samedi 29 décembre 2018

retour aux sources révolutionnaires du RIC




Les débats des gilets jaunes portent sur un projet de Referendum d’initiative citoyenne (RIC). Il est alors utile de signaler que le premier projet de ce genre a été élaboré il y a quelques 225 ans par la Convention nationale et adopté par le vote de millions de citoyens, avec la première Constitution républicaine, en juillet-août 1793.
Les députés à la Convention avaient décidé (septembre 1792) que la France serait désormais une République. Ensuite, écartant tout compromis, ils avaient jugé pour trahison et fait exécuter le roi (janvier 1793). Il était donc clair que le peuple était désormais le seul souverain admis. Au printemps 1793, un vaste débat a lieu pour définir la forme qu’aura le nouvel État républicain. Ce débat a lieu à la Convention mais aussi dans les sociétés populaires locales et les clubs, dans tout le pays. Des centaines de projets sont imprimés sur financement public et largement diffusés.
Le caractère massif et la durée exceptionnelle de la Révolution française, de 1789 à 1799, s’expliquent en bonne partie par la multiplicité et l’intensité de toutes les formes de vote et d’élection qui y ont été pratiquées (1). Depuis les assemblées locales du tiers-état de 1789 qui ont rédigé leurs cahiers de doléances, ce sont des assemblées régulières de citoyens qui ont, sous des formes très diverses, élu aussi bien toutes les administrations, les juges de tous niveaux, les directeurs des postes, les commissaires de police, les officiers de la garde nationale ou les syndics des gens de mer… et bien sûr les députés. Au total, peut-être un million de fonctionnaires publics.
La discussion sur la nouvelle Constitution brasse donc des expériences récentes. Les gens de l’époque considèrent très majoritairement que, pour décider, pour élire, pour se prononcer, le peuple doit s’assembler. En termes d’époque, là où des hommes ne délibèrent pas ensemble, il n’y a point de vœu commun… C’est là une façon de raisonner que nous n’avons conservée que dans nos associations, mais elle était admise par des millions de gens. Parallèlement, à partir de l’adoption des cahiers de doléances, l’idée de mettre les revendications par écrit était restée très vivante : chaque fois que les citoyens s’assemblaient, ils avaient tendance à reprendre la parole et la plume et les assemblées de citoyens devenaient plus permanentes chaque fois qu’une crise de ravitaillement, une offensive militaire ou une rumeur menaçante les menaçaient.
L’élection de la Convention, en août septembre 1792, s’est faite dans un puissant mouvement collectif mais masque une contradiction fondamentale. L’immense majorité de cette assemblée se considère comme formée de représentants du peuple, investis des pleins pouvoirs. Ceux qui se considèrent comme des démocrates, chargés de mandats impératifs, révocables, sont très rares. Si la majorité veut construire un régime purement représentatif, où les représentants auront toute la responsabilité du pouvoir, les minoritaires cherchent au contraire, de la fin 1792 au printemps 1793 à inclure dans la Constitution des pouvoirs exercés directement par le peuple, puisque ce dernier est capable de se réunir dans ses propres assemblées. Une forme de recours à ce que nous appelons démocratie directe apparaît donc sous le terme d’époque de vote populaire, un vote qui est décisoire et direct. Toutes sortes de sujets sont concernés, jusqu’à la loi du 10 juin 1793 sur le partage des communaux qui est la première (et sera la seule) à donner le droit de vote (et ici de partage) aux femmes.
Ce débat sur le vote direct des citoyens reste politiquement marginal jusqu’à ce que vienne au premier plan un conflit bien plus brûlant, celui sur la façon de mener à bien la guerre qui s’est généralisée. Deux courants s’affrontent alors, Girondins et Montagnards, et les seconds n’ont pas d’autre choix que de s’appuyer sur les sans-culottes des sections de Paris. L’issue en est l’insurrection parisienne des 31 mai – 2 juin 1793, qui marginalise les dirigeants Girondins ; une nouvelle majorité se forme où le point de vue démocratique est mieux représenté. D’où un compromis sur la rédaction de la Constitution : le futur régime devra combiner la représentation avec la possibilité pour les citoyens de trancher directement les choix majeurs. C’est le sens du texte adopté par la Convention les 23 et 24 juin et qui sera ensuite soumis au vote populaire en juillet août – en pleine guerre étrangère et alors que la guerre civile menace de partout. Discuté et amendé par d’excellents juristes, ce texte de compromis entre gouvernement représentatif et ce qu’on appelle alors démocratie se veut un pas vers le gouvernement direct du peuple par lui même. Et c’est dans ce cadre que sont adoptées les modalités qui se rapprochent – ô combien – des projets de RIC.
L’Acte constitutionnel fixe les conditions requises pour exercer la citoyenneté, qui est ouverte à tous ceux qui résident sur le territoire et participent à la vie sociale, quelle que soit leur nationalité. Il adopte pour la première fois l’élection directe des députés dans des circonscriptions territoriales de 39 à 41 000 votants, procédure proche de notre « vote d’arrondissement », individuel et direct. Le travail des futurs parlementaires, élus pour un an seulement, sera cependant contrôlé par un mécanisme démocratique. A cet effet, il est précisé que les assemblées primaires (cantonales) ont une fonction délibérative. Dans la Déclaration des droits arrêtée le 23 juin, l’article 26 donne une définition essentielle : Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier ; mais chaque section du souverain assemblé doit jouir du droit d’exprimer sa volonté avec une entière liberté. Dans l’Acte constitutionnel arrêté le 24 juin, il est parfaitement clair, dés l’article 2, que Le peuple français est distribué, pour l’exercice de sa souveraineté, en Assemblées primaires de canton, et que – par l’article 10 – Il délibère sur les lois.
De ce fait, si l’Assemblée nationale peut adopter des décrets sur des points ponctuels, particuliers ou urgents, ces décrets sont soigneusement distingués des projets de lois, de portée générale, qui, eux, seront soumis à l’approbation ou à l’improbation des assemblées primaires. Logiquement, ce système n’organise que leur improbation. En pratique, elles devront s’autoconvoquer, selon des modalités bien définies, avec des taux de participation exigés pour que leur convocation soit valable comme pour que la validité de leurs votes soit admise. Contre l’avis qui avait été formulé en séance par Robespierre, le texte final laisse donc aux assemblées primaires la possibilité de se réunir extraordinairement sur la demande d’un cinquième de leurs membres, quitte à ne pouvoir délibérer valablement que si la moitié plus un de leurs membres inscrits sont présents  art. 34 à 36). C’est là une méthode de quorum que la Convention avait déjà adoptée à d’autres occasions. L’improbation d’un projet de loi doit avoir lieu dans un délai de 40 jours après son adoption par le législateur, et ce dans la moitié plus un des départements, par un dixième des assemblées primaires de chacun d’entre eux. Au cas où un projet serait ainsi rejeté, c’est alors à l’ensemble de ces assemblées, dûment convoquées par la représentation nationale, qu’il reviendrait de trancher (art. 19-20, 56-60).
Mais les assemblées primaires peuvent également s’auto convoquer, selon les mêmes modalités et aux mêmes conditions de quorum, pour proposer, à un moment quelconque et sans délai particulier, de modifier la Constitution, en réclamant la convocation extraordinaire d’une convention, à laquelle la Représentation nationale est alors tenue (art. 115-117). La fonction délibérative des assemblées primaires existe donc nettement, non pas seulement comme une forme restreinte à 40 jours, pour une difficile « censure populaire« , mais aussi comme un mécanisme réel de révision qui supposerait lui-même la nécessité de mener une « campagne » dans le pays pour réunir le nombre nécessaire de votes d’assemblées primaires. On comprend que cette possibilité a polarisé des débats parmi les conventionnels, qui étaient de bon juristes et des praticiens du vote.
Le vote local des citoyens sur les lois a donc été pensé comme un compromis entre représentation et démocratie, aux sens de l’époque. Les termes en sont d’ailleurs remis en débat dans des centaines d’exemples lors du vote populaire sur l’adoption de cette Constitution, en juillet-août 1793, lorsque des assemblées primaires de toutes couleurs politiques affirment leur droit d’user de leur portion de souveraineté.
L’Acte constitutionnel de 1793 représentait donc un sérieux élargissement des droits politiques, dont les femmes restaient cependant exclues ; il n’allait pas non plus jusqu’à reconnaître des droits sociaux, comme celui au travail ou à l’assistance, le projet de Déclaration des droits élaboré par Robespierre n’ayant pas non plus été retenu, mais il conservait le référendum d’initiative citoyenne.
La Constitution ainsi adoptée par le vote populaire sera très largement diffusée pendant des années, sans jamais être mise en application, mais elle deviendra une référence majeure des républicains radicaux au 19e siècle. Il est tout à fait normal qu’elle réapparaisse dans le débat démocratique sur le RIC.
(1) ABERDAM, S., BIANCHI S., GAINOT, B. et autre  (ouvrage collectif), Voter, élire pendant la Révolution française, 1789-1799. Guide pour la recherche, seconde éd. revue et augmentée, Paris, CTHS 2006, 494 p.
Jean-Baptiste Salle, député girondin, Rapport pour la commission des six chargée de l’examen des projets de constitution, 15 mai 1793.
Serge Aberdam, 20 décembre 2018

jeudi 27 décembre 2018

L'Etat blesse, l'Etat tue

Recensement provisoire des blessés des manifestations du mois de novembre-décembre 2018
mercredi 26 décembre 2018 - 10h34 -
Nous dressons ici un bilan non exhaustif des blessures graves occasionnées depuis le 24 novembre 2018 à l’occasion des manifestations de gilets jaunes et lycéennes. Nous n’avons répertorié que les blessures ayant entraîné des fractures des os, la perte totale ou partielle de membres ou l’incrustation dans les chairs d’éclats de grenade. Nous appelons toutes les personnes concernées à nous apporter des précisions et à rectifier notre article en cas d’erreur ou d’oubli. Par ailleurs, nous invitons toute personne blessée à nous contacter pour s’organiser ensemble sur les suites juridiques, le combat contre les armes et la rencontre entre les personnes blessées. Notre contact : desarmons-les@riseup.net / 07.58.67.20.60

  1. ZINEB REDOUANE, 80 ans, a été tuée par une grenade lacrymogène reçue en plein visage à Marseille le 1er décembre 2018.
  2. JEROME H. a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 24 novembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI.
  3. PATRICK, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 24 novembre 2018.
  4. ANTONIO B., 40 ans, vivant à Pimprez, a été gravement blessé au pied par une grenade GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  5. GABRIEL, 21 ans, apprenti chaudronnier vivant dans la Sarthe, a eu la main arrachée par une grenade GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018.
  6. XAVIER E., 34 ans, vivant à Villefranche sur Saône, a eu une fracture de la mâchoire, du palais, du plancher de l’orbite, de la pommette, plusieurs dents cassées et la lèvre coupée par un tir de LBD 40 à Villefranche sur Saône le 24 novembre 2018.
  7. SIEGFRIED, 33 ans, vivant près d’Epernay, a été gravement blessé à la main par une grenade GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018.
  8. MAXIME W., a été brûlé à la main et a perdu définitivement l’audition à cause d’une grenade GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018.
  9. CEDRIC P., apprenti carreleur vivant à la Possession (Réunion), a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 à la Possession le 27 novembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI
  10. FRANCK D., 19 ans, a perdu son oeil à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 1er décembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI.
  11. GUY B., 60 ans, a eu la mâchoire fracturée par un tir de LBD 40 à Bordeaux le 1er décembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI.
  12. AYHAN, 50 ans, technicien Sanofi vivant à Joué-les-Tours, a eu la main arrachée par une grenade GLI F4 à Tours le 1er décembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  13. BENOIT, 29 ans, a été gravement blessé à la tempe (œdème cérébral) par un tir de LBD 40 à Toulouse le 1er décembre 2018. Il a été placé en coma artificiel. MAJ : il est sorti du coma après 20 jours, le 21 décembre 2018.
  14. MEHDI, 21 ans, a été gravement blessé lors d’un passage à tabac à Paris le 1er décembre 2018.
  15. MAXIME I., 40 ans, a eu une double fracture de la mâchoire à cause d’un tir de LBD 40 à Avignon le 1er décembre 2018.
  16. FREDERIC R., 35 ans, a eu la main arrachée par une grenade GLI F4 le 1er décembre 2018 à Bordeaux.
  17. CHRISTOPHE L. a eu le nez fracturé et le front ouvert par un jet de CANON A EAU le 1er décembre 2018 à Paris.
  18. LIONEL J., 33 ans, a été blessé à la tempe (7 points de suture + 1 plan sous-cutané) par un tir de LBD 40 le 1er décembre 2018 à Paris.
  19. KEVIN P. a été brûlé au second degré profond à la main gauche (15 jours d’ITT) par une capsule de gaz lacrymogène le 1er décembre 2018 à Paris.
  20. MATHILDE M., 22 ans, a été blessée à l’oreille (25 points de suture, acouphènes, lésions internes légères avec troubles de l’équilibre) par un tir de LBD 40 à Tours le 1er décembre 2018.
  21. DORIANA, 16 ans, lycéenne vivant à Grenoble, a eu le menton fracturé et deux dents cassées par un tir de LBD 40 à Grenoble le 3 décembre 2018.
  22. ISSAM, 17 ans, lycéen vivant à Garges les Gonesse, a eu la mâchoire fracturée par un tir de LBD 40 à Garges-les-Gonesse le 5 décembre 2018.
  23. OUMAR, 16 ans, lycéen vivant à Saint Jean de Braye, a eu le front fracturé par un tir de LBD 40 à Saint Jean de Braye le 5 décembre 2018.
  24. JEAN-PHILIPPE L., 16 ans, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 le 6 décembre 2018 à Bézier.
  25. RAMY, 15 ans vivant à Vénissieux, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 ou une grenade de désencerclement à Lyon le 6 décembre 2018.
  26. ANTONIN, 15 ans, a eu la mâchoire et la mandibule fracturées par un tir de LBD 40 à Dijon le 8 décembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI.
  27. THOMAS, 20 ans, étudiant vivant à Nîmes, a eu le sinus fracturé par un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  28. DAVID, tailleur de pierre vivant en région parisienne, a eu la maxillaire fracturée et la lèvre arrachée par un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  29. FIORINA L., 20 ans, étudiante vivant à Amiens, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD à Paris le 8 décembre 2018.
  30. ANTOINE B., 26 ans, a eu la main arrachée par une grenade GLI F4 à Bordeaux le 8 décembre 2018.
  31. JEAN-MARC M., 41 ans, horticulteur vivant à Saint-Georges d’Oléron, a perdu son œil droit à cause d’un tir de LBD 40 à Bordeaux le 8 décembre 2018.
  32. ANTOINE C., 25 ans, graphiste freelance vivant à Paris, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  33. CONSTANT, 43 ans, technico-commercial au chômage vivant à Bayeux, a eu le nez fracturé par un tir de LBD 40 à Mondeville le 8 décembre 2018.
  34. CLEMENT F., 17 ans, a été blessé à la joue par un tir de LBD 40 à Bordeaux le 8 décembre 2018.
  35. NICOLAS C., 38 ans, a eu la main gauche fracturée par un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018.
  36. YANN, a eu le tibia fracturé par un tir de LBD 40 à Toulouse le 8 décembre 2018.
  37. PHILIPPE S., a été gravement blessé aux côtes, avec hémorragie interne et fracture de la rate par un tir de LBD à Nantes le 8 décembre 2018
  38. ALEXANDRE F., 37 ans, a perdu son œil droit à cause d’un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  39. MARIEN, 27 ans, a eu une double fracture de la main droite à cause d’un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Bordeaux.
  40. FABIEN, a eu la pommette fendue et le nez fracturé par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  41. EMERIC S., 22 ans, a eu le poignet fracturé avec déplacement du cubitus par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  42. HICHEM B. a eu la main gauche fracturée par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  43. HANNIBAL V. a été blessé à l’œil par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  44. MANON M. a eu le pied (2ème métatarse) fracturé par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Nantes.
  45. ALEXANDRA a été blessée à l’arrière de la tête par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  46. MARTIN C. a été blessé à proximité de l’œil par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Marseille.
  47. GUILLAUME P., a eu une fracture ouverte de la main avec arrachement des tendons à cause d’un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Nantes.
  48. AXELLE M., 28 ans, a eu la mâchoire fracturée et des dents cassées par tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  49. VANESSA L., 33 ans, a eu l’orbite de l’œil fracturée par un tir de LBD 40 le 15 décembre 2018 à Paris.
  50. ETIENNE K., a eu une triple fracture de la mandibule gauche à cause d’un tir de LBD 40 le 15 décembre 2018 à Paris.
  51. LOLA V., 18 ans, a eu une triple fracture de la mâchoire, des dents cassées et la joue ouverte le 18 décembre 2018 à Biarritz. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
 Notre décompte provisoire des mutilations définitives établit donc le bilan suivant :
  • 1 personne a été tuée (grenade lacrymogène)
  • 4 personnes ont eu la main arrachée (grenades GLI F4)
  • 10 personnes ont été éborgnées (balles de LBD 40)
  • 1 personne a perdu définitivement l’audition (gre

lundi 24 décembre 2018

Légitime violence

En 10 ans 47 décès dus aux violences policières et aucun fonctionnaire en prison !
A LA VIOLENCE POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIALE DE L'ETAT, LE PEUPLE REPOND PAR LA LEGITIME DEFENSE







mardi 18 décembre 2018

L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » !




L’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par anaux finances publiques, soit 3 % du produit intérieur brut (PIB). Ces prestations contribuent de façon décisive à réduire la pauvreté et les inégalités.
Face à cela, le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales, et de l’ordre de 250 à 300 milliards au moins en incluant ces deux derniers coûts, comme le développait un billet de blog récent. Avec comme impact certain un creusement des inégalités et en particulier un enrichissement devenu indécent des très riches : les 500 individus les plus riches gagnent en moyenne 1 670 fois plus que la moyenne des plus pauvres. Je précise : 1 670 fois plus, après impôts.
On peut retenir trois grands postes de « cadeaux » aux plus riches. Chacun d’eux a été développé et amplifié par étapes depuis le milieu des années 1980. C’est aussi depuis ce moment que les inégalités, qui avaient nettement reculé depuis 1900 et au cours des « Trente Glorieuses », ont repris une tendance à la hausse. 
Cette dernière s’est certes avérée moins forte qu’aux Etats-Unis, mais elle est néanmoins nette, comme l’indique entre autres constats l’évolution de la part du revenu des ménages « accaparée » par les 1 % les plus riches.

Niches fiscales et niches sociales :

Le premier des principaux postes de « coûts de l’assistance aux riches » est constitué des niches fiscales et des « niches sociales » (réductions ou exonérations de cotisations sociales). Certaines répondent à des objectifs d’intérêt général, comme les réductions d’impôt pour les dons aux associations ou pour des travaux d’isolation. D’autres bénéficient avant tout aux personnes plus riches et ne peuvent pas être considérées comme justes. D’autres vont aux entreprises, comme des crédits d’impôt ou des exonérations de cotisations sociales. Ces dernières sont le plus souvent défendues au nom de l’intérêt général (l’investissement, l’emploi, etc.) mais quand elles remplissent mal, ou pas du tout, ces missions, elles ne font que grossir les bénéfices non réinvestis et les dividendes et, in fine, c’est principalement dans la poche des riches qu’on les retrouve.
Un rapport parlementaire de 2010estimait que les « niches » accordées depuis 2000 représentaient un total de 100 à 120 milliards d’euros de pertes de recettes fiscales à la fin de cette décennie. Si on y ajoute les gros morceaux ajoutés en 2014, lec d’impôt compétitivité emploi (Cice) et le pacte dit de responsabilité, on doit approcher les 150 milliards  d’euros de niches fiscales. Il faut y ajouter les « niches sociales », estimées par Le Monde à 52 milliards de coût pour la Sécu. Si on estime, en étant « modestes », que la moitié des quelque 200 milliards de niches fiscales et sociales relève de l’intérêt général, le reste est du cadeau sans contrepartie.

Une fiscalité de plus en plus douce :

Le deuxième gros poste correspond à la forte baisse de la fiscalité des plus riches et des entreprises depuis une trentaine d’années. On peut estimer à 50 milliards d’euros au moins (voir ici ) le cadeau fiscal accordé aux riches, par rapport aux taux, seuils et tranches qui existaient encore au milieu des années 1980, pour l’impôt sur le revenu et pour l’impôt sur les sociétés, et par rapport aux normes de 2000 pour l’impôt sur les successions et donations.
A ce stade, le montant atteint 150 milliards d’euros de coûts publics de l’assistance aux riches, plus de deux fois les aides sociales destinées aux plus pauvres et précaires. Mais il reste une troisième rubrique, qui concerne l’évasion fiscale et la fraude fiscales, qu’il semble légitime d’assimiler à des « cadeaux » aux plus riches dans la mesure où il est certain que des politiques publiques déterminées pourraient mettre fin à – ou réduire dans de fortes proportions – ce que certain.e.s militant.e.s nomment « du vol en bande organisée ».

Au moins 100 à 150 milliards par an :

La fraude fiscale « nationale » peut se distinguer de l’évasion, bien qu’une bonne partie de l’évasion fiscale à l’étranger soit frauduleuse. Pour la seule évasion à l’étranger, les estimations prudentes la situent généralement entre 60 et 80 milliards d’euros par an.
Dans un billet de juin 2017 qui s’appuyait sur une expertise de Gérard Gourguechon, je posais la question : « Fraude et évasion fiscale en France : 200 milliards par an ?1 Sur cette base, on peut estimer que le coût annuel de l’évasion et de la fraude fiscales est compris entre 100 et 150 milliards par an, sans être excessif.
Emmanuel Macron prétend qu’il n’y a pas d’argent magique, mais il semble bien que la magie opère quand il s’agit d’argent allant vers le haut.
20/06/2018

Jean GadreyProfesseur honoraire d'économie à l'Université Lille 


mercredi 12 décembre 2018

Des professeurs de philosophie solidaires du soulèvement populaire en gilet jaune!

Depuis plusieurs semaines, un collectif de citoyens a pris corps et a engagé des actions inédites, sur tout le territoire. Inlassablement, certains médias présentent les Gilets jaunes comme des gens frustes, insensibles aux arguments rationnels, rétifs aux exigences environnementales, des individus dénués de perspective et de cervelle.
Professeurs de philosophie et militants syndicaux de terrain, nous récusons cette caricature inspirée par un mépris de classe à l’encontre de femmes et d’hommes qui se dressent contre la maltraitance sociale, économique, mais aussi politique et culturelle dont ils sont la cible.
A leurs côtés nous dénonçons l’injustice fiscale qui consiste à gaver de cadeaux fiscaux les grandes fortunes, le CAC-40 et les grands actionnaires pendant que les classes populaires et moyennes sont accablées d’impôts indirects (50% des recettes fiscales proviennent de la TVA) frappant sans discrimination, les riches et les pauvres, dont certains sont étudiants ou retraités.
A leur côtés, nous dénonçons l’écrasement continu des revenus du travail, salaires, pensions, indemnisation du chômage, remboursement des soins médicaux, désindexation des salaires et des pensions par rapport aux prix, nous refusons l’abaissement constant de la protection sociale (casse du Code du travail, des statuts publics, des conventions collectives, de la valeur des diplômes nationaux, recul incessant de l’âge de la retraite, casse de la solidarité entre générations au bénéfice d’assurances privées, déremboursements médicaux...), nous condamnons
l’asphyxie des services publics, Education nationale, hôpital public, Equipement, SNCF, EDF, Air-France, les privatisations (autoroutes, aéroports, office des forêts...) et les délocalisations qui, jouant sur la concurrence sociale entre les Etats, aboutissent à détruire les productions nationales, et avec elles, le lien social et l’égalité entre les territoires. Et nous sommes scandalisés que l’on puisse couvrir de la référence à l’Europe des lumières une intégration européenne néolibérale entièrement dominée par le capital et la finance inspirant au gouvernement français cette politique.
Nous aussi, en tant que fonctionnaires sans cesse stigmatisés  par les pouvoirs successifs, en tant qu’enseignants soumis à des conditions de travail souvent impossibles, en tant que professeurs de terminale refusant la casse du bac national et l’accentuation de la sélection sociale à l’Université aggravée par Parcoursup, en tant que professeurs de philosophie constatant que la contre-réforme du lycée sape les conditions d’existence de notre discipline et de son apport déterminant à la formation civique de la jeunesse tout particulièrement dans la voie technologique, nous sommes partie prenante de la grande insurrection citoyenne des classes populaires et moyennes, que rejoignent rapidement nombre de lycéens et de travailleurs engageant la lutte à partir de leur entreprise.
Nous disons que ce qui bloque notre pays et qui contribue à faire monter un climat d’exaspération et de violence, c’est principalement l’injustice sociale et le viol méthodique par nos gouvernants des aspirations majoritaires à une vie digne pour toutes et tous, le refus des élites de faire de véritables réformes démocratiques et sociales.
Alors, face à un pouvoir arrogant qui ne veut pas dévier de sa feuille de route dictée par les politiques européennes d’austérité et par le MEDEF (après la casse de la SNCF et du Code du travail, arrivent à l’agenda la casse du statut de la fonction publique et la retraite à points, cette machine à appauvrir les retraités), nous sommes solidaires et agissants aux côtés de nos concitoyens insurgés pour le droit inaliénable de vivre une vie digne de l’être humain, pour une véritable République sociale, authentiquement respectueuse des urgences écologiques et faisant vivre
dans les faits, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

* liste des 29 premiers signataires :
- Bruno Amilhaud, Julie Bage, Emmanuel Bernier, Mikaël Bohuon, Alix de Borville, Jacques Cappelle, Jean-Pierre Carlet, Catherine Cazenave, Patrice Choumille, Camille Combes-Lafitte, Jean-François Dejours, Florence Dursapt, Colette Fouilloud, Georges Gastaud, Pascale Gillot, Eric Hassenteufel, Alix Héricord, Jacques Hoarau, Elisabeth Leméteil, Frédéric Le Plaine, Claire Noble, Carine Paley, Marc Pavlopoulos, Julien Perbost (non syndiqué), Grégoire Perra, Gabriel Provost, Sylvie Puech-Ranc, Cristina Stoianovici, Christine Van Geen.

vendredi 7 décembre 2018

Résistance !


Non ce n'est pas une photo montrant la police française en 1940 arrêtant
des résistants MAIS aujourd'hui la même police arrêtant et humiliant des
lycéens revendiquant un meilleur avenir...
De la même manière que pour les Gilets jaunes l'Etat criminalise toute contestation...
Cà sent le sapin ou la dictature...Au choix !
Tout dépend de notre résistance.
A bas l'Etat !