mercredi 12 décembre 2018

Des professeurs de philosophie solidaires du soulèvement populaire en gilet jaune!

Depuis plusieurs semaines, un collectif de citoyens a pris corps et a engagé des actions inédites, sur tout le territoire. Inlassablement, certains médias présentent les Gilets jaunes comme des gens frustes, insensibles aux arguments rationnels, rétifs aux exigences environnementales, des individus dénués de perspective et de cervelle.
Professeurs de philosophie et militants syndicaux de terrain, nous récusons cette caricature inspirée par un mépris de classe à l’encontre de femmes et d’hommes qui se dressent contre la maltraitance sociale, économique, mais aussi politique et culturelle dont ils sont la cible.
A leurs côtés nous dénonçons l’injustice fiscale qui consiste à gaver de cadeaux fiscaux les grandes fortunes, le CAC-40 et les grands actionnaires pendant que les classes populaires et moyennes sont accablées d’impôts indirects (50% des recettes fiscales proviennent de la TVA) frappant sans discrimination, les riches et les pauvres, dont certains sont étudiants ou retraités.
A leur côtés, nous dénonçons l’écrasement continu des revenus du travail, salaires, pensions, indemnisation du chômage, remboursement des soins médicaux, désindexation des salaires et des pensions par rapport aux prix, nous refusons l’abaissement constant de la protection sociale (casse du Code du travail, des statuts publics, des conventions collectives, de la valeur des diplômes nationaux, recul incessant de l’âge de la retraite, casse de la solidarité entre générations au bénéfice d’assurances privées, déremboursements médicaux...), nous condamnons
l’asphyxie des services publics, Education nationale, hôpital public, Equipement, SNCF, EDF, Air-France, les privatisations (autoroutes, aéroports, office des forêts...) et les délocalisations qui, jouant sur la concurrence sociale entre les Etats, aboutissent à détruire les productions nationales, et avec elles, le lien social et l’égalité entre les territoires. Et nous sommes scandalisés que l’on puisse couvrir de la référence à l’Europe des lumières une intégration européenne néolibérale entièrement dominée par le capital et la finance inspirant au gouvernement français cette politique.
Nous aussi, en tant que fonctionnaires sans cesse stigmatisés  par les pouvoirs successifs, en tant qu’enseignants soumis à des conditions de travail souvent impossibles, en tant que professeurs de terminale refusant la casse du bac national et l’accentuation de la sélection sociale à l’Université aggravée par Parcoursup, en tant que professeurs de philosophie constatant que la contre-réforme du lycée sape les conditions d’existence de notre discipline et de son apport déterminant à la formation civique de la jeunesse tout particulièrement dans la voie technologique, nous sommes partie prenante de la grande insurrection citoyenne des classes populaires et moyennes, que rejoignent rapidement nombre de lycéens et de travailleurs engageant la lutte à partir de leur entreprise.
Nous disons que ce qui bloque notre pays et qui contribue à faire monter un climat d’exaspération et de violence, c’est principalement l’injustice sociale et le viol méthodique par nos gouvernants des aspirations majoritaires à une vie digne pour toutes et tous, le refus des élites de faire de véritables réformes démocratiques et sociales.
Alors, face à un pouvoir arrogant qui ne veut pas dévier de sa feuille de route dictée par les politiques européennes d’austérité et par le MEDEF (après la casse de la SNCF et du Code du travail, arrivent à l’agenda la casse du statut de la fonction publique et la retraite à points, cette machine à appauvrir les retraités), nous sommes solidaires et agissants aux côtés de nos concitoyens insurgés pour le droit inaliénable de vivre une vie digne de l’être humain, pour une véritable République sociale, authentiquement respectueuse des urgences écologiques et faisant vivre
dans les faits, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

* liste des 29 premiers signataires :
- Bruno Amilhaud, Julie Bage, Emmanuel Bernier, Mikaël Bohuon, Alix de Borville, Jacques Cappelle, Jean-Pierre Carlet, Catherine Cazenave, Patrice Choumille, Camille Combes-Lafitte, Jean-François Dejours, Florence Dursapt, Colette Fouilloud, Georges Gastaud, Pascale Gillot, Eric Hassenteufel, Alix Héricord, Jacques Hoarau, Elisabeth Leméteil, Frédéric Le Plaine, Claire Noble, Carine Paley, Marc Pavlopoulos, Julien Perbost (non syndiqué), Grégoire Perra, Gabriel Provost, Sylvie Puech-Ranc, Cristina Stoianovici, Christine Van Geen.

vendredi 7 décembre 2018

Résistance !


Non ce n'est pas une photo montrant la police française en 1940 arrêtant
des résistants MAIS aujourd'hui la même police arrêtant et humiliant des
lycéens revendiquant un meilleur avenir...
De la même manière que pour les Gilets jaunes l'Etat criminalise toute contestation...
Cà sent le sapin ou la dictature...Au choix !
Tout dépend de notre résistance.
A bas l'Etat !

mercredi 5 décembre 2018

L’appel des gilets jaunes de Commercy

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REFUSONS LA RÉCUPÉRATION ! 
VIVE LA DÉMOCRATIE DIRECTE ! 
PAS BESOIN DE "REPRÉSENTANTS" RÉGIONAUX !

Depuis près de deux semaines le mouvement des gilets jaunes a mis des centaines de milliers de personnes dans les rues partout en France, souvent pour la première fois. Le prix du carburant a été la goutte de gasoil qui a mis le feu à la plaine. La souffrance, le ras-le-bol, et l’injustice n’ont jamais été aussi répandus. Maintenant, partout dans le pays, des centaines de groupes locaux s’organisent entre eux, avec des manières de faire différentes à chaque fois.
Ici à Commercy, en Meuse, nous fonctionnons depuis le début avec des assemblées populaires quotidiennes, où chaque personne participe à égalité. Nous avons organisé des blocages de la ville, des stations services, et des barrages filtrants. Dans la foulée nous avons construit une cabane sur la place centrale. Nous nous y retrouvons tous les jours pour nous organiser, décider des prochaines actions, dialoguer avec les gens, et accueillir celles et ceux qui rejoignent le mouvement. Nous organisons aussi des « soupes solidaires » pour vivre des beaux moments ensemble et apprendre à nous connaître. En toute égalité.
Mais voilà que le gouvernement, et certaines franges du mouvement, nous proposent de nommer des représentants par région ! C’est à dire quelques personnes qui deviendraient les seuls « interlocuteurs » des pouvoirs publics et résumeraient notre diversité.
Mais nous ne voulons pas de « représentants » qui finiraient forcément par parler à notre place !
À quoi bon ? À Commercy une délégation ponctuelle a rencontré le sous-préfet, dans les grandes villes d’autres ont rencontré directement le Préfet : ceux ci-font DÉJÀ remonter notre colère et nos revendications. Ils savent DÉJÀ qu’on est déterminés à en finir avec ce président haï, ce gouvernement détestable, et le système pourri qu’ils incarnent !
Et c’est bien ça qui fait peur au gouvernement ! Car il sait que si il commence à céder sur les taxes et sur les carburants, il devra aussi reculer sur les retraites, les chômeurs, le statut des fonctionnaires, et tout le reste ! Il sait aussi TRÈS BIEN qu’il risque d’intensifier UN MOUVEMENT GÉNÉRALISÉ CONTRE LE SYSTÈME !
Ce n’est pas pour mieux comprendre notre colère et nos revendications que le gouvernement veut des « représentants » : c’est pour nous encadrer et nous enterrer ! Comme avec les directions syndicales, il cherche des intermédiaires, des gens avec qui il pourrait négocier. Sur qui il pourra mettre la pression pour apaiser l’éruption. Des gens qu’il pourra ensuite récupérer et pousser à diviser le mouvement pour l’enterrer.
Mais c’est sans compter sur la force et l’intelligence de notre mouvement. C’est sans compter qu’on est bien en train de réfléchir, de s’organiser, de faire évoluer nos actions qui leur foutent tellement la trouille et d’amplifier le mouvement !
Et puis surtout, c’est sans compter qu’il y a une chose très importante, que partout le mouvement des gilets jaunes réclame sous diverses formes, bien au-delà du pouvoir d’achat ! Cette chose, c’est le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est un système nouveau où « ceux qui ne sont rien » comme ils disent avec mépris, reprennent le pouvoir sur tous ceux qui se gavent, sur les dirigeants et sur les puissances de l’argent. C’est l’égalité. C’est la justice. C’est la liberté. Voilà ce que nous voulons ! Et ça part de la base !
Si on nomme des « représentants » et des « porte-paroles », ça finira par nous rendre passifs. Pire : on aura vite fait de reproduire le système et fonctionner de haut en bas comme les crapules qui nous dirigent. Ces soi-disant « représentants du peuple » qui s’en mettent plein des poches, qui font des lois qui nous pourrissent la vie et qui servent les intérêts des ultra-riches !
Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation et de la récupération. Ce n’est pas le moment de confier notre parole à une petite poignée, même s’ils semblent honnêtes. Qu’ils nous écoutent tous ou qu’ils n’écoutent personne !
Depuis Commercy, nous appelons donc à créer partout en France des comités populaires, qui fonctionnent en assemblées générales régulières. Des endroits où la parole se libère, où on ose s’exprimer, s’entraîner, s’entraider. Si délégués il doit y avoir, c’est au niveau de chaque comité populaire local de gilets jaunes, au plus près de la parole du peuple. Avec des mandats impératifs, révocables, et tournants. Avec de la transparence. Avec de la confiance.
Nous appelons aussi à ce que les centaines de groupes de gilets jaunes se dotent d’une cabane comme à Commercy, ou d’une « maison du peuple » comme à Saint-Nazaire, bref, d’un lieu de ralliement et d’organisation ! Et qu’ils se coordonnent entre eux, au niveau local et départemental, en toute égalité !
C’est comme ça qu’on va gagner, parce que ça, là haut, ils n’ont pas l’habitude de le gérer ! Et ça leur fait très peur.
Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer.
Non aux représentants et aux porte-paroles autoproclamés ! Reprenons le pouvoir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité !
VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !
Si vous vous retrouvez dans les bases de cet appel chez vous, dans votre groupe local de gilets jaunes, ou autre, contactez-nous sur giletsjaunescommercy@gmail.com et coordonnons-nous sur la base d’assemblées populaires et égalitaires !

mardi 4 décembre 2018

Gilets jaunes, casseurs !? De quelle violence parle-t-on ?

De quelle violence parle-t-on ?




Entre 10 heures du matin et 21 heures, 10 000 grenades ont été tirées dans Paris ce samedi 1er décembre. 900 à l’heure, 15 à la minute, une grenade toutes les 4 secondes contre les mauvais Gilets jaunes.
Les Gilets jaunes, il y a les bons et il y a les mauvais. Les mauvais, on les appelle des casseurs.
Mais qui sont ces casseurs ?
Nous en connaissons un. Pas de masque, pas de cagoule, le casseur le plus violent, c’est lui, lui et le petit monde dont il est le fondé de pouvoir.

La France est choquée par cette explosion de violence et de vandalisme. Mais ce n’est rien à côté de la violence des riches, à côte de la violence du président des riches.
Pas de capuche, pas de lunette de piscine, pas de gilet jaune, pas besoin de courir, ni de hurler, leur violence ne date pas d’hier. Leur violence est admise, elle est si naturelle qu’on ne la remarque même plus, mais elle détruit beaucoup plus, depuis beaucoup plus longtemps. C’est d’abord cette violence-là que la lutte des Gilets jaunes a mise en évidence. Ce samedi 1er décembre, la canaille s’en est pris aux beaux quartiers, banques, arc de triomphe, prestige, grand luxe, belles autos, grands parfums, hôtels particuliers. Ca change un peu de la Bastille et de Clichy-sous-Bois, non ?

À la Chambre des députés, en 1906, Jean JAURÈS parlait de la violence des riches et de la violence des pauvres :
« Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. [...] Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. [1»

Voilà la violence de Macron, voilà à quoi nous nous sommes habitués jusqu’à trouver ça normal, jusqu’à trouver ça inéluctable et naturel.
Et c’est cette violente inégalité qui soudain est dénoncée, condamnée, combattue, non par des penseurs éclairés, non par des commentateurs de plateaux télé ni par des Youtubeurs en trottinette engagés, non, mais par le peuple.
Oui, ils s’appellent comme ça, les Gilets jaunes, nous sommes le peuple.
C’est l’inconscient de la Révolution française qui parle ? Allez savoir. Ça leur permet surtout d’échapper aux étiquettes politiques. Gauche, droite, Marine, Mélenchon, Macron, vote blanc, abstention, peu importe. On ne s’arrête plus à ça. Les Gilets jaunes, c’est le retour de la politique, la seule, l’essentielle : ce qu’il faut pour vivre. Ce qu’il faut pour vivre, chacun le sait, chacun y a droit. Et quand il ne l’a pas, quand il ne l’a plus, quand il craint de ne plus l’avoir, il pourrit. Ça s’entasse, ça ronge, ça fermente, longtemps, des années.
Et soudain, on ne sait pas pourquoi, d’un seul coup ça pète.
Tandis que les médias récupèrent et formatent l’événement, dramatisent jusqu’à la nausée, nous voilà avec eux, avec cette frange de France à l’origine de ce qu’il faut bien appeler donc une révolution. Une révolution qui, c’est sûr, va changer le monde, mais qui les a déjà changés eux, chacun personnellement dans leur vie et dans la solidarité avec les autres grâce à la lutte qui s’invente à chaque instant, chemin faisant, sans grand leader, sans grande organisation, ce qui ne les empêche nullement de rédiger un très judicieux cahier de revendications. Comme disait Mark Twain, « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

Daniel Mermet

lundi 3 décembre 2018

Gilets jaunes : cahier de doléances à Tulle




Emmanuel 1er rois des francs




Des citoyens Gilets jaunes à TULLE-Agglo,  
Le samedi 24 novembre 2018.


REVENDICATIONS

1-)  abrogation des augmentations des taxes-carburant depuis janvier 2018  ;

2-) abrogation de la hausse de 1,7% de la CSG sur les pensions de retraite ;
Nous disons « socialement juste » la position du Sénat sur le rétablissement de l'indexation des pensions de retraite sur le coût de la vie.

3-) augmentation des salaires du public et du privé avec une progression de base correspondant à l'inflation ajoutée à la croissance duPIB 2018.

Il faut pousser à cet égard le patronat et les organisations syndicales à ouvrir des négociations salariales.

4-)  rétablissement du Code du travail dans sa forme, c'est-à- dire celle précédent les lois funestes Macron et El Khomri.

Ici aussi, il importe de provoquer l'ouverture de négociations entre organisations syndicales et patronales.

5-) artisans, agriculteurs, commerçants, doivent entrer dans un dispositif leur permettant d'avoir au moins un équivalent SMIC.
Il est juste que chaque citoyen bénéficie des fruits de son travail quotidien.

6-) concernant nos départements d'Outre-Mer, le gouvernement doit fixer des taxes réduites compensant la cherté du coût de la vie.
                       
******
Mais la satisfaction de ces revendications ne suffira pas à régler la crise actuelle.

Nous citoyens, Gilets jaunes à Tulle-Agglo, dénonçons la dérive technocratique et financière de la société française, ainsi que le déclin de nos institutions, dont le fonctionnement est gravement perturbé par une présidence omnipotente et un Parlement « godillot » qui se révèle, à tout moment,  incapable d'assurer le contrôle de l'exécutif.

Nous observons, par ailleurs, que, de même que les médias-courroie de transmission du pouvoir et des intérêts économiques- n'assurent plus le rôle de « contre-pouvoir » sans lequel toute démocratie se condamne à disparaître, de même, la Justice,  avec ses Procureurs sous autorité gouvernementale, n'est pas totalement indépendante -ce qui est contraire au bon fonctionnement d'une démocratie.

Alors, halte à cette dérive autoritaire et technocratique, -laquelle ronge la France de l'intérieur et  génère le recul de nos libertés fondamentales !

Saluons le réveil citoyen et la résistance des Gilets jaunes !

Nous disons qu'il est nécessaire et urgent, pour sortir durablement de cette crise, de réformer en profondeur notre société et nos institutions.

Dans ce cadre, nous préconisons l'élection d'une Assemblée constituante pour réformer nos institutions par le biais d'une démarche citoyenne s'inspirant du mode de désignation des représentants du Tiers-Etat en 1789 et de la rédaction de cahiers de doléances -documents de base à présenter au roi actuel Macron 1er.

Merci de compléter, voire de modifier, ces revendications.



le libéralisme guidant le peuple


mercredi 28 novembre 2018

la grande escroquerie des éoliennes


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Nota :
Ces pratiques ne doivent pas mettre en cause le principe même des énergies renouvelables, et d’un grand service public de l’énergie.
MAIS les conditions dans lesquelles les requins financiers et les opérateurs ultra-libéraux détournent l’écologie pour faire du fric.
Rappelons qu’ actuellement Macron est en train de vendre au privé TOUS les barrages de France (énergie renouvelable), avec toutes
les conséquences que cela a, y compris de payer une production que vous ne consommerez pas !
Qu’on se le dise et à faire suivre sans modération.



Eoliennes : une escroquerie verte organisée

> > J’ai 35 ans et je suis agricultrice bio en Auvergne. Il y a deux ans, j’ai été contactée par une entreprise privée qui avait pour projet d’installer un parc d’éoliennes dans ma commune. 
> > Je les ai reçus avec joie ! J’avais hâte de participer à un projet écologiste et d’apporter mon grain de sel à la fin du nucléaire. 
> > Première surprise : je m’attendais à rencontrer un représentant de l’Etat, ou de la préfecture pour ce genre de projet (l’énergie est, il me semble, le bien de tous et nous sommes tous concernés). En fait, il n’en était rien : c’était bien une entreprise privée financée par des fonds de pensions étrangers qui était chargée du projet. 
> > Un peu bizarre, mais, après m’être renseignée, je me suis aperçue que tous les projets étaient tenus par des boîtes privées qui prospectent un peu partout en France pour chercher des terrains où placer des éoliennes. 
> > Je pensais donc que cette société voulait m’acheter un bout de terrain, un peu comme un promoteur immobilier « du vert ». 
> > Deuxième surprise : la société envisageait effectivement d’implanter une éolienne chez moi, mais elle ne voulait « surtout pas » me déposséder de mes terres. Elle voulait seulement louer le terrain. Et cela, pour une somme absolument mirobolante : pour moi qui ai des revenus de 1500 euros par mois, on me proposait un loyer de 30 000 euros par an pour deux éoliennes implantées. Pendant 20 ans….30 000 qui tombent tous les ans et je participe à l’écologie nationale. Un rêve. 
> > La société a insisté pour que je signe « rapidement », car d’autres agriculteurs pouvaient être aussi intéressés. A 30 000 par an, je n’en doutais pas une seconde. 
> > Mais …je suis auvergnate, et par nature, méfiante. J’en ai discuté avec …ma grand-mère. Elle a hoché la tête, et elle m’a dit : « ils veulent payer 75 fois le prix de la terre sans la posséder ?, ici ? Là où nos terres ne valent pas grand-chose ? « … « Il y a un loup quelque part ». 
> > Alors j’ai cherché le loup. Et je l’ai trouvé en demandant un nouveau rendez-vous avec la société. Je leur ai demandé un contrat du bail. Et j’ai lu toutes les petites lignes. 
> > Et voici la question que je leur ai posée : au bout de 20 ans, que se passe-t-il ? 
> > Pas de réponse. Ou plutôt une réponse trèsss floue : on ne sera plus là, car on revend nos implantations à des entreprises étrangères (chinoises notamment). Mais la loi nous demande de prévoir le démantèlement de l’éolienne. Nous provisionnons 50 000 euros. 
> > Parce qu’au bout de 20 ans, une éolienne, elle est en fin de course.
> > OK. J’ai donc fait venir plusieurs entreprises spécialisées. Pour une éolienne de 200 mètres de haut, le coût minimum est de 450 000 euros par éolienne. A charge du propriétaire du terrain. 
> > Et s’il ne peut pas payer ? Comme il s’agit d’une éolienne industrielle, l’Etat se retourne contre le propriétaire, puis contre la commune. 
> > Je fais un rapide calcul : le projet d’ensemble comprend 7 éoliennes et ma commune 200 habitants. 
> > 450 000 x 7 = 3 millions 150 000 de dette. 
> > J’ai la tête qui tourne….j’ai le vertige face à une telle dette. 
> > Ça, c’était ma première découverte. Depuis, je suis allée de surprise en surprise. 
> > Tout d’abord, je me suis demandé pourquoi cette société voulait implanter des éoliennes dans un endroit où il y a si peu de vent. 
> > Réponses : en effet, il n’y a pas assez de vent. Qu’à cela ne tienne, nous allons construire des éoliennes beaucoup plus hautes. 200 mètres de haut. La taille de la tour Montparnasse. 
> > Fort bien. Pour des éoliennes qui ne tourneront que 25 % du temps. Pas très rentable…Alors, comment se fait-il que des fonds de pension s’intéressent tant à l’éolien en France ? 
> > Tout simple ! En France, une loi exige que l’énergie verte des éoliennes soit achetée en priorité deux fois le prix des autres énergies ( l’hydraulique, qui est pourtant totalement vert, n’a pas ce privilège ! )
> > Donc, c’est intéressant pour les investisseurs étrangers, sans doute en pleine complicité avec le gouvernement…car…qui paye cette différence ? 
> > NOUS ! Sur votre facture EDF, il y a une petite ligne qui indique que nous « participons au développement de l’énergie verte »…en fait, nous finançons des actionnaires étrangers. 
> > Ah oui ! Je ne vous ai pas tout dit ! Cette énergie est essentiellement destinée à être exportée. Donc pas du tout destinée à faire fermer les centrales nucléaires.
> > Ça, les actionnaires s’en fichent totalement. Moi pas. Je me suis livrée à un petit calcul : le développement de l’éolien en France va coûter 75 milliards d’Euros financés par nous-mêmes pour détruire nos paysages, notre tourisme, la valeur de nos biens immobiliers et nos parcelles cultivables ( qui ne le sont plus quand on dépose 1500 tonnes de béton dans le sol pour y placer la tour Montparnasse).
> > Avec cet argent, l’état pourrait redistribuer à chaque français une part pour isoler dignement son logement. Nous pourrions ainsi fermer 18 réacteurs nucléaires. Mais ça, ça ne rapporterait rien aux actionnaires. 
> > Pour finir, je tiens à préciser que je ne signe pas ce texte car j’ai reçu des menaces : 
> > - D’agriculteurs, qui souhaitent « rafler les 30 000 euros par an sans réfléchir »
> > - Des sociétés de l’éolien, qui, plus subtiles, me proposent des « compensations » contre mon silence. 
> > Faites circuler, et réfléchissez. Sous couvert de « vert », on nous prend pour des jambons.