jeudi 17 mai 2012

Effacer Fukushima



Les faits présentés ci-dessous sont réels. Ils ont servi et servent à atténuer l?impact d?informations dramatiques sur l?industrie nucléaire, voire à faire oublier aux hommes qu?une catastrophe de grande ampleur a lieu sur la Terre, celle qui a commencé il y a un an à Fukushima.
Toutes les astuces utilisées pour cacher les données, pour minimiser les dangers, pour éviter de reconnaître les responsabilités seront évidemment réutilisables pour la prochaine catastrophe qui ne manquera pas d' arriver bientôt, selon les lois statistiques, à l' un des 440 réacteurs répartis tout autour de la planète.
 Alors voyons, quelles sont ces astuces ?

1) Effacer les données

Au Japon, les données de contamination obtenues via Speedi entre le 11
mars et le 15 mars ont été effacées « par mégarde ». Le système Speedi
était sensé alerter la population rapidement en cas de pollution
radioactive. Il n?a pas été utilisé, car les données recueillies ont été
estimées « surréalistes ».
http://mainichi.jp/select/today/news/20120322k0000m040030000c.html?inb=tw




2) Etre frappé d?amnésie

« Je n'ai pas dormi pendant plus d'une semaine, et je ne me souviens de
presque rien », a déclaré M. Haruki Madarame, directeur de la NISA
(agence japonaise de sûreté nucléaire). Quand on est directeur de la
sécurité nucléaire, il n?y a pas besoin d?assumer, il suffit d?être
amnésique.
http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/02/japon-16-fevrier-2012.html

3) Ne pas communiquer les informations sensibles

Si toutefois on ne peut pas faire autrement, attendre plusieurs mois,
par exemple avant d?annoncer la fonte des coeurs des réacteurs.
http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-1-2-3-a-fait-3-coeurs-fondus-74602670.html
Si par hasard un organisme de sécurité vous demande la copie d?un
rapport, il suffit de le caviarder pour éviter d?être reconnu responsable.
http://www.gen4.fr/blog/2011/09/nouvel-exemple-de-transparence-opacifiante-de-lop%C3%A9rateur-tepco.html

4) Une fois les coeurs fondus, ne jamais utiliser le mot « corium » et
ne jamais parler de reprise de criticité.

Si on en parle par mégarde, se rétracter immédiatement.
http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T111103004770.htm

5) Surtout, ne pas diffuser les images des explosions !

La vidéo de l?explosion de l?unité 4 n?a jamais été rendue publique.
La vidéo de l?explosion de l?unité 3 ne doit plus être diffusée.
Exemples :
- Le documentaire « Fukushima » (Thierry Lefranc) ne montre aucune
explosion. Pourtant cette vidéo est censée expliquer les circonstances
de la catastrophe.
http://www.dailymotion.com/video/xngj0l_fukushima_webcam
- « Le déroulement de l'accident de Fukushima Daiichi » (IRSN) ne montre
pas l?explosion de l?unité 3. Pourtant, ce film est censé détailler le
déroulement de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi.
http://www.youtube.com/watch?v=gF19Ukb4S-I&feature=player_embedded
Plus
Et bien sûr, si une explosion dont on a malencontreusement diffusé la
vidéo a une allure bizarre, a un panache noir ou est trop puissante,
surtout marteler qu?il s?agit d?une explosion d?hydrogène. Il n?est pas
nécessaire d?en dire plus, les gens n?y connaissent rien en explosion
nucléaire.

6) Nier une explosion si elle n?est pas visible

Tepco a modifié sa position sur l'existence d'une explosion dans le
réacteur 2 et a conclu, 7 mois après les faits, qu'elle n'a pas eu lieu.
Il est en effet préférable de nier ce qui ne se voit pas. 3 explosions
au lieu de 4, c?est toujours ça de pris.
http://bistrobarblog.blogspot.fr/2011/10/japon-2-octobre.html

7) Faire des tours de magie pour démontrer l?innocuité de la radioactivité

Par exemple, boire en public de l?eau de refroidissement d?un réacteur
nucléaire, comme l?a fait Yasuhiro Sonoda, secrétaire parlementaire.
http://www.atlantico.fr/pepitesvideo/depute-japonais-boit-eau-fukushima-214737.html

8) Diffuser des cartes truquées

Une carte de contamination du Japon a été diffusée, puis rapidement
modifiée. Il ne faut pas affoler inutilement les populations. Il ne faut
pas non plus accréditer l?idée que la pollution radioactive ait pu
retomber à des centaines de kilomètres de la centrale.
http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/11/2011/chroniques-anti-nucleaires-ils-ont-sauve-karuizawa

9) Ne jamais parler de plutonium

Ne parler que de l?iode et des césiums, surtout ne pas parler ni
rechercher de traces de plutonium, d?américium, de strontium, etc. qui
ont des périodes radioactives trop longues. Et si par hasard on retrouve
du plutonium, surtout dire qu?il n?est pas dangereux pour la santé et
qu?il provient des essais atmosphériques des années
60. Mais en général, il faut éviter de rechercher du plutonium, ça
permet de ne pas en trouver, et du coup de ne pas inquiéter la population.
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/41ce34ca-692c-11e1-8096-46f518f7127c%7C15
Si on est obligé de parler de plutonium, alors il ne faut pas hésiter à
mentir, à la télévision, on peut dire n?importe quoi ça passe bien et ça
rassure les gens :
« Si vous comparez la toxicité, le plutonium, lorsqu'il est ingéré,
n'est pas très différent de celle du sel. » (Tadashi Narabayashi)
http://fukushima.over-blog.fr/article-peut-on-boire-du-plutonium-sans-danger-81653115.html

10) Modifier les seuils légaux

Comme on ne peut pas tout manipuler et que les gens achètent des
compteurs Geiger, un moyen radical est de changer les normes. S?il y a
trop de radioactivité, il suffit que le gouvernement décrète des seuils
plus hauts. Par exemple au Japon, les normes de radioactivité pour l?eau
potable ont été relevées : le taux limite était précédemment de 10
Bq/litre pour le césium et l?iode ; il est à présent de 200 Bq/litre
pour le césium et de 300 Bq/litre pour l?iode.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cons%C3%A9quences_sanitaires_et_sociales_de_l'accident_nucl%C3%A9aire_de_Fukushima#cite_note-normes-160
Comme la radioactivité est invisible et inodore, tout le monde n?y voit
que du feu !
Une autre astuce est de déplacer les sondes. Au Japon, on les a
remontées entre 20 et 80 m au dessus du sol et de ce fait les mesures
ont été plus faibles. Peu importe si cela conduit les enfants japonais à
être exposés à 20 mSv/an - comme la limite des travailleurs d?une
centrale nucléaire en France - cela ne se verra pas.
S?ils tombent malades dans l?avenir, personne ne pourra prouver
l?origine des maladies.
http://fukushima.over-blog.fr/article-20-millisievert-an-pour-les-enfants-de-fukushima-72380817.html

11) Eparpiller les déchets radioactifs dans tout le pays

Cette technique est nouvellement expérimentée au Japon, mais ça marche !
Cela a deux avantages : d?abord ça permet d?augmenter en douceur le
bruit de fond radioactif général sans créer de manifestation
antinucléaire ; la banalisation de la radioactivité est l?avenir de
cette énergie ! Ensuite cette dissémination des radionucléides dans
l?environnement provoquera des maladies mieux réparties sur l?ensemble
du territoire japonais, ce qui permettra de pourfendre l?idée que la
région de Fukushima a été plus atteinte que les autres, et donc que
globalement, un accident nucléaire n?est pas si catastrophique que ça.
http://www.dailymotion.com/video/xpkpwd_pression-du-gouv-du-japon-pour-incinerer-les-debris-radioactifs-dans-tout-le-pays-28-01-2012_news
Si des municipalités refusent de brûler des déchets radioactifs,
proposer aux élus de plus grosses enveloppes. L?industrie nucléaire
réussit à acheter toutes les consciences, que ce soit pour la
construction d?une centrale, l?implantation d?un centre de stockage et
maintenant l?acceptation d?incinérer ou d?enterrer des déchets
radioactifs n?importe où.

12) Ne jamais utiliser le terme de catastrophe

Préférer les termes « accident » ou « incident » qui sont plus
appropriés. L?industrie nucléaire n?a pas les moyens d?assumer une
nouvelle catastrophe, Tchernobyl a déjà beaucoup trop coûté.
http://www.stop-nucleaire31.org/spip.php?article61
Et surtout, toujours faire l?amalgame avec la catastrophe naturelle
provoquée par le tsunami, c?est très important de brouiller les pistes.

13) Diffuser des articles affirmant que l?accident n?a fait aucun mort.

Il est important que ces articles soient écrits par des « experts
scientifiques ».
Exemple, l?article de Michael Hanlon publié dans le Daily Telegraph et
repris par de nombreux sites francophones, « Tsunami : 20 000 morts -
Fukushima Daiichi : zéro mort »
http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-zero-morts-etc-101593077.html
Il est primordial de diffuser cette idée que l?énergie nucléaire n?est
pas dangereuse. Peu importe s?il y a déjà eu des morts ou s?il y en
aura, le seul intérêt visé étant la sauvegarde des profits générés par
l?industrie nucléaire.
Utiliser les hommes politiques pour diffuser ces mensonges est
important, ça fait plus sérieux :
« [Le nucléaire] est une énergie qui n'a tué personne ». (Gérard Longuet)
http://lelab.europe1.fr/t/le-nucleaire-une-energie-qui-n-a-tue-personne-1233

14) Si par malheur il y a des morts, ne jamais dire que les personnes
sont mortes à cause de la radioactivité.

Il existe des tas de noms de maladies, il faut utiliser un de ces noms,
c?est assez simple : leucémie foudroyante, infarctus, surmenage, etc.
Sinon, une astuce pour éviter de parler des décès des ouvriers est de ne
pas comptabiliser les employés qui font des travaux dangereux, surtout
dans les premiers mois. Il suffit d?utiliser massivement des entreprises
de sous-traitance, de licencier les ouvriers concernés une fois qu?ils
ont terminé leur travail et le tour est joué !
http://fukushima.over-blog.fr/article-les-disparus-de-fukushima-93065109.html

15) Organiser la vie des territoires contaminés comme si rien ne s?était
passé pour faire croire à la population que tout est normal.

Exemple : organiser des marathons sur les routes et chemins contaminés
de la préfecture de Fukushima. Le fait d?utiliser des enfants qui n?ont
pas conscience du danger est excellent en termes d?impact visuel : « Si
les parents laissent leurs enfants respirer à pleins poumons la
poussière de Fukushima, c?est qu?il n?y a vraiment aucun danger »,
pensent les gens qui ont connaissance de ces évènements.
Marathon de novembre 2011 :
http://fukushima-diary.com/2011/11/lets-die-together-marathon/
Marathon du mois de mars 2012 :http://fukushima-diary.com/2012/03/death-marathon-again/

16) Effacer des moteurs de recherche les liens directs vers des articles
trop sensibles

Ce qui est gênant avec l?Internet, c?est que d?autres sites reprennent
ces articles et que les internautes peuvent finalement y avoir accès. Il
est très regrettable que la population obtienne trop d?informations sur
les effets des radiations à faible dose sur la santé car des millions de
personnes vivent à côté de centrales nucléaires dans le monde.
Désinformer sur les faibles doses est primordial pour l?avenir de
l?industrie nucléaire.
Au besoin, il ne faut pas hésiter à neutraliser les scientifiques qui
tendraient à prouver ces dangers.
Exemple : le professeur Bandazhevsky, recteur de l'Institut de médecine
de Gomel, a été condamné à 8 ans de réclusion après avoir tenté de faire
connaître ses résultats sur les faibles doses pour les enfants de
Tchernobyl.
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/cata_banda_web.html

17) Et surtout, il faut à la fois minimiser et positiver ! C?est
excellent pour le moral, et ça permet de ne pas à avoir à expliquer
l?inexplicable.

Quelques exemples :
Ce n?est « pas une catastrophe nucléaire » (Eric Besson, ministre de
l?industrie)
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/03/14/japon-comment-le-discours-du-gouvernement-francais-a-evolue_1493013_823448.html
11 avril 2011 : « Dans trois mois (?) les habitants pourront
théoriquement revenir » (Thierry Charles, IRSN)
http://fukushima.over-blog.fr/article-le-nouveau-pellerin-est-arrive-71748502.html
...phrase en parfaite concordance avec ce que pense Jean-Marc Jancovici
: « Il n?y a plus de raison sanitaire, aujourd?hui, d?empêcher le retour
des populations évacuées à Fukushima, qui, au final, n?aura fait aucun
mort par irradiation. »
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120220trib000684006/entretien.-nicolas-sarkozy-a-rate-la-marche-du-grenelle-de-l-environnement-.html
« Le corium (...) s?est retrouvé en partie au fond des réacteurs, on
verra en quoi ce n?est pas forcément un problème en termes d?impact
environnemental. » (Olivier Isnard, IRSN)
http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-conference-du-7-juillet-2011-a-l-ambassade-de-france-au-japon-78989045.html
Il faut aussi bien expliquer à la population que si on reste de bonne
humeur, cela stoppe les radiations : selon le professeur Yamashita,
Conseiller à la Gestion des risques de santé dus aux radiations dans la
préfecture de Fukushima, « Pour dire la vérité, les radiations
n'affectent pas les gens qui sourient, mais ceux qui sont soucieux. Cela
a été clairement démontré par des études sur des animaux. »
http://fukushima.over-blog.fr/article-france-et-japon-memes-methodes-mensonge-et-obscurantisme-sur-la-radioactivite-78363664.html
« Nous souhaitons que tous viennent au Japon en toute quiétude pour
travailler, étudier ou faire du tourisme."
« Venir au Japon et acheter des produits japonais, y compris ceux
produits dans les régions sinistrées, constitue le meilleur soutien à la
reconstruction que l?on puisse fournir. » (ambassade du Japon en France)
http://japon-gekokujo.over-blog.com/
« Nous avançons assurément vers la reconstruction et la régénération de
notre pays » (Ichiro Komatsu, ambassadeur du Japon en France)
http://www.fr.emb-japan.go.jp/actualite/2012/remerciement_un_an_apres.html

18) Pour finir, une bonne couche de désinformation et le tour est joué !

Au cas où tout le reste ne prendrait pas, réaffirmer des mensonges
fondamentaux du genre : « L?accident de Fukushima n?est pas un accident
nucléaire » (le président de la république française, Nicolas Sarkozy)
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=321997 à 9:50
Puis, produire des vidéos idylliques de ce type pour convaincre
définitivement les récalcitrants, en particulier les touristes, pour
leur faire croire qu?au paradis de Fukushima, la poussière du sol est
propre, et que les enfants peuvent y jouer en toute quiétude.
Donc résumons le discours des tenants de l?industrie atomique qui
veulent effacer cette catastrophe nucléaire : oui, il y a bien eu un
accident à Fukushima dans une centrale nucléaire. Mais bon, c?était il y
a plus d?un an. En fait, il n?y a pas eu de mort, et la centrale est
depuis longtemps sous contrôle. Le peu de radioactivité qui
s?en est dégagé s?est finalement dilué dans l?immensité de l?océan, et
de toute manière la radioactivité n?est pas dangereuse pour la santé. Au
contraire, elle crée des paradis où il fait bon vivre et se régénérer.
Vue comme ça, elle n?est pas belle la vie ?

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Mises à jour : astuces en bonus

19) Décontaminer au maximum les endroits où sont placés les compteurs

Exemple 1 : un lecteur de ce blog a remarqué que les taux de
radioactivité de la centrale de Fukushima Daiichi avaient chuté au mois
de mars 2012. Ainsi, pour éviter que l?on se rende compte que la
centrale pollue chaque jour de l?année avec effet cumulatif, il suffit
de bien nettoyer les abords des 8 sondes, ce qui permet de faire
croire que l?ensemble du site voit son taux de radioactivité décroître.
http://fukushima.over-blog.fr/article-voir-fukushima-32-101800233-comments.html#anchorComment
Exemple 2 : après avoir remarqué que ses propres mesures au compteur
Geiger étaient nettement plus faibles que celles présentées par les
postes de contrôle des radiations du MEXT, un citoyen de Fukushima a
prouvé qu'un poste de surveillance des rayonnements est décontaminé
secrètement pour réduire les niveaux de rayonnement enregistrés.
http://aweb2u.free.fr/dotclear/index.php?post/2012/03/29/Decontamination-secrete-autour-des-moniteurs-publics

20) Combattre les « rumeurs nuisibles »

En avril 2011, pour éviter que les citoyens disent n?importe quoi, le
gouvernement japonais a décidé d'appliquer la loi de manière rigoureuse
en ce qui concerne les reportages indépendants ainsi que les critiques
visant les politiques du gouvernement après la catastrophe, en décidant
ce que les citoyens peuvent ou ne peuvent pas dire en public.
http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-corruption-des-medias-72661889.html
Par exemple, l?agence de publicité Asatsu-DK a été chargée de surveiller
les publications du Net. Selon un rapport rendu au METI (ministère de
l?industrie au Japon) sur leur programme d'espionnage sur Internet, il
avait été demandé à l?agence de fouiner sur la toile publique et sociale
afin d?empêcher des « rumeurs nuisibles ».
Elle a donc examiné les messages sur Twitter, sur les forums de
discussion publics et sur d'autres formes de médias en ligne tels que
les blogs et les sites web, afin de fournir des lignes directrices pour
la communication officielle. Mais le rapport, rendu public
partiellement, ne précise pas forcément de quelle manière
l?espionnage a été utilisé sur les individus concernés.
http://www.simplyinfo.org/?p=5619

21) Sous-estimer les rejets de césium

Quand on ne peut pas tricher sur les nombres, tricher sur les dates. La
désinformation par omission est une technique peu coûteuse et pratique.
Par exemple, faire un bilan annuel en ne prenant en compte que deux
semaines : brouillage de compréhension assuré !
- Estimation de l?IRSN
Dans son étude du 9 mars 2012 intitulée « L?accident de Fukushima 1 an
après : situation environnementale et sanitaire au Japon », l'IRSN
évalue les rejets de Cs-137 uniquement du 12 au 25 mars 2011 en
insistant sur le fait que c?est moins que les rejets de Tchernobyl : 21
PBq. Pourquoi l?IRSN se limite-t-il à deux semaines de rejet ? Pour
minimiser les rejets réels. En présentant les données ainsi, l?IRSN
pratique le déni. Un an après, l?IRSN « oublie » de prendre en compte
que la centrale de Fukushima Daiichi n?a jamais cessé de rejeter des
radionucléides dans l?environnement !
http://www.hctisn.fr/IMG/pdf/IRSN-Bilan_des_consequences_environnementales_de_l_accident_de_Fukushima_-_Didier_Champion_cle0bb2c4.pdf
- Estimation d?un groupe de scientifiques étatsuniens et japonais :
Une étude intitulée « Fukushima-derived radionuclides in the ocean and
biota off Japan », publiée dans le bulletin PNAS du 3 avril 2012,
rectifie les estimations précédentes :
Fuskushima (Cs-137) : 63 PBq
http://www.pnas.org/content/early/2012/03/26/1120794109.full.pdf+html?with-ds=yes

Par Pierre Fetet Publié dans : au japon Communauté : Fukushima blogs

--
Guillaume
Individuel 29 et Groupe Itinérant La Lune Noire de la Fédération Anarchiste
Fédération des travailleurs de la terre et de l'environnement, union
départementale 29 de la CNT

dimanche 13 mai 2012

http://sanspapiers.internetdown.org/

S'organiser contre l'expulsion – Que faire en cas d'arrestation ?



La brochure « Sans-Papiers : s’organiser contre l’Expulsion. Que faire en cas d’Arrestation ? » a été révisée pour la dernière fois en septembre 2009. Depuis, les lois ont profondément changé et elle était devenue inutilisable. La présente version, terminée en février 2012, tient compte de ces modifications. Elle s’appuie autant que possible sur l’expérience pratique de l’application des nouvelles lois (surtout dans la région parisienne). Cependant cette expérience est encore limitée. D’ailleurs, l’interprétation des nouveaux textes fait débat et de futures modifications sont probables. Nous nous efforcerons de mettre à jour cette brochure au besoin.
Cette brochure a pour but de trouver des moyens pour s’opposer concrètement aux expulsions et ne sert donc pas pour constituer un dossier de régularisation. D’autre part, ce sera à chacun de l’adapter à sa situation. Par ailleurs, selon les juges, des décisions différentes peuvent être prises dans des situations identiques. La justice de classe est aussi une loterie.
Pendant que les lois défilent, la chasse aux sans-papiers s’intensifie, comme la répression tous azimuts, d’autant plus qu’en ce temps de crise les boucs émissaires sont de plus en plus nécessaires. Aussi faudra-t-il envisager de nouveaux moyens de lutte et se les communiquer. Si vous avez des commentaires et surtout des expériences à nous transmettre, vous pouvez écrire à : anticra@laposte.net
Pour ceux qui sont en région parisienne, vous pouvez rencontrer des personnes travaillant sur la brochure lors de la permanence «Sans papiers: s’organiser contre l’expulsion»: tous les 1er samedi du mois, de14h à 18h, au local « Le Rémouleur »,106 rue Victor Hugo 93170 Bagnolet (métro Robespierre ou métro Gallieni).

Entretien avec Frédéric Lordon, économiste

Frédéric Lordon est économiste. Il est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE). Ses derniers ouvrages parus sont D’un retournement l’autre. Comédie sérieuse sur la crise financière. En quatre actes, et en alexandrins (Seuil, 2011), Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza (La Fabrique, 2010) et L’Intérêt souverain. Essai d’anthropologie économique (La Découverte, 2011)


Dans ce grand entretien, Frédéric Lordon nous livre ses commentaires et analyses de la crise économique actuelle et de ses origines. Avec un ton incisif et un regard acerbe, il revient sur les causes et effets de la crise elle-même, mais commente également le traitement de l’économie par les médias, la place de l’économie au sein de l’institution universitaire, et l’éventuelle sortie de l’euro. Sonnant le glas du projet néolibéral, l’actualité est, nous dit-il, une occasion unique de changements profonds : un monde s’écroule sous nos yeux.

http://www.revuedeslivres.fr/«-nous-assistons-a-l’ecroulement-d’un-monde-des-forces-immenses-sont-sur-le-point-d’etre-dechainees-»-entretien-avec-frederic-lordon/


samedi 12 mai 2012

Délit de visite de sites terroristes : le texte déposé in extremis

Deux jours avant le second tour de l'élection présidentielle, le gouvernement a déposé un projet de loi renforçant la prévention et la répression du terrorisme. Le texte contient en particulier des mesures destinées à réprimer la visite régulière de sites web prônant le terrorisme.

Sur le fil. Alors que le second tour de l'élection présidentielle s'est déroulé le 6 mai dernier, le gouvernement a fait enregistrer deux jours avant au Sénat un projet de loi renforçant la prévention et la répression du terrorisme. Le texte, né des suites de l'affaire Mohammed Merah, vise en particulier à sanctionner pénalement ceux visitant de manière régulière et sans motif légitime des sites web prônant le terrorisme.
Le dépôt du texte à la Présidence du Sénat, remarqué par le journaliste Pierre Alonso, souligne le travers du gouvernement sortant consistant à modifier la législation dès qu'un fait divers, aussi tragique soit-il, se retrouve dans l'actualité. C'est ainsi que Nicolas Sarkozy, quelques heures à peine après la mise hors d'état de nuire du tueur, a réclamé la pénalisation de la consultation de sites web à visée terroriste.
Comme prévu lors de l'analyse du texte par le Conseil national du numérique, le projet de loi sanctionne de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende "le fait de consulter de façon habituelle un service de communication au public en ligne mettant à disposition des messages soit provoquant directement à des actes de terrorisme, soit faisant l'apologie de ces actes".
Le gouvernement a toutefois prévu une exception "lorsque la consultation résulte de l'exercice normal d'une profession ayant pour objet d'informer le public, intervient dans le cadre de recherches scientifiques ou est réalisée afin de servir de preuve en justice". Seront ainsi épargnés les journalistes, les enquêteurs, les sociologues et le personnel judiciaire, considérés comme ayant un "motif légitime" à s'y rendre.
Ceux n'ayant pas un motif légitime seront punis s'ils visitent de façon un peu trop régulière ces espaces, "car le fait de consulter de façon intensive de tels sites, représentant des actes barbares comme des décapitations ou des égorgements, ne saurait être justifié par l'exercice de la liberté de communication", peut-on lire dans l'exposé des motifs. Cela met plutôt "en évidence un très fort risque d'auto-radicalisation".
Rappelons néanmoins qu'il n'est point besoin de sites web pour entrer dans une spirale d'auto-radicalisation. Les services de renseignement français savaient par exemple que Mohammed Merah ne consultait pas de sites web extrémistes et cela ne l'a pas empêché de mettre en œuvre sa funeste entreprise.
En marge du dépôt du projet de loi, rappelons l'existence d'une étude d'impact précisant l'état de la législation dans d'autres pays (notamment aux États-Unis, au Canada et en Europe), les lacunes juridiques potentielles et les obstacles techniques éventuels.
"La consultation de sites internet est déterminable soit par les logs (c'est-à-dire l'historique) des connexions demandées vers le site (chez le client et son FAI), soit par les logs des connexions reçues sur le site (le serveur abritant le site)".
"À défaut de captation de données « en direct », une telle infraction de consultation sera déterminable en demandant les données conservées par le FAI pendant un an ou en réalisant une perquisition chez la personne soupçonnée ou en effectuant une réquisition auprès du serveur".

Sur la manif des flics

Les flics manifestent, on aura tout vu. La presse quotidienne régionale annonce que « les policiers de Poitiers doivent se rassembler devant la préfecture de la Vienne« , aujourd’hui, « à 13 h, pour protester contre la mise en examen pour homicide volontaire d’un de leur collègue parisien. De nombreuses manifestations ont eu lieu, à Paris et dans de nombreuses villes de province depuis quinze jours ». Mais pour quelles raisons au juste ?
Il serait facile d’en rire (jaune), pour nous anti-autoritaires, depuis longtemps convaincu-e-s par nos expériences diverses de répression policière, souvent cruelle, suscitant à juste titre notre colère. Nous ne reviendrons pas ici sur l’évidence de notre rejet de l’institution policière et du monde capitaliste qui l’engendre et qu’elle défend de fait. Pour nous, le règlement des conflits par des forces armées spécialisées dans la coercition, au service des puissants et aux ordres de bureaucrates à leurs bottes, est une aberration.
Nous nous pencherons plutôt sur les causes de ce mouvement chez les flics, les questions qu’il nous pose et les analyses que nous pouvons en tirer. Les flics ne sont pas une caste « à part », ils sont partie intégrante d’un système diffusant contrôle et coercition à tous les échelons de l’organisation sociale.
Un volet des revendications les plus courantes, qui a d’ailleurs fait qu’on ait pu voir çà et là quelques flics manifester dans les cortèges syndicaux, au moment de la réforme des retraites (si si !), porte sur une dénonciation de la RGPP (révision générale des politiques publiques). Avec une surcharge de travail croissante et des exigences toujours plus grandes (et des orientations parfois contestées) de la hiérarchie d’un côté, des postes et du fric en moins de l’autre, les fonctionnaires disent subir le stress au travail, un certain sentiment d’impuissance voire d’inutilité,  à quoi s’ajoute celui du mépris : à l’extérieur, d’une partie de la population face à un travail impopulaire, cristallisant pour beaucoup toute l’injustice de cette société. A l’intérieur aussi, avec une hiérarchie qui pousse à fond dans des tâches dégueulasses mais ne soutient pas en cas de « bavures » inévitables puisque érigées en mode de fonctionnement. Il en résulte parfois, aux dires de nombreux témoignages de flics dans les médias, évidemment anonymes, un sentiment d’abandon et d’isolement social. Bien des flics se sentent évidemment à des kilomètres du rôle de justicier de séries télévisées à la Starsky et Hutch qui ont pu les faire rêver quand ils étaient mômes, et ont peu d’illusions sur le rôle qu’ils jouent dans le système. Beaucoup pensent à démissionner, mais combien le font ? Avec le temps on prend le pli, on « s’endurcit », on ne met plus « d’émotionnel ». On obéit à la « loi », et on finit par se convaincre qu’on est le « rempart de la démocratie »… parce que sinon, on en crève, tout simplement.
Sur ce point de la RGPP, les flics n’échappent pas à la réorganisation structurelle du capitalisme et à ses contradictions. Si la nature de leur travail est évidemment bien particulière, puisque essentiellement coercitive, leur situation au travail est à rapprocher de celle de tou-te-s les travailleur-euse-s du secteur public, qui subissent de plus en plus durement ce que les salarié-e-s du secteur privé se prennent eux aussi dans la figure. En termes de conditions de travail (réductions de postes, restrictions budgétaires, exigences toujours croissantes, management toujours plus dur, répression et isolement de la contestation syndicale quand elle ne va pas dans le sens du plus-répressif). Ces revendications témoignent d’une souffrance au travail frappant tous les travailleur-euse-s, public comme privé, de nationalité française ou étrangère, qui pousse aujourd’hui les fonctionnaires de police à manifester une colère qui va bien au-delà d’un événement (un flic du 93 poursuivi pour homicide volontaire), qui ne fait que révéler un ras-le-bol plus général, présent dans quasiment tous les commissariats.
Et ce, de la part de salarié-e-s dont une partie du métier consiste pourtant régulièrement à obéir aux injonctions étatiques de division et de répression des travailleur-euse-s (notamment « étranger-e-s », que les flics arrêtent et expulsent), et plus généralement de répression des mouvements sociaux (par la force coercitive et-ou des poursuites judiciaires). Pour quelles obscures raisons l’Etat malmène-t-il ainsi des fonctionnaires à qui il doit pourtant son pouvoir, et qu’il devrait au contraire flatter et chouchouter ? En réalité, il n’y a rien d’étonnant à cela. Les contradictions du capitalisme s’illustrent ici parfaitement.
Le capitalisme fonde son pouvoir sur l’accaparement de la décision économique et politique, via l’exploitation de la plus-value organisée par le système du salariat. Ce vol (appelé « profit » ou encore « propriété ») est instauré, protégé et garanti par les forces armées de l’Etat : expropriations et impérialisme, répression de l’atteinte à la propriété capitaliste, répression de la contestation. De fait, la quasi-totalité des taulard-e-s en France sont des pauvres, qui en grande majorité se retrouvent engeôlé-e-s pour avoir porté atteinte, d’une façon ou d’une autre, à une « propriété privée » capitaliste, origine de tant de souffrances et d’inégalités sociales au sein desquelles tout le monde essaie de s’en sortir comme il peut.
Mais ces forces armées, indispensables au maintien du système capitaliste, subissent les mêmes contradictions du capitalisme que l’ensemble des salarié-e-s. Les esclaves du salariat sont la source de tout profit capitaliste, en même temps qu’ils sont les premières victimes des coupes budgétaires. En situation de concurrence et de surenchère technologique, pour se maintenir dans la course au profit toujours plus grand que l’on nomme croissance, le capital doit investir dans des technologies, et doit réduire du même coup la part donnée aux salaires. Dans la police, ça se traduit par plus de vidéosurveillance, de biométrie, de fichage et autres gadgets répressifs, plutôt que d’augmenter les postes. Même topo dans l’armée, où la technologie est généralement préférée au recrutement. Ce qui permet aussi aux capitalistes d’investir des marchés lucratifs par des contrats public-privé, dans l’armement, les systèmes optiques, le fichage, mais aussi dans la construction de taules.
D’où casse des droits du travail, réduction des postes, pressions manageriales pour augmenter la productivité, répression des personnels récalcitrants.
Cette situation est à terme intenable pour les salarié-e-s, voué-e-s à la précarité et à la pauvreté, mais aussi pour les capitalistes. D’une part le profit ne se réalise que si les consommateurs (donc les salarié-e-s) ont les moyens d’acheter la production, ce qui est difficile s’ils n’en ont plus les moyens. D’autre part les salarié-e-s peuvent se révolter. Et si la misère est trop grande, il arrive qu’une partie des forces armées se retourne contre la main qui les nourrit, celle toute propre et manucurée des bureaucrates étatiques, qui paye pour faire à sa place le sale boulot de la répression des pauvres. C’est certes rare, mais ça s’est déjà vu.
Depuis longtemps le capitalisme s’est montré assez inventif pour surmonter ses crises de surproduction, par une fuite en avant de sa violence, étendue à de nouveaux champs d’accaparement (impérialisme, colonialisme, destruction écologique, crédit, capitalisme vert…). Pour briser la contestation, les capitalistes ne comptent plus seulement sur les forces armées : c’est non seulement insuffisant en termes de rapports de force, mais c’est aussi dangereux de tout miser sur des forces qui peuvent se retourner. Il s’agit aussi de désamorcer et canaliser la contestation elle-même, de la détourner sur des revendications et des modes d’expression servant ses intérêts.
Ca a longtemps été (et c’est toujours) le rôle de la « démocratie » représentative, où les populations ont le sentiment d’être libres en choisissant elles-mêmes les gens qui vont perpétuer le système qui les domine et les exploite. C’est aussi, depuis fort longtemps, le rôle des modes de fonctionnement des bureaucraties syndicales.
Si l’on revient aux flics, la contestation est canalisée, détournée sur la solidarité corporatiste avec un flic du 93 poursuivi pour homicide volontaire. Il s’agit de réclamer la « présomption d’innocence » pour les fonctionnaires de police. Malin : la hiérarchie joue du sentiment d’abandon que son arrogance suscite dans les rangs de flics utilisés comme de la chair à canon, souvent en désaccord avec leur hiérarchie et ses directives toujours plus dégueulasses. Ce sentiment d’abandon et de colère est détourné contre d’autres fonctionnaires tout aussi débordé-e-s de boulot (la « justice » étant souvent chargée par des flics de tous les maux, taxée de « laxisme »), et contre les pauvres qui seraient dans « l’impunité ».
Ce tour de passe-passe, par le biais de revendications moisies, permet au pouvoir de détourner les véritables raisons de la colère non contre les vrais responsables (capitalisme et Etat), mais contre ses victimes, à savoir les pauvres, les immigrés, face auxquels il faudrait s’armer davantage. C’est le rôle historique du fascisme en temps de crise. Pas un hasard que le FN soit à l’origine de la revendication d’une « présomption d’innocence » pour les flics. L’UMP, après avoir critiqué par la voix de Guéant ce qui constituerait un « permis de tirer », reprend ainsi à son compte la proposition du Front National.
Les bureaucraties syndicales de flics elles-mêmes, toujours plus bas que tout, reprennent le mot d’ordre dans les manifs d’aujourd’hui, par la voie d’Alliance et Synergie, à droite, mais aussi chez Unité SGP (FO Police). Il s’agirait de favoriser juridiquement les flics, quand ils sont aux prises avec des plaintes contre des possibles délits et crimes qu’ils auraient perpetrés dans leur fonction. Cette différence de statut légal entre des gens est anticonstitutionnelle et bafoue les principes de justice les plus élémentaires ; mais cela ne fait visiblement pas peur à Sarkozy qui a déclaré : « dans un Etat de droit, on ne peut pas mettre sur le même plan le policier dans l’exercice de ses fonctions et les délinquants« .
Pour Me Xavier Prugnard de La Chaise, avocat spécialiste en droit pénal,  »il s’agit en fait de renverser la charge de la preuve, la personne sur laquelle va reposer la responsabilité d’apporter des preuves ». « Avec la présomption de légitime défense, ça serait à la personne qui a été visée par le policier de montrer qu’elle n’a pas attaqué le policier ». « Ce serait une présomption d’irresponsabilité pénale. » Or, « prouver que quelque chose n’est pas arrivé ça s’appelle une preuve négative c’est beaucoup plus difficile à apporter qu’une preuve positive ». De plus, les policiers étant assermentés et leur parole pesant souvent bien plus lourd dans les tribunaux, « avec en plus une présomption de légitime défense, ça forgerait une sorte d’impunité statutaire pour le policier quasi indestructible ».
Pour nous anarchistes qui sommes pour un monde sans domination ni exploitation, mais où les populations prennent elles-mêmes en main leurs affaires, y compris leurs conflits, les institutions punitives sont évidemment à bannir. Quand on argumente face à un flic, qu’on le met face à sa contradiction fondamentale, à savoir qu’il pense défendre la justice, l’ordre et la paix tout en appliquant des consignes fort discutables, dont l’illégitimité morale est souvent manifeste, le flic lui-même répond souvent : « c’est pas moi, c’est les ordres, ça vient d’en haut » ou encore « j’y peux rien c’est mon boulot, faut bien que je bosse pour gagner ma vie ».
Nous y sommes : l’obéissance à ce que l’on ne cautionnerait pas en temps normal, fondement de toute domination, de tout esclavage. Même s’il s’agit de reproduire cette domination sur les autres ! C’est aussi ce que répondent, dans une moindre mesure, les ouvriers qui fabriquent des pesticides qui bousillent les sols et la biodiversité et refilent des cancers ; c’est ce que disent les aimbales diplômé-e-s d’écoles d’ingénieurs qui conçoivent des armes, « parce que c’est l’un des seuls débouchés » ; ce que répondent les profs qui hiérarchisent les élèves par des notes et leur apprennent à obéir sous peine de sanctions, parce qu’il « faut bien les évaluer » et « leur apprendre la vie en société » ; les employés de pôle emploi qui retirent leurs droits à des précaires ; etc…
A toi, dont le taf est aujourd’hui d’être flic : je ne lutterai à tes côtés que le jour où tu démissionneras.
Juanito, groupe Pavillon Noir (FA 86), 11 mai 2012
mise à jour (12/05) : un article de la NR sur la manif donne la parole aux flics

vendredi 4 mai 2012

De l’argent il y en a

Lu sur Là-bas si j'y suis : "Avant tout, il faut réduire "la dette". Les moyens ? Règle d’or, rigueur budgétaire, plan de stabilité... C’est-à-dire réduction des budgets santé, éducation, retraite, c’est-à-dire "assouplissement" du code du travail, c’est-à-dire menace sur la sécurité sociale...

Pourtant, chaque année, à cause des paradis fiscaux, l’Etat perd 30 milliards d’euros, deux fois le déficit de la sécurité sociale.

Selon Antoine Peillon, l’évasion fiscale est responsable des 600 milliards qui manquent à la France. Ces scandales sont connus tout comme les noms des "évadés" fiscaux, la plus célèbre étant Bettencourt.

Mais si les enquêtes n’aboutissent pas, c’est que l’Etat protège les fraudeurs.
Pourquoi ? Comment ?
Ecouter l'émission ici
Entretien Daniel Mermet.
Mis en ligne par endehors, a 18:25 dans la rubrique "Economie".
Lire l'article ! (suite de l'article + 0 commentaires)



mardi 1 mai 2012

Exploité, licencié, non payé et arrêté !


Les forces régaliennes de l'Etat, on le sait
déjà, ne rechignent pas à l’odieuse tâche
qu’est la chasse aux sans-papiers. Les perdreaux
et la bleusaille nous offrent régulièrement
le spectacle de l’exercice de leur
art sans cesser de nous retourner les tripes et
d’augmenter notre révolte. Cette fois, le
11 avril, c’est dans les murs du conseil de
Prud’hommes de Nanterre que l’immonde
flicaille est venue se livrer à l’arrestation de
Monsieur K., Malien, à sa sortie de l’audience
de conciliation.
Ce travailleur, licencié d’une entreprise
de restauration collective dans laquelle il travaillait
depuis 2010, avait assigné son
employeur pour réclamer devant le conseil le
paiement de ses indemnités légales.
En personne avisée apprenant qu’une
procédure prud’homale était entamée contre
lui, l’employeur a porté plainte contre
Monsieur K. pour usurpation d’identité et a
ensuite prévenu la police du jour et du lieu
de la convocation à l’audience pour lui faciliter
l’arrestation.
Accablant qu’il n’existe pas de communiqué
de protestation de la part des organisations
syndicales des Hauts-de-Seine dont
sont issus les conseillers de Prud’hommes et
de Prud’femmes salariés. Pas plus qu’il
n’existe de protestation du conseil de
Prud’hommes de Nanterre ni du président
de la cour d’appel auprès du préfet. Des
lacunes qui, gageons-le, devraient se corriger…
Si la conscience et la volonté frappaient
à leur porte.
À l’heure où j’écris ces lignes, il semble
que Monsieur K. a fait l’objet d’un rappel à la
loi dans un commissariat des Yvelines (?) au
bout d’une garde à vue de plusieurs heures.
En attendant, très certainement, l’expulsion
du territoire.
Comme le dénonce le communiqué
commun (LDH, Gisti, SM, SAF, Adde)
certain que le zèle des chaussettes à clous les
amenant à interpeller quelqu’un dans l’enceinte
même d’un conseil de Prud’hommes
est une première et cela constitue, ainsi, une
nouvelle étape dans l’insécurité faite aux travailleurs
et travailleuses sans-papiers dans ce
pays.
La police montre qu’elle est toujours
prête à se livrer aux exactions les plus basses,
y compris dans un tribunal où elle n’était pas
requise.
De même qu’un employeur se préserve
du risque causé par son salarié qui recourt
aux Prud’hommes pour faire valoir ses droits
est en soi une «première». Mais, cela dit
tout sur les vertus morales du capitalisme et
sa logique d’exploitation salariale.
Quant à l’employeur, le sol des cuisines
de restauration est souvent très glissant, et si,
lors d’une visite, il venait à plonger malencontreusement
dans une friteuse, l’humanité
ne sourcillerait pas.
Si un incendie social de grande ampleur
venait un jour, faudrait pas qu’à nouveau de
bons esprits naïfs s’étonnent et s’horrifient
qu’une une rage profonde face apparaître
quelques têtes sur des piques ou suspendent
des crapules à la lanterne dans les ghettos de
Neuilly ou de Villa Montmorency.
Tsinapah
1, il est