samedi 17 juin 2017

Du recyclage de dirigeants syndicaux !

- On sait que la CFDT s'est empressée d'appeler à voter Macron ; nul doute qu'elle ne va pas tarder à être récompensée !
- Une trentaine d'élus de la CGT, dont Philippe Martinez, de façon moins explicite ont fait de même, au titre de l'antifascisme et "pour faire barrage à l'extrême droite" (cf. appel confédéral). Il faut aussi se rappeler que l'ex-secrétaire de la CGT, Thierry le Paon, l'homme au "train de vie peu syndical" était déjà au sein du gouvernement Hollande depuis juillet 2016, chargé de  mission contre l'illétrisme en vue de "la préfiguration d'une agence de la langue française pour la cohésion sociale" (?!)
- Et voici le summum avec la participation directe de FO dans le gouvernement Macron. Avec les défenseurs de l'indépendance syndicale (cf. Charte d'Amiens) au sein du ministère du travail ...plus que jamais, méfions-nous des collabos ! 

"Il n'est de sauveur suprême, ni César, ni tribun,
Travailleurs sauvons-nous nous-mêmes..."

> > > 16 Juin 2017
Publié par El Diablo

Stéphane Lardy, chargé de l’emploi et de la formation professionnelle à FO pendant neuf ans, devient directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud.
Représentants du patronat et de salariés seront donc réunis au ministère du Travail : après la nomination d’une ancienne DRH comme ministre (Muriel Pénicaud) et d’un ancien cadre du Medef comme directeur de cabinet (Antoine Foucher), le nom d'un ancien secrétaire confédéral de Force ouvrière, Stéphane Lardy, apparaît comme directeur adjoint de cabinet, rue de Grenelle.
Il a officié entre 2007 et 2016 sur les questions relatives à l’emploi et à la formation professionnelle. La nomination d’un ancien syndicaliste à ce niveau de responsabilité est rare, relève l’agence spécialisée AEF. Il s’agit donc d’une prise stratégique importante, dans la perspective des débats houleux prévus dans les semaines à venir au sujet de la loi travail II.
Décrit comme « un réformiste convaincu », Stéphane Lardy est, selon Michel Noblecourt du Monde, membre du Parti socialiste et a été un temps pressenti pour prendre la succession de Jean-Claude Mailly à la tête du syndicat.
Il rejoint donc une équipe qui faisait jusqu’alors la part belle aux personnalités issues du monde patronal. Selon l’AEF, il sera en charge de la formation professionnelle, grand chantier que souhaite ouvrir Emmanuel Macron, et de la pénibilité. Sur ce dernier sujet, Emmanuel Macron vient de confirmer qu’un « moratoire » sera prononcé sur le compte pénibilité.
L'an dernier, en plein mouvement contre la loi travail, Stéphane Lardy avait été nommé inspecteur général des affaires sociales, un « grand corps » de l’État qui s'occupe de la politique sociale (affaires sociales, santé, solidarité, emploi, travail, politique de la ville, formation professionnelle). Il a également été vice-président de Pôle emploi et membre du conseil d’administration de l’Unédic, de par ses fonctions syndicales.

lundi 12 juin 2017

Dis papa, t'y comprends quelqu'chose au jeu des élections ? Tais-toi et vote !



Ceux qui pensaient qu'après les élections présidentielles, les électeurs se mobiliseraient à nouveau aux élections législatives, soit pour donner plus de force au nouveau président élu, soit et surtout pour l'affaiblir en élisant des députés ayant un rôle d'équilibre, de contre-pouvoirs, ont tout faux...
Visiblement, « jouer aux élections », n'est pas si simple et c'est certainement pour çà que les enfants ne peuvent pas y jouer.
Mais moi, c'est comme pour les jeux de cartes, c'est pas parce que je ne pratique pas que je n'ai pas envie de connaître et comprendre les règles du jeu !
Donc merci de m'expliquer les règles du « Jeu des élections », j'aurais l'air moins con la prochaine fois que mes concitoyens y rejoueront.

En attendant, j'avoue que je m'attendais à ce que les joueurs arrivés dans le peloton de tête à la première étape des présidentielles soient également présents à l'arrivée de la première étape des législatives, d'autant qu'ils s'étaient désisté à la deuxième étape des présidentielles en ralliant l'équipe arrivée première pour battre celle arrivée seconde !
Déjà, là, j'avais pas bien pigé la règle ! Mais alors là, chapeau ! :
  1. L'équipe « La France en marche » sort gagnante du jeu bien qu'elle perde plus de 2 millions de voix par rapport au premier tour des présidentielles. Avec 32,32 % des voix de ceux qui se sont déplacés, elle va représenter en fait moins de 16 % des citoyens ! Quel drôle de jeu où moins j'ai de voix et plus j'ai de députés. Cà ressemble « A qui perd gagne ».
  2. L'équipe « La France insoumise » perd plus de 4,5 millions de voix par rapport au 1er tour des présidentielles ! Où sont donc passés tous ces insoumis qui après avoir critiqué la cinquième République et son régime présidentiel, ne se donnent pas les moyens de mettre des contre-pouvoirs en place en retournant à l'isoloir ?
Après avoir voté pour l'équipe Macron pour faire barrage à l'équipe Le Pen, combien de joueurs sont donc restés chez eux ? N'ayant plus envie de jouer ils sont retournés chez eux pour prendre un repos bien mérité pendant les cinq prochaines années !
Ils s'abstiennent quand ils devraient voter ! Et inversement d'ailleurs !
Va comprendre Charles ! Moi, j'y comprends rien à ce jeu des élections !
Un coup j'y vais, un coup je passe mon tour !
Un coup je vote pour mon camp, un coup pour le camp adverse....
En comptant les abstentions, blancs et nuls, on atteint le chiffre de plus de 52% !
Moi, çà ne me dérange pas que 52% des électeurs se soient abstenus, puisque les urnes ne sont que le cercueil des illusions. Le problème est que cette abstention massive n'a rien de politique et encore moins révolutionnaire. La grande majorité de ces abstentionnistes va également s'abstenir de toutes luttes dans les semaines et mois à venir !
Merci de me contredire en m'annonçant les prémisses d'un troisième tour social !

En définitive, dictature et fascisme sont là à nos portes, grâce aux élections. Quand plus personne ne pose la question de la légitimité d'un pouvoir absolu fort de 15% des voix du peuple, il est temps de faire exploser la machine à soumettre les femmes et les hommes !
Dans une semaine l'Assemblée nationale va être entièrement macronisée, au nom du renouveau de la politique. A croire que les centaines de députés sont issus d'une génération spontanée alors que l'on sait que pour l'essentiel ils sont issus des partis de gauche et de droite. Les voilà enfin réunis pour servir le grand capital ! De la même manière que l'argent, paraît-il, n'a pas d'odeur, la majorité présidentielle à venir n'a pas d'idéologie : elle est de tous les bords puisqu'elle oeuvre pour le bien commun, celui de ceux qui en ont...du bien !


Il est décidément grand temps d'en finir avec ce « Jeu des élections » : même ceux qui y jouent encore ont oublié leurs propres règles ! Mais me direz-vous, quand, depuis ses origines, un jeu se révèle être surtout un jeu de dupes, peut-on s étonner des résultats !

vendredi 9 juin 2017

Le Parlement européen vient de criminaliser le délit d’opinion !

Le Parlement européen vient de criminaliser le délit d’opinion !

Ce 1er juin le Parlement européen a voté, à une très large majorité, une nouvelle résolution sur l’antisémitisme qui criminalise une fois de plus le délit d'opinion, sous la pression des lobbies hyperactifs pro-israéliens. Il y a maintenant 50 ans, le 5 juin 1967, Israël lançait une offensive militaire de conquête aux conséquences dramatiques pour la paix mondiale, mais exige le silence !
Ils l’ont fait ! La seule instance démocratique européenne, le Parlement, vient de criminaliser le délit d’opinion. De la social-démocratie à l’extrême droite souverainiste et antisémite, tous les groupes ont voté en faveur d’une nouvelle résolution sur l’antisémitisme, à l’exception notable de la Gauche Unitaire Européenne et des Verts.
La résolution, par le biais du paragraphe 2, fait siens les critères proposés par la très sioniste International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) pour définir l’antisémitisme. Si celle-ci reconnaît que l’antisémitisme, c’est la haine du Juif en tant que juif, le paramètre de la définition ne s’arrête pas là : « Nier au peuple juif (sic) le droit à l’autodétermination, en prétendant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est une entreprise raciste » relèverait de l’antisémitisme. « Avoir deux poids deux mesures en demandant de l’Etat d’Israël un comportement que l’on attend ni ne demande de n’importe quelle autre nation démocratique (sic) ». Antisémitisme !
Le vote de cette résolution nous rappelle, qu’en France comme en Europe, "le droit à la critique d’Israël fait partie de la liberté d’expression politique en général, un acquis aussi précieux que fragile qu’il nous faut défendre à tout prix". Comme le souligne énergiquement l’UJFP (Union des Juifs Français pour la Paix).
Petit rappel sémantique :
- l’antisémitisme est un délit
- l’antisionisme est une opinion
Formulé vers la fin du XIXe l’antisémitisme désignait à l’origine le racisme à l’encontre des peuples sémites mais ne visera en réalité que les Juifs. La création d’un Etat juif (Israël), puis ses exactions permanentes : colonisation, racisme anti-arabe, apartheid, non respect du droit international, massacres, etc ... a amené de nombreuses voix dans le monde à dénoncer cette politique criminelle.
Celle-ci étant totalement indéfendable il fallait trouver comment faire taire ces voix à tout prix. Ce sera l’accusation d’antisémitisme dès lors qu’on osera critiquer le régime d’extrême droite israélien !
Ainsi, que ce soit en Israël même, chez les politiciens français ou dans les media, tout démocrate, tout humaniste, risque de se voir désormais traité d’antisémite par un lobby aux dents longues et sa propagande honteuse.
Cette dérive sémantique est tout à fait symbolique de l’utilisation qui est faite du sens des mots par ceux qui sont au pouvoir et qui tentent là de transformer systématiquement une opinion (critiquer la politique d’Israël) en un délit (l’antisémitisme). Ainsi le "délit d’opinion", propre des dictatures, s’est peu à peu infiltré dans la République.
Avec des conséquences :
- en parlant d’antisémitisme pour tout et n’importe quoi ils ont fini par en affaiblir le sens, et même le ridiculiser, tout en confortant les vrais antisémites
- le caractère obsessionnel de leur croisade, leurs propos souvent délirants, vont jusqu’à produire de fausses agressions antisémites !
- mais surtout cette chape de plomb prive les Français des informations et des prises de position qui leur permettraient de mieux comprendre la situation : l’horreur en Palestine, la guerre coloniale, le mouvement BDS, les résistants israéliens, la complicité des dirigeants français, leur soutien aux assassins, etc ...
Il semble, hélas, que dans la droite ligne de Valls, Macron et son mouvement En Marche sont décidés à céder eux aussi aux lobbies pro-israéliens. Ainsi deux candidats aux législatives viennent d’en être écartés pour avoir soutenu le mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et réclamé la séparation du CRIF et de l’Etat, ou demandé un embargo économique envers Israël.
Justement, ces élections doivent aussi être l’occasion pour les citoyens d’interpeller les candidats. S’engagent-ils à reconnaître enfin les droits des Palestiniens, à exiger le respect du droit international par Israël, à mettre au pas les lobbies et à nous rendre le droit d’exprimer notre opinion ?
Claire Vérilhac

mardi 6 juin 2017

Association des amies et amis de la Commune de Paris 1871


Association des amies et amis de la Commune de Paris 1871  >

copie de ce que nous avons adressé au journal MARIANNE en réponse à l'article de Yann Moix, (ci-dessous).
Notre réponse n'a pas été publiée dans le journal.




« Yann Moix ou le parti de la haine
Yann Moix est un écrivain de médias, qui préfère le buzz à la vérité, l’outrance à l’esprit critique, l’éructation à la démonstration. Dans le dernier numéro de Marianne, il se livre à un numéro éblouissant. Il invite solennellement le nouveau Président de la République à être « ferme ». Contre qui, direz-vous ? Les inégalités, les destructions d’emploi, les licenciements, la spéculation massive, la corruption, les emplois fictifs, les paradis fiscaux, le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie, l’islamophobie ? Pas du tout. Le scandale, c’est le laisser-aller des pouvoirs face aux « huées des sans-culottes », au « chaos » des récriminations, à la « foule » qui déshonore le « peuple ». En bref, l’ennemi est du côté de « la France haineuse », de « l’extrême gauche » et de sa « toxicité ». Et d’où vient ce mal absolu ? L’évidence éclate alors : le ver est dans le fruit depuis 1793 et, plus encore, depuis la Commune de Paris, en cette année 1871 où « l’immense majorité des Parisiens était prise en otage par la folie rouge ».
En une « Semaine sanglante », dans un doux mois de mai, les troupes gouvernementales de Versailles firent couler à flots le sang des communards parisiens, fusillèrent, arrêtèrent, déportèrent, contraignirent à l’exil des dizaines de milliers de femmes et d’hommes. Pourtant la haine et la rancœur, semble-t-il, furent l’apanage des victimes et pas celle des bourreaux. Le peuple de Paris commit, il est vrai, une faute irréparable : il voulut d’une République, mais pas de celle des notables. Il fit de la Marianne son symbole, mais estima qu’elle ne pouvait être elle-même que si elle était sociale. Il rêvait d’une chose toute simple, qui n’existait pas alors et que nous cherchons encore : un pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. Les communards prenaient au sérieux la trinité de l’égalité, de la liberté et de la fraternité. Ils imaginaient qu’elle pouvait quitter les frontons officiels et se glisser dans la cité, dans le monde du travail, dans la culture et dans l’éducation. Criminelle impertinence…
Comment peut-on aujourd’hui rabâcher sans relâche ces contes à faire peur aux enfants ? Des dizaines de livres, des centaines d’articles ont été écrits pour sortir la Commune de l’ignorance, de l’approximation et de la sottise. Peine perdue : pour Yann Moix, les procureurs de Versailles, seuls, sont les dépositaires de la vérité. Il fallut attendre cent-quarante-cinq ans pour que l’Assemblée nationale, enfin, décide que les acteurs de la Commune devaient être réhabilités. Une majorité de députés l’a fait, le 29 novembre dernier, ajoutant que la représentation nationale souhaitait que l’action et les valeurs de la Commune soient mieux connues et reconnues par la nation. À lire les propos accueillis cette semaine par Marianne, on se dit que ce parti pris est décidément le bienvenu, tant l’ignorance et la caricature restent de saison.
La Commune de Paris n’a pas à être enjolivée, pas plus qu’elle ne peut être vilipendée. Il suffit de dire ce qu’elle a été, dans sa diversité, son foisonnement, ses hésitations et même ses contradictions. Elle ne donne pas de leçons toutes faites. Elle ne se copie surtout pas. Nous ne sommes pas au XIXe, mais au XXIe siècle. À sa manière, la Commune innova et, si nous voulons la suivre, nous devrons innover à notre tour. Mais elle nous laisse un état d’esprit, une soif de justice, de démocratie directe, de laïcité, un sens de la chose publique, toutes choses qui, presque cent-cinquante ans plus tard, restent d’une incroyable modernité.
Que cela dérange Yann Moix est son affaire. Mais qu’il le dise franchement, au lieu de nous épuiser par ses poncifs. Il y a très longtemps, d’autres ont tenu des propos analogues aux siens. Beaucoup sont oubliés aujourd’hui. Sera-ce le cas de Monsieur Moix ? On peut en faire le pari…
Roger Martelli (Historien, Association des amies et amis de la Commune de Paris 1871) »

lundi 29 mai 2017

La Commune a 146 ans...

La mémoire de la Commune ou l’histoire écrite par les vainqueursLa mémoire de la Commune ou l’histoire
                        écrite par les vainqueurs

Programmes scolaires et publications grand public : persistance de la mémoire négative de la Commune
Cette mémoire décline progressivement après 1945. Dans le panthéon communiste, la Commune est peu à peu remplacée par la mémoire de l’engagement dans la Résistance du « parti des 75 000 fusillés. » Le nombre de participants à la montée au Mur décroit rapidement : 60 000 en 1945, 16 000 en 1949, 3000 en 1959. La Commune semble perdre de l’importance dans l’appareil de références de la gauche, au profit de l’antifascisme du Front populaire et de la Résistance.
La mémoire hostile à la Commune, elle, perdure bel et bien. L’événement occupe une place très réduite dans les programmes scolaires, à tel point que nombre de gens n’entendent réellement parler de 1871 qu’après le baccalauréat, au cours des études supérieures ou au détour de lectures personnelles. Du côté des publications grand public, le bilan est pire encore. Si les travaux universitaires (notamment ceux de Jacques Rougerie et de Robert Tombs, qui se sont efforcés de faire paraître des synthèses accessibles à tous) sont généralement plutôt bienveillants à l’égard de la Commune, il n’en va pas de même pour les ouvrages de vulgarisation historique souvent rédigés par des éditorialistes en mal de notoriété et cherchant à se prévaloir d’un certain verni culturel. Evoquons quelques exemples (relevés par Eric Fournier, dans La Commune n’est pas morte, 2013). Dans son best-seller Métronome, qui propose une promenade historique à travers Paris, le comédien Lorànt Deutsch nous livre une illustration saisissante de la permanence de la mémoire versaillaise, réduisant la Commune à acte de vandalisme, se scandalisant de la destruction de la colonne de la Bastille par les communards. Un discours qui fait écho au mythe des pétroleuses. Répandu à la fin du XIXe siècle, il met en scène des femmes accusées d’avoir allumé des incendies partout dans Paris, et mêle ainsi crainte et haine du peuple et plus particulièrement des femmes. Dans Historiquement correct (2003, vendu à 120 000 exemplaires), Jean Sévilla décrit la Commune comme « soixante-douze jours d’anarchie au cours desquels un pouvoir insurrectionnel a régné par la terreur sur la capitale. » Et Sévilla d’évoquer à plusieurs reprises l’alcoolisme supposé des communards : « L’absinthe dont la consommation a augmenté de 500% fait des ravages. C’est dans une atmosphère enivrée et enfumée que les adhérents des clubs discutent jusqu’à l’aube de la révolution sociale. » Le propos n’est pas neuf. Paul de Saint Victor écrit ainsi, en 1871, que « l’ivrognerie était l’élément de cette révolution crapuleuse. Une vapeur d’alcool flottait sur l’effervescence de la plèbe. La bouteille fut l’un des instruments du règne de la Commune. »
Le discours de Sévilla, comme celui tenu il y a quelques jours par Yann Moix dans les colonnes de Marianne, pourrait avoir été écrit presque mot pour mot par quelque écrivain réactionnaire au lendemain de la Commune. Il illustre une étonnante permanence du discours hostile à l’événement. Un discours qui fait fi de toute réalité historique. Un discours que, malheureusement, il faut encore combattre sans relâche. Un discours qui témoigne d’une peur presque panique du peuple et de son intrusion sur la scène politique. Peur qui continue de hanter, depuis plus d’un siècle, les élites oligarchiques.
Il ne s’agit pas ici d’idéaliser la Commune, expérience faite d’hésitations, de tâtonnements, d’erreurs parfois. La Commune fut motivée par le rejet du monarchisme et de la capitulation face à la Prusse. Elle tenta, en l’espace de deux mois, de poursuivre et d’achever la Révolution française : moratoire sur les dettes, réquisition des ateliers abandonnés au profit des coopératives ouvrières, interdiction du travail de nuit dans les boulangeries, élection des fonctionnaires… La Commune fut, en définitive, une tentative de réalisation de la république sociale que Jaurès, quelques années plus tard, appela de ses voeux.
Crédits photos  :
  • Ernest Pichio, Le Triomphe de l’ordre, lithographie, 1875, Wikimedia Commons.
  • L’Humanité, 30 mai 1926, Gallica.

Pour aller plus loin :
Synthèses sur la Commune :
ROUGERIE Jacques, La Commune de 1871, PUF, 1988.
TOMBS Robert, Paris, bivouac des révolutions. La Commune de 1871, Libertalia, 2014.
Mémoire de la Commune :
FOURNIER Eric, La Commune n’est pas morte. Les usages politiques du passé de 1871 à nos jours, Paris, Libertalia, 2014.
REBERIOUX Madeleine, « Le mur des Fédérés », dans NORA Pierre (dir.), Les Lieux de mémoire, Paris, Gallimard, 1984, vol. I
TARTAKOWSKY Danielle, Nous irons chanter sur vos tombes. Le Père-Lachaise, XIXe et XXe siècles, Paris, Aubier, 1999.