle(s) de l’État ni les langues des migrants » [le texte de la charte est ici. Sur cette base, l’arabe n’est pas une langue minoritaire ; le breton, langue d’une ethnie celte, ou supposée telle, est défendable mais non le gallo, dialecte français parlé en Haute-Bretagne…
Elle a également démontré que la charte fait partie de tout un dispositif pensé dès l’origine comme une arme de guerre contre les États-nations (et en premier lieu la France) par les partisans d’une Europe des ethnies. Le complément de la Charte, la Convention-cadre pour la protection des minorités, a été adoptée de la même manière et est entrée en vigueur en 1998. Cette convention s’accompagne elle-même de chartes et conventions diverses visant à « dégager le substrat ethnique de sa gangue étatique [2]. »

Un dispositif verrouillé

En revanche, le juriste mandaté par Lionel Jospin pour examiner si la charte était ratifiable n’a pas dû passer bien longtemps à la scruter : d’après lui, pas de problème ; la charte est non seulement ratifiable mais modulable à souhait ; il suffit d’y joindre une déclaration interprétative et de faire la liste des articles qui plaisent. Le texte contraint le signataire à choisir au moins 35 de ses 98 articles : la France en retient 39 et, la liste faite, signée.
Cette liste n’est qu’une plaisanterie. La charte est hermétiquement verrouillée. En effet, l’article 21 précise qu’elle « interdit toute réserve, sauf pour les paragraphes 2 à 5 de l’article 7 » (paragraphes qui ne portent que sur des points de détail).
Lorsque Bernard Poignant (Le Télégramme, 18 septembre 2007) rappelle que la France a assorti la signature le 7 mai 1999 de deux déclarations (pas de droits particuliers à un groupe ; pas d’usage dans la vie publique), il fait comme si cette clause était juridiquement valable. Elle ne l’est pas. Le préambule pose, sans réserve possible, que « le droit de pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique constitue un droit imprescriptible ».

Les conséquences de la charte

Une fois la Charte ratifiée, tout locuteur d’une langue minoritaire reconnue comme telle par le pays signataire sera en droit de saisir la Cour européenne des droits de l’homme pour se faire traduire les textes de loi et bénéficier de documents administratifs dans sa langue.
Du fait que la Charte ne reconnaît que des langues de minorités linguistiques, les dialectes français ne devraient pas être reconnus : en vue de contourner ce dispositif, Lionel Jospin a chargé un linguiste (jusqu’alors surtout connu comme médiéviste) de déterminer les langues parlées sur le territoire national.
Or, alors que la plupart des États ont fait en sorte de reconnaître le moins grand nombre possible de langues minoritaires (ainsi l’Allemagne, qui refuse de reconnaître officiellement tout problème de « minorités nationales » à l’intérieur de ses frontières, a-t-elle refusé de reconnaître le yiddish et le turc, pourtant parlés par deux millions de personnes — décision d’ailleurs conforme aux dispositions de la charte qui ne reconnaît pas les langues des « migrants »), ce linguiste a retenu 75 langues allant du bourguignon-morvandiau aux langues de Nouvelle-Calédonie (nyelâyu, kumak, caac, yuaga, jawe, nemi, fwâi, pije, pwaamei, pwapwâ, cèmuhî, paicî, ajië, arhâ, arhö, ôrôwe, neku, sîchë, tîrî, xârâcùù, xârâgùrè, drubéa, numèè) en passant par l’arabe dialectal et le berbère (mais pas le portugais) [lire ici son rapport].
Au moment où l’État procède à des coupes budgétaires drastiques, et où l’enseignement des langues, à l’exception de l’anglais, de l’espagnol et de l’allemand, est sinistré, ratifier la charte reviendrait à verser des prébendes à des militants de toutes obédiences empressés d’exiger la traduction des textes officiels dans leur idiome. C’est d’ailleurs bien ce qu’ils attendent… Et c’est ce que Robert Badinter a très tôt rappelé, constatant que ce « serait donner un fondement légal, sur la base d’une convention internationale, à la revendication collective des régionalistes les plus radicaux » [3]. Mais en vain.
Il reste à se demander par quelle aberration des socialistes peuvent défendre un dispositif pareil et dénoncer l’héritage de la Révolution française en posant le fait ethnique comme une revendication « moderne » opposable à une conception « désuète » — je ne fais là que citer les socialistes Armand Jung et Jean-Jacques Urvoas (auteurs d’une brochure intitulée Langues et cultures régionales : en finir avec l’exception française publiée par la Fondation Jean Jaurès) qui placent la France « au banc des accusés » car, d’après eux, ne pas reconnaître de minorités en France constitue une atteinte aux droits de l’homme [4]. Les notions d’« ethnie » ou d’« ethnicité » n’étant, comme le rappelait Pierre Bourdieu, que des « euphémismes savants que l’on a substitués à la notion de « race » [5], cette promotion de l’ethnisme contre la conception républicaine de la laïcité s’apparente à un accablant recyclage à gauche des thèmes orchestrés de longue date par les autonomistes.
Plus accablant encore, le président socialiste du Conseil régional de Bretagne le soutient au nom « des Bretons », comme si les Bretons attendaient la reconnaissance de leur ethnie (et comme si le breton et le gallo n’étaient pas déjà largement enseignés et subventionnés sur fonds publics). Et le Conseil culturel de Bretagne se fend d’une lettre ouverte présentant la ratification de la charte comme une obligation au motif que « ceux qui veulent parler breton, gallo, basque, catalan, alsacien, corse, flamand, créole ou d’autres langues autochtones en ont légitimement le droit ». Les « autochtones » seraient donc empêchés de parler leur langue ? Et ce, en raison du refus de ratifier la charte ? C’est sur cette base que ces représentants non élus d’une « minorité » enrôlée dans une croisade dont ils ne connaissent pas les enjeux dénoncent « un système jacobin, archaïque et discriminatoire ». En quoi discriminatoire ? En ce qu’il s’oppose à toute discrimination ethnique ? La réponse du gouvernement le 2 avril 2008 était limpide : « La France ne reconnaît pas en son sein l’existence de minorités disposant en tant que telles de droits collectifs opposables dans son ordre juridique. Elle considère que l’application des droits de l’homme à tous les ressortissants d’un État, dans l’égalité et la non-discrimination, apporte normalement à ceux-ci, quelle que soit leur situation, la protection pleine et entière à laquelle ils peuvent prétendre. » Sauf à revendiquer l’allégeance de l’homme à la tribu, on est en droit de conclure qu’il s’agit là, en effet, « d’une conception particulièrement exigeante des droits de l’homme. » Faut-il brader cet héritage ? Pour quel profit ?
Se référant désormais aux directives du Conseil de l’Europe, certains élus de gauche tiennent à l’égard de la France des discours haineux que l’on dirait calqués sur ceux de l’extrême droite ethno-régionaliste. Ils rejoignent par là le puissant lobby patronal breton de Locarn qui appelle de ses vœux une « Europe des tribus » [6]. La charte est l’un des outils destinés à la faire advenir.
Françoise Morvan
Françoise Morvan a dénoncé la dérive identitaire à l’œuvre en Bretagne dans un essai « Le monde comme si » (Babel-Actes Sud). Poursuivant ses recherches sur la réécriture de l’histoire induite par les autonomistes, elle a publié « Miliciens contre maquisards, un essai sur la Résistance », et donné de nombreux articles au Groupe Information Bretagne tout en étudiant l’instrumentalisation du folklore par les nationalistes (ce qu’analyse, entre autres, sa thèse sur François-Marie Luzel et son édition en dix-huit volumes des œuvres de ce folkloriste). Elle s’est penchée sur le problème de la charte européenne des langues régionales et minoritaires dans le cadre de ses recherches sur l’ethno-régionalisme et les mouvements autonomistes.

Notes

[1] Yvonne Bollmann, La Bataille des langues en Europe, Bartillat, 2001 (et aussi, La Tentation allemande, Michalon, 1998, et Ce que veut l’Allemagne, Bartillat, 2003).
[2] Dans ce sens, la carte des minorités ethniques européennes élaborée par le Conseil de l’Europe semble programmatique.
[3] Le Nouvel Observateur, 1er juillet 1999.
[4] Présentant la France comme une aberrante exception (alors que 14 pays ont refusé à ce jour de signer la charte et 7 de la ratifier), A. Jung et J.-J. Urvoas (président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale), présentent la France comme coupable et mise au ban des nations par des autorités internationales — ainsi Alvaro Gil-Roblès, voix du Conseil de l’Europe, et Gay McDougall, « experte » auprès de l’ONU, laquelle « invite abruptement le gouvernement français à une reconnaissance de la réalité », à savoir « reconnaître l’existence de minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques sur le territoire français », signer la Convention cadre pour la protection des minorités nationales et, bien sûr, ratifier la Charte (p. 131) … La confusion la plus totale est entretenue sur les notions, elles-mêmes on ne peut plus confuses, de « groupes », d’« ethnies » et de « minorités ».
[5] Pierre Bourdieu, « L’identité et la représentation, éléments pour une réflexion critique sur l’idée de région », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 35, novembre 1980, p. 64.
[6] Intervention de Dick Veerman prônant, contre les États et surtout la France, « une fédération de tribus européennes dont la tribu bretonne », université d’été de l’Institut de Locarn, 2012 à retrouver ici.

Le tout est de savoir qui est le terroriste de qui !!!


03/06/2014
Le ministre de l’intérieur a présenté une communication relative à la mise en œuvre du plan de lutte contre la radicalisation violente et les filières terroristes.
Ce plan a été présenté au conseil des ministres du 23 avril dernier. Les données chiffrées rassemblées par les services de renseignements rendent compte de l’évolution constante du nombre d’individus impliqués. Ainsi, au 30 mai dernier :
  • près de 320 individus (français ou résidant en France) combattaient en Syrie ;
  • 140 environ étaient repérés comme étant en transit pour rejoindre ce pays ;
  • un nombre équivalent était reparti de Syrie pour la France ou un pays tiers ;
  • plus de 180 avaient manifesté des velléités de départ ;
  • une trentaine de morts a été dénombrée au cours de combats en Syrie ou en Iraq.
L’attentat perpétré au musée juif de Bruxelles, le 24 mai dernier, est l’exemple le plus récent de la concrétisation d’une menace diffuse qui pèse désormais sur les Nations occidentales, du fait d’agissements criminels de leurs propres ressortissants fanatisés.
Les mesures prises dans le cadre du plan – à droit constant – ont été immédiatement mises en œuvre. Elles visent à empêcher les départs, à démanteler les filières, à soutenir et à orienter les familles.
Mis en place dès le 29 avril, le numéro d’appel national permettant aux proches des jeunes radicalisés, ou en voie de l’être, de se signaler ou d’obtenir aide et conseil a permis de traiter 126 signalements utiles, dont 32 concernaient des mineurs, 48 des femmes et 20 des départs avérés. Pour la seule journée du 2 juin, 5 nouveaux signalements ont été enregistrés. Un programme de formation a été mis en place pour les personnels intervenant dans ce cadre et 300 agents pourront être formés d’ici juillet.
Parallèlement, l’action contre les départs et les filières est engagée (retraits de passeports, expulsions de ressortissants étrangers en lien avec les milieux djihadistes, gel des avoirs). Par ailleurs, la coopération entre les services de l’État est pilotée par les préfets pour assurer un échange opérationnel d’informations permettant de recourir plus efficacement aux décisions judiciaires d’interdiction ou d’opposition à la sortie du territoire des mineurs, voire à leur placement provisoire lorsque les éléments portés à la connaissance des parquets permettront d’établir que leur santé, leur sécurité ou leur moralité est compromise par un projet avéré de départ vers une zone de conflit.
La diffusion de discours radicaux en milieu carcéral constitue également une préoccupation du Gouvernement. A cette fin, le ministère de la justice et le ministère de l’intérieur finalisent une série de mesures permettant de renforcer l’action des services de renseignement pénitentiaire, de sécuriser le recrutement et la formation des aumôniers et de prendre en charge les individus radicalisés au terme de leur détention.
Il convient également de compléter notre législation sur plusieurs points essentiels dont le Parlement sera saisi à l’été :
  • l’interdiction des départs de ressortissants français majeurs liés à des activités terroristes ;
  • la capacité juridique des services français à mettre en œuvre des techniques d’investigation et des modalités d’exploitation de données qui ne leur sont pas encore ouvertes.
Par ailleurs, est examinée l’introduction d’une nouvelle incrimination relative à la préparation d’actes de terrorisme par un individu isolé, complémentaire à l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
L’action résolue de la France, dans le cadre européen et international, se poursuivra. Le ministre de l’intérieur participera, le 4 juin à Luxembourg, à une nouvelle réunion avec ses homologues des pays les plus concernés par le phénomène.

6 juin : commémoration ou mystification ?

Par leur accumulation et par leur caractère unilatéral, les
> commémorations du soixantième anniversaire du Débarquement sont en
> train d'installer, dans la conscience collective des jeunes
> générations, une vision mythique, mais largement inexacte, concernant
> le rôle des Etats-Unis dans la victoire sur l'Allemagne nazie. L'image
> véhiculée par les innombrables reportages, interviews d'anciens
> combattants américains, films et documentaires sur le 6 juin, est celle
> d'un tournant décisif de la guerre. Or, tous les historiens vous le
> diront : le Reich n'a pas été vaincu sur les plages de Normandie mais
> bien dans les plaines de Russie.
>
> Rappelons les faits et, surtout, les chiffres.
>
> Quand les Américains et les Britanniques débarquent sur le continent,
> ils se trouvent face à 56 divisions allemandes, disséminées en France,
> en Belgique et aux Pays Bas. Au même moment, les soviétiques affrontent
> 193 divisions, sur un front qui s'étend de la Baltique aux Balkans. La
> veille du 6 juin, un tiers des soldats survivants de la Wehrmacht ont
> déjà enduré une blessure au combat. 11% ont été blessés deux fois ou
> plus. Ces éclopés constituent, aux côtés des contingents de gamins et
> de soldats très âgés, l'essentiel des troupes cantonnées dans les
> bunkers du mur de l'Atlantique. Les troupes fraîches, équipées des
> meilleurs blindés, de l'artillerie lourde et des restes de la
> Luftwaffe, se battent en Ukraine et en Biélorussie. Au plus fort de
> l'offensive en France et au Benelux, les Américains aligneront 94
> divisions, les Britanniques 31, les Français 14. Pendant ce temps, ce
> sont 491 divisions soviétiques qui sont engagées à l'Est.
>
> Mais surtout, au moment du débarquement allié en Normandie, l'Allemagne
> est déjà virtuellement vaincue. Sur 3,25 millions de soldats allemands
> tués ou disparus durant la guerre, 2 millions sont tombés entre juin
> 1941 (invasion de l'URSS) et le débarquement de juin 1944. Moins de
> 100.000 étaient tombés avant juin 41. Et sur les 1,2 millions de pertes
> allemandes après le 6 juin 44, les deux tiers se font encore sur le
> front de l'Est. La seule bataille de Stalingrad a éliminé (destruction
> ou capture) deux fois plus de divisions allemandes que l'ensemble des
> opérations menées à l'Ouest entre le débarquement et la capitulation.
> Au total, 85% des pertes militaires allemandes de la deuxième guerre
> mondiale sont dues à l'Armée Rouge (il en va différemment des pertes
> civiles allemandes : celles-ci sont, d'abord, le fait des
> exterminations opérées par les nazis eux-mêmes et, ensuite, le résultat
> des bombardements massifs de cibles civiles par la RAF et l'USAF).
>
> Le prix payé par les différentes nations est à l'avenant. Dans cette
> guerre, les Etats Unis ont perdu 400.000 soldats, marins et aviateurs
> et quelques 6.000 civils (essentiellement des hommes de la marine
> marchande). Les Soviétiques quant à eux ont subi, selon les sources, 9
> à 12 millions de pertes militaires et entre 17 et 20 millions de pertes
> civiles. On a calculé que 80% des hommes russes nés en 1923 n'ont pas
> survécu à la Deuxième Guerre Mondiale. De même, les pertes chinoises
> dans la lutte contre le Japon -- qui se chiffrent en millions -- sont
> infiniment plus élevées -- et infiniment moins connues -- que les pertes
> américaines.
>
> Ces macabres statistiques n'enlèvent bien évidemment rien au mérite
> individuel de chacun des soldats américains qui se sont battus sur les
> plages de Omaha Beach, sur les ponts de Hollande ou dans les forêts des
> Ardennes. Chaque GI de la Deuxième guerre mondiale mérite autant notre
> estime et notre admiration que chaque soldat russe, britannique,
> français, belge, yougoslave ou chinois. Par contre, s'agissant non plus
> des individus mais des nations, la contribution des Etats Unis à la
> victoire sur le nazisme est largement inférieure à celle que voudrait
> faire croire la mythologie du Jour J. Ce mythe, inculqué aux
> générations précédentes par la formidable machine de propagande que
> constituait l'industrie cinématographique américaine, se trouve
> revitalisée aujourd'hui, avec la complicité des gouvernements et des
> médias européens. Au moment ou l'US-Army s'embourbe dans le Vietnam
> irakien, on aura du mal à nous faire croire que ce serait le fait du
> hasard...
>
> Alors, bien que désormais les cours d'histoire de nos élèves se
> réduisent à l'acquisition de « compétences transversales », il serait
> peut-être bon, pour une fois, de leur faire « bêtement » mémoriser ces
> quelques savoirs élémentaires concernant la deuxième guerre mondiale :
>
> - C'est devant Moscou, durant l'hiver 41-42, que l'armée hitlérienne a
> été arrêtée pour la première fois.
>
> - C'est à Stalingrad, durant l'hiver 42-43, qu'elle a subi sa plus lourde défaite historique.
>
> - C'est à Koursk, en juillet 43, que le noyau dur de sa puissance de feu -- les
> divisions de Pantzers -- a été définitivement brisé (500.000 tués et
> 1000 chars détruits en dix jours de combat !).
>
> - Pendant deux années, Staline a appelé les anglo-américains à ouvrir un deuxième front. En vain.
>
> - Lorsqu'enfin l'Allemagne est vaincue, que les soviétiques
> foncent vers l'Oder, que la Résistance -- souvent communiste -- engage
> des révoltes insurrectionnelles un peu partout en Europe, la bannière
> étoilée débarque soudain en Normandie...
>
>
> Nico Hirtt
> Enseignant, écrivain
(auteur de "L'école prostituée", editions Labor).

Justice pour les victimes des crimes des Eglises !

800 cadavres de bébés retrouvés sous un couvent.
Les corps d'enfants «illégitimes» ont été découverts dans la fosse septique d'un ancien couvent à Tuam, en Irlande, 50 ans après la fermeture de l'établissement.
 
La découverte macabre d'une historienne irlandaise relance la polémique autour du sort réservé à des milliers de fille-mère et leurs enfants pendant des décennies dans ce pays catholique. Les 800 squelettes d'enfants retrouvés dans une cuve en béton à côté d'un ancien couvent suscitent de vives réactions de la presse anglo-saxonne.

Dans une tribune datée de mercredi, le Guardian rappelle le traitement réservé aux jeunes femmes dont le comportement était jugé immoral au début du XXe siècle en Irlande. « Les femmes étaient enfermées dans des couvents créés par l'Etat et gérés par l'Eglise appelé “Magdalene Asylum” dans lesquelles elles travaillaient pour réparer leurs péchés », explique la journaliste.

« Ces révélations sont choquantes et rappellent à l'Irlande une période sombre de son histoire », a réagi Charlie Flanagan, ministre de la justice du gouvernement qui réclame l'ouverture d'une enquête à laquelle l'Eglise se dit prête à participer. Michael Neary, l'archevêque de Tuam, a cependant déclaré que l'Eglise irlandaise ne savait rien de ce qui se passait dans ces couvents.

Un rapport des services de santé, datant de 1944, retrouvé par Catherine Corless, l'historienne à l'origine de la découverte, évoque un taux de mortalité infantile quatre à cinq fois plus élevé dans le couvent de Tuam, où ont été retrouvés les squelettes, que dans la population. Le document évoque aussi des enfants décharnés et malnutris.

« L'Irlande connaît les maltraitances faites aux femmes et aux enfants de la part d'une partie du clergé à cette époque, ce que nous ne savions pas c'est qu'ils jetaient des enfants morts dans des fosses communes », poursuit la journaliste du Guardian.

Pour Catherine Corless, interviewée par le Washington Post, les dérives de ces institutions religieuses est à relier au contexte social de l'époque. « Quand une fille tombait enceinte hors mariage, elle était totalement ostracisée, les familles avaient peur que cela se sache dans le voisinage, un enfant illégitime était alors la pire des choses qui puisse arriver, le pire crime qu'une femme puisse commettre, même si bien souvent c'était à la suite d'un viol », rapporte le quotidien américain.

Et les enfants de Tuam ne seraient pas les seuls à avoir disparu dans les couvents irlandais. The Irish News rappelle que diverses associations militent depuis plusieurs années pour qu'une enquête soit ouverte à ce sujet. Au total, 4 000 enfants auraient été enterrés à la hâte dans des fosses communes aux abords des dix couvents qui ont accueilli environ 35 000 femmes jusque dans les années 1960 en Irlande.

Le quotidien irlandais cite un membre de l'association Adoption Rights Now qui fait pression sur l'Etat irlandais afin qu'une enquête soit ouverte : « Le gouvernement est terrifié par ce scandale, ils ne veulent pas savoir ce qui s'est passé dans ces couvents ».

Le scandale de Tuam avait failli être révélé en 1975, lorsque deux garçons de la région avaient découvert des ossements par hasard. A l'époque, les restes humains avaient été recouverts et les habitants de la région pensaient qu'il s'agissait d'un charnier creusé au XIXe siècle lors des grandes famines.

Dans le Guardian, la journaliste conclut en interrogeant :
« Les pratiques des sœurs du couvent de Tuam étaient-elles isolées ? Sinon, combien de morts dans chacun des couvents irlandais ? Quels étaient leurs noms ? Où sont les tombes ? »
 
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Au IVème congrès mondial de l'Association Internationale de la Libre Pensée (AILP), le 11 août 2014, à Londres, Conway Hall,
Keith Porteus Wood, porte parole de l'AILP, et directeur exécutif de la National Secular Society de Grande-Bretagne, rapportera :

Justice
pour les victimes des abus sexuels des Eglises !
les abus sexuels des Eglises se révélant être une institution de l'Institution.

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La Fédération du Cantal de la Libre Pensée
vous appelle à soutenir cette initiative internationale !