mardi 5 septembre 2017

Mercredi 6 septembre au Magasin Général de Tarnac à 20h30

présentation du livre: 
CE QU'ILS FONT EST JUSTE
26 textes et une BD publiés en soutien aux associations de solidarité avec les immigrés à Calais et dans la vallée de la Roya.
 

Lecture, présentation-débat en présence de: 

Béatrice Vallaeys, curatrice du recueil
Christine Lapostolle, qui, dans le recueil décrit comment elle partage la vie des mineurs réfugiés. Elle anime un atelier d'écriture dans un centre d'accueil à Brest et racontera ses expériences et ses rencontres. 
Serge Quadruppani (auteur d'une des nouvelles)




lundi 4 septembre 2017

Procès MEDEF/Loïc lundi 11 septembre à 8h, à no ter, à relayer...


Crise migratoire ou crise politique de l'accueil des réfugiés ?

Résultat de recherche d'images pour "crise migratoire"

Termes inappropriés, désinformation sur la réalité des chiffres, sur les conditions d'accueil et sur le devenir des réfugiés, pressions et répression sur les bénévoles comme sur les réfugiés sont autant de facteurs qui contredisent la « bonne parole gouvernementale ».

Les termes de « migrants » et de « réfugiés » ne sont pas synonymes.
Pour le petit Larousse, le terme « migration » désigne « un déplacement de population, de groupe d'un pays dans un autre pour s'y établir, sous l'influence de facteurs économiques ou politiques ». Quant au terme « réfugiés », il désigne celui « qui a quitté son pays pour des raisons politiques, raciales, ou une région, une ville pour fuir une catastrophe ».
L'association Pivoine (5) est encore plus explicite : « un réfugié est une personne qui craignant d'être persécutée dans son pays en raison de sa race, sa religion, sa nationalité, son appartenance à un certain groupe social (y compris pour des considérations liées au genre et à l'orientation sexuelle, au risque d'excision pour les femmes) ou ses opinions politiques, ne peut ou ne veut pas se réclamer de la protection de ce pays ».
Parler de « migrants » au lieu de parler de « réfugiés » n'est donc pas neutre et cela évite en particulier de parler de la « Catastrophe » à l'origine de l'exil ! :
  • Cela évite de reconnaître qu'effectivement la grande majorité des dizaines de milliers de femmes et d'hommes qui débarquent en Europe, fuient les guerres et leurs conséquences sociales et économiques.
  • Cela évite de préciser que l'Union européenne, à la remorque des USA, porte une écrasante responsabilité dans le déclenchement et entretien de ces conflits.
  • Enfin, cela évite à la France, à ses gouvernements successifs de droite comme de gauche, d'avouer leurs responsabilités. Directement par l'envoi de militaires ou indirectement par la vente d'armes la France, 1er vendeur d'engins de mort, est pratiquement présente sur tous les champs de bataille de la planète.
Se contenter de parler de « migrants », de « migration » comme on parle de celle des oiseaux permet de « cacher ces victimes que le capitalisme ne saurait voir ! »
Et parler alors de « crise migratoire » permet aux médias de relayer les discours les plus nauséabonds de nombre d'hommes politiques, et pas seulement ceux du Front National, qui n'hésitent pas à parler d'invasion à propos des populations arrivant sur le sol européen.
Ces hommes politiques vont jusqu'à expliquer que l'immigration massive de populations arabo-musulmanes découle de leur fuite devant les intégristes islamistes, tout en pratiquant en même temps de curieux amalgames entre immigration et terrorisme.

Pourtant les chiffres témoignent d'une autre réalité (1) :
  • En 2015 les 240 millions de personnes qui ont quitté leur pays ne représentaient en fait que 3% de la population mondiale.
  • En comparaison, en 1913, à l'aube de la première guerre mondiale, les migrants représentaient 5% de la population mondiale.
  • Durant le 19ème siècle, 50 millions d'européens, soit 12% de la population, va émigrer vers les Amériques, du Canada à l'Argentine en passant par les USA.
  • En 2014, avec une quinzaine de conflits en cours sur la planète, 53 millions de femmes et d'hommes vivent loin de chez eux en, soit 3 fois plus qu'en 2004.
C'est considérable et pourtant cela ne représente que 0,7% de la population mondiale.
On est loin de l'invasion et pourtant combien sont-ils à jouer sur les peurs, à exacerber tensions et réflexes nationalistes ?
Par rapport à la population européenne de plus de 500 millions d'habitants, ce sont 219 000 personnes, soit 0,4 % des déplacés mondiaux qui ont traversé les frontières de l'Europe en 2014 (350 000 en 2015).
350 000 réfugiés parmi 500 millions d'habitants ! En voilà une sacrée invasion.
N'empêche, la « grand peur et misère de l'Union européenne » se propage depuis plusieurs années, amenant au renforcement des contrôles aux frontières, à une floraison de barbelés à travers toute l'Europe, à la répression envers les exilés ainsi que des militants qui les soutiennent..
Quant à la politique européenne d'accueil des réfugiés, elle est résumée par les deux étapes ci-dessous :
  • En octobre 2013 en méditerranée, avec l'aide financière de l'Union européenne (9 millions d'euros par mois), la marine italienne lance l'opération « Mare Nostrum » dont le but était de sauver les exilés sur les bateaux en détresse. Cette opération prend fin en octobre 2014,
  • Depuis novembre 2014, l'agence Frontex en charge des frontières européennes a lancé l'opération Triton. Avec 3 millions d'euros par mois son seul objectif est la surveillance pour maintenir les futurs réfugiés loin de nos côtes.

L'aide aux réfugiés en mer est désormais le fait des seules ONG qui lorsqu'elles réussissent à sauver des vies se voient accusées de « créer un appel d'air » pour les migrants, bref de se comporter en passeur !
Le « délit de solidarité » permettant de criminaliser l'action militante envers les réfugiés est contenu dans l'article L.622-1 du CESEDA : « ...Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 euros ». Si la loi de 2012 a créé une « Immunité humanitaire » au profit des « associations et personnes physiques agissant dans un but désintéressé », cela ne met pour autant pas les bénévoles et militants à l'abri d'enquêtes policières et de poursuites judiciaires, le parquet n'hésitant pas à invoquer tout un arsenal juridique sans rapport direct avec la législation sur l'immigration.

Pour faire face à cette fameuse « crise migratoire » en Europe et en particulier gérer dans l'urgence l'évacuation de la « Jungle de Calais », « la France a mis en place en novembre 2015 les Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO), petites structures d'hébergement temporaire (quelques semaines à quelques mois) devant accueillir les migrants, le temps de la réalisation de leurs démarches de demande d'asile...Depuis le lancement du programme, ce sont aujourd'hui près de 400 CAO qui accueillent temporairement plus de 13 000 personnes (dont 7 000 issues du camp de la Lande...Le financement est assuré à 100% par l'Etat et représente 25 euros par jour et par personne » (2).
Ce que ne précise pas l'article du journal Le Parisien, c'est que les 25 euros consistent pour 20 euros dans les salaires des personnels administratifs et de sécurité, 4 à 6 euros seulement étant « généreusement alloués » à chaque personne pour se nourrir chaque jour !
Il s'agit bien pour l'Etat d'un lieu à caractère strictement administratif où les réfugiés sont censés rester le temps de l'obtention ou du refus du droit d'asile en France.
De l'octroi de vêtements à l'apprentissage des bases du français en passant par des activités extérieures au centre, ce sont les bénévoles qui s'y collent, comme ils le peuvent, et souvent à leurs frais. l'Etat n'ayant pas prévu l'embauche d'interprètes qui pourraient pourtant aider à la communication entre réfugiés, administratifs et bénévoles, il est facile d'imaginer le gâchis de temps et d'énergie...Mais encore une fois, ces aspects ne semblent pas prioritaires pour le gouvernement.
Cela n'empêche pas celui-ci d'expliquer que : « Ces centres d'accueil et d'orientation sont la clé d'un accueil digne en France. Ils permettent aux migrants de bénéficier d'un temps de répit, dans des conditions stables et rassurantes, favorisant leur réflexion sur la suite de leur parcours migratoire. La grande majorité d'entre-eux – plus de 80% - s'inscrit dans une démarche de demande d'asile en France et les centres d'accueil et d'orientation les accompagnent naturellement vers cette voie » (3).
Mais il est vrai que la France a une longue habitude en matière de dignité de l'accueil réservé aux réfugiés !

La gestion des CAO est confiée à l'association « Forum-réfugiés COSI » née en mai 2012 de la fusion des associations « Forum-réfugiés » et « COSI-promouvoir et défendre les droits » :
  • Pour sa part Forum-réfugiés a été créé en 1982 à Lyon à l'initiative de plusieurs associations telles le Secours catholique, d'Entraide protestante, du Centre Pierre Valdo (évangéliste vaudois) etc,
  • Le Centre d'Information et de Solidarité avec l'Afrique (COSI), également créé à Lyon en 1990 se pose en « défenseur des droits de l'homme et de la démocratie, particulièrement en Afrique centrale et les Grands lacs ». C'est une ONG de plus qui gère les subventions attribuées par l'Union européenne et le Ministère français des Affaires étrangères et européennes.
Encore un exemple de la subsidiarité chère à l'Eglise catholique, romaine et européenne avec la gestion de l'accueil de la protection et de la défense des réfugiées confiés aux religions et aux ONG.
L'association « Forum-réfugiés COSI proclame vouloir : « Articuler l'accueil des réfugiés et le soutien à la construction démocratique dans certains pays, d'un bout à l'autre des routes de l'exil...promouvoir la bonne gouvernance ». Subventionnée par les « va-t'en-guerre » que sont la France et l'Union européenne, cette proclamation a de quoi surprendre !
Dans le quotidien, il faut savoir que cette association fait pression sur tout nouveau bénévole, qu'il intervienne à titre individuel ou dans le cadre d'une association, afin qu'il adhère à l'association Forum réfugiés-COSI ». La « charte des bénévoles de Forum réfugiés-COSI » (6) stipule que « Le bénévole est tenu d'adhérer aux valeurs et aux objectifs de l'association, et à assurer de façon efficace et sérieuse sa mission et son activité ». Elle est remise d'office à chaque bénévole qui est censé la signer et la rendre accompagnée de copies de documents personnels : carte d'identité, extrait n°3 du casier judiciaire.
L'Etat a ainsi les moyens d'enquêter et de surveiller les agissements de ce bénévole, surtout s'il est militant d'une organisation un tant soit radicale !
Bref, l'Etat au travers de son administration n'est qu'un comptable qui ignore les besoins des réfugiés, comptent sur les bénévoles pour amener un peu d'humanité par les actions sociales et culturelles et se permet de surveiller le tout en laissant croire qu'il est responsable d'activités menées par d'autres que lui !

L 'accompagnement social et administratif est bien le seul dont l'Etat peut prétendre et qui, consiste à décider des « ouvertures des droits auxquels une personne peut prétendre, ainsi que de l'orientation vers d'autres structures ou dispositifs adaptés à la situation juridique de la personne ». Dans la réalité ce sont plus de 60 % des exilés qui voient leurs demandes rejetées : en 2015, 67% l'ont été, contre 47% en moyenne en Europe, ce qui place la France au 25ème rang en termes d'octroi (4). Afin de se faire une idée il faut savoir qu'en 2015, sur 24,5 millions de personnes contraintes de fuir leur pays, 1,25 millions ont déposé une demande en Europe, dont 75 000 en France (4).
Pour rappel, l'Europe compte plus de 500 millions d'habitants ; la France 67 millions, ce qui donne un bel aperçu du risque d'invasion ! Un bel aperçu des volontés d'accueil du gouvernement !
C'est l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) qui est chargé de l'information sur la procédure d'asile, sur la présentation des aides au retour, de l'orientation vers un hébergement du dispositif national d'accueil des demandeurs d'asile tels les Centres d'Accueil des Demandeurs d'Asile (CADA) par exemple.
A chaque étape dans le parcours du réfugié qui désire rester en France, correspond un statut donnant ou pas certains droits.
Le compte rendu de la formation « Accueil des migrants – Auto-défense juridique » (5) présente de manière simplifiée la complexité du parcours de demandeur d'asile :
  • Première étape : dépôt de la demande d'asile en préfecture avec pour les personnes majeures un relevé des empreintes, sachant que si celles-ci ont déjà été prises dans un autre pays, la demande d'asile doit être faite dans ce pays, d'où décision de transfert vers ce pays. Par ailleurs, un seul Etat étant censé être responsable de l'examen d'une demande d'asile, le pays responsable de la demande est normalement celui par lequel la personne est entrée et dans lequel elle a du être contrôlée (règlement Dublin 3). On peut se demander comment des réfugiés voulant faire leur demande d'asile en France vont pouvoir éviter les contrôles en Italie ou Espagne où ils arrivent après avoir traversé la méditerranée ?
Cette première étape franchie le réfugié obtient une attestation de demandeur d'asile pour un mois, un hébergement en CAO ou en CADA , une aide à la subsistance (ADA), la couverture CMU mais n'a pas le droit de travailler.
  • Deuxième étape : après enregistrement de la demande le réfugié est dirigée vers un Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile (CADA), le CAO ayant joué son rôle d'accueil très temporaire, le temps du contrôle administratif. A ce stade, il obtient une attestation valable de 6 à 9 mois et autorisant le réfugié à travailler.
  • Troisième étape : si l'OFFRA attribue le statut de réfugié, celui-ci obtiendra une carte de résident valable 10 ans. En cas de rejet de la demande, l'OFRA peut accorder le « bénéfice de la protection subsidiaire » donnant droit à une carte de séjour temporaire d'un an.
Les étapes ci-dessus peuvent prendre des mois, voire des années, si l'on tient compte des problèmes et refus administratifs amenant de possibles recours à chacune des étapes.
Comme vu précédemment, les 67% de réfugiés déboutés de leur demande d'asile sont classés OQTF, c'est à dire « Obligation de Quitter le Territoire Français ». Si entre temps des enfants ont été scolarisés, des familles ont pu commencer de s'intégrer, c'est le statut de sans papiers qui les attend avec le risque d'être renvoyés à la frontière, avec ou sans aide au retour !
Les conflits n'étant pas prêt de s'éteindre, les Centres d'Accueil et d' Orientation (CAO), vont devenir un « dispositif temporaire d'exception durable » avec de plus en plus de « Turn over » la durée de prise en charge étant de 3 mois pour les personnes désirant faire une demande d'asile en France et de 1 mois pour les autres.
Durables les galères dans le parcours des demandeurs d'asile quand on sait qu'une seule proposition d'orientation leur est faite et que si il la refuse, cela met fin à l'ensemble de leur
prise en charge.
En conclusion, la réalité de l'accueil des réfugiés, c'est une administration qui, certes fournit un toit dans une caserne ou un centre de vacances inoccupés à des réfugiés jusqu'alors SDF, une administration qui octroie 4 à 6 euros par personne et par jour sans se préoccuper du reste :
  • L'urgence consiste à délivrer ou non des attestations qui permettront aux réfugiés d'espérer encore un peu,
  • Dans l'urgence, ce sont centres isolés en pleine campagne où en absence de moyens de transport, on assiste à un « taux de fuite » (26%) des réfugiés qui tentent de revenir à Calais ou vers des destinations inconnues des gestionnaires,
  • L'urgence, c'est la vérité : 80% des réfugiés hébergés dans ces centres font une demande d'asile en France, près de 70% ont déjà été, sont, et seront déboutés,
  • L'urgence est de dire aussi que le CAO n'est pas toujours un lieu de sécurité car des préfectures n'hésitent pas à renvoyer en Italie des réfugiés qui y avaient laissé leurs empreintes (bien qu'ils fassent une demande en France)
Bref, l'Etat fait preuve de sa longue expérience en matière d'accueil de réfugiés !

Il est urgent de réaffirmer que militer auprès des réfugiés ne consiste pas à « jouer aux dames patronnesses », à se substituer à l'Etat. Il s'agit d'oeuvrer avec les réfugiés, et non pas à leur place, à de vrais actions solidaires, au combat pour la justice sans oublier de donner à connaître et d'interpeler les populations locales afin qu'elles cessent de voir un envahisseur dans tout réfugié...Bref, il est urgent de dire que les réfugiés sont avant tout des femmes et des hommes chassés de chez eux, des victimes du capitalisme mondial qui impliqué dans la plupart des conflits trouve les moyens de les entretenir en vendant ses armes, et de s'enrichir en reconstruisant ce qu'il a été détruit. Qui plus est, les déplacements de population ont aussi pour lui l'avantage de laisser de nouveaux territoires libres et donc plus facilement exploitables !

  1. source « Datagueule », websérie diffusée sur France 4 depuis juin 2014
  2. Le Parisien – juin 2017
  3. Ministère de l'Intérieur : mise à l'abri des migrants
  4. source : rapport PRIMOLEVI, persécutés au pays, déboutés en France
  5. Pivoine – compte rendu de la Formation « accueil des migrants – Auto-défense juridique » 2 décembre 2016 – La Villedieu
  6. Charte des bénévoles – site internet du Forum-réfugiés COSI

samedi 17 juin 2017

Du recyclage de dirigeants syndicaux !

- On sait que la CFDT s'est empressée d'appeler à voter Macron ; nul doute qu'elle ne va pas tarder à être récompensée !
- Une trentaine d'élus de la CGT, dont Philippe Martinez, de façon moins explicite ont fait de même, au titre de l'antifascisme et "pour faire barrage à l'extrême droite" (cf. appel confédéral). Il faut aussi se rappeler que l'ex-secrétaire de la CGT, Thierry le Paon, l'homme au "train de vie peu syndical" était déjà au sein du gouvernement Hollande depuis juillet 2016, chargé de  mission contre l'illétrisme en vue de "la préfiguration d'une agence de la langue française pour la cohésion sociale" (?!)
- Et voici le summum avec la participation directe de FO dans le gouvernement Macron. Avec les défenseurs de l'indépendance syndicale (cf. Charte d'Amiens) au sein du ministère du travail ...plus que jamais, méfions-nous des collabos ! 

"Il n'est de sauveur suprême, ni César, ni tribun,
Travailleurs sauvons-nous nous-mêmes..."

> > > 16 Juin 2017
Publié par El Diablo

Stéphane Lardy, chargé de l’emploi et de la formation professionnelle à FO pendant neuf ans, devient directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud.
Représentants du patronat et de salariés seront donc réunis au ministère du Travail : après la nomination d’une ancienne DRH comme ministre (Muriel Pénicaud) et d’un ancien cadre du Medef comme directeur de cabinet (Antoine Foucher), le nom d'un ancien secrétaire confédéral de Force ouvrière, Stéphane Lardy, apparaît comme directeur adjoint de cabinet, rue de Grenelle.
Il a officié entre 2007 et 2016 sur les questions relatives à l’emploi et à la formation professionnelle. La nomination d’un ancien syndicaliste à ce niveau de responsabilité est rare, relève l’agence spécialisée AEF. Il s’agit donc d’une prise stratégique importante, dans la perspective des débats houleux prévus dans les semaines à venir au sujet de la loi travail II.
Décrit comme « un réformiste convaincu », Stéphane Lardy est, selon Michel Noblecourt du Monde, membre du Parti socialiste et a été un temps pressenti pour prendre la succession de Jean-Claude Mailly à la tête du syndicat.
Il rejoint donc une équipe qui faisait jusqu’alors la part belle aux personnalités issues du monde patronal. Selon l’AEF, il sera en charge de la formation professionnelle, grand chantier que souhaite ouvrir Emmanuel Macron, et de la pénibilité. Sur ce dernier sujet, Emmanuel Macron vient de confirmer qu’un « moratoire » sera prononcé sur le compte pénibilité.
L'an dernier, en plein mouvement contre la loi travail, Stéphane Lardy avait été nommé inspecteur général des affaires sociales, un « grand corps » de l’État qui s'occupe de la politique sociale (affaires sociales, santé, solidarité, emploi, travail, politique de la ville, formation professionnelle). Il a également été vice-président de Pôle emploi et membre du conseil d’administration de l’Unédic, de par ses fonctions syndicales.

lundi 12 juin 2017

Dis papa, t'y comprends quelqu'chose au jeu des élections ? Tais-toi et vote !



Ceux qui pensaient qu'après les élections présidentielles, les électeurs se mobiliseraient à nouveau aux élections législatives, soit pour donner plus de force au nouveau président élu, soit et surtout pour l'affaiblir en élisant des députés ayant un rôle d'équilibre, de contre-pouvoirs, ont tout faux...
Visiblement, « jouer aux élections », n'est pas si simple et c'est certainement pour çà que les enfants ne peuvent pas y jouer.
Mais moi, c'est comme pour les jeux de cartes, c'est pas parce que je ne pratique pas que je n'ai pas envie de connaître et comprendre les règles du jeu !
Donc merci de m'expliquer les règles du « Jeu des élections », j'aurais l'air moins con la prochaine fois que mes concitoyens y rejoueront.

En attendant, j'avoue que je m'attendais à ce que les joueurs arrivés dans le peloton de tête à la première étape des présidentielles soient également présents à l'arrivée de la première étape des législatives, d'autant qu'ils s'étaient désisté à la deuxième étape des présidentielles en ralliant l'équipe arrivée première pour battre celle arrivée seconde !
Déjà, là, j'avais pas bien pigé la règle ! Mais alors là, chapeau ! :
  1. L'équipe « La France en marche » sort gagnante du jeu bien qu'elle perde plus de 2 millions de voix par rapport au premier tour des présidentielles. Avec 32,32 % des voix de ceux qui se sont déplacés, elle va représenter en fait moins de 16 % des citoyens ! Quel drôle de jeu où moins j'ai de voix et plus j'ai de députés. Cà ressemble « A qui perd gagne ».
  2. L'équipe « La France insoumise » perd plus de 4,5 millions de voix par rapport au 1er tour des présidentielles ! Où sont donc passés tous ces insoumis qui après avoir critiqué la cinquième République et son régime présidentiel, ne se donnent pas les moyens de mettre des contre-pouvoirs en place en retournant à l'isoloir ?
Après avoir voté pour l'équipe Macron pour faire barrage à l'équipe Le Pen, combien de joueurs sont donc restés chez eux ? N'ayant plus envie de jouer ils sont retournés chez eux pour prendre un repos bien mérité pendant les cinq prochaines années !
Ils s'abstiennent quand ils devraient voter ! Et inversement d'ailleurs !
Va comprendre Charles ! Moi, j'y comprends rien à ce jeu des élections !
Un coup j'y vais, un coup je passe mon tour !
Un coup je vote pour mon camp, un coup pour le camp adverse....
En comptant les abstentions, blancs et nuls, on atteint le chiffre de plus de 52% !
Moi, çà ne me dérange pas que 52% des électeurs se soient abstenus, puisque les urnes ne sont que le cercueil des illusions. Le problème est que cette abstention massive n'a rien de politique et encore moins révolutionnaire. La grande majorité de ces abstentionnistes va également s'abstenir de toutes luttes dans les semaines et mois à venir !
Merci de me contredire en m'annonçant les prémisses d'un troisième tour social !

En définitive, dictature et fascisme sont là à nos portes, grâce aux élections. Quand plus personne ne pose la question de la légitimité d'un pouvoir absolu fort de 15% des voix du peuple, il est temps de faire exploser la machine à soumettre les femmes et les hommes !
Dans une semaine l'Assemblée nationale va être entièrement macronisée, au nom du renouveau de la politique. A croire que les centaines de députés sont issus d'une génération spontanée alors que l'on sait que pour l'essentiel ils sont issus des partis de gauche et de droite. Les voilà enfin réunis pour servir le grand capital ! De la même manière que l'argent, paraît-il, n'a pas d'odeur, la majorité présidentielle à venir n'a pas d'idéologie : elle est de tous les bords puisqu'elle oeuvre pour le bien commun, celui de ceux qui en ont...du bien !


Il est décidément grand temps d'en finir avec ce « Jeu des élections » : même ceux qui y jouent encore ont oublié leurs propres règles ! Mais me direz-vous, quand, depuis ses origines, un jeu se révèle être surtout un jeu de dupes, peut-on s étonner des résultats !

vendredi 9 juin 2017

Le Parlement européen vient de criminaliser le délit d’opinion !

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Le Parlement européen vient de criminaliser le délit d’opinion !

Ce 1er juin le Parlement européen a voté, à une très large majorité, une nouvelle résolution sur l’antisémitisme qui criminalise une fois de plus le délit d'opinion, sous la pression des lobbies hyperactifs pro-israéliens. Il y a maintenant 50 ans, le 5 juin 1967, Israël lançait une offensive militaire de conquête aux conséquences dramatiques pour la paix mondiale, mais exige le silence !
Ils l’ont fait ! La seule instance démocratique européenne, le Parlement, vient de criminaliser le délit d’opinion. De la social-démocratie à l’extrême droite souverainiste et antisémite, tous les groupes ont voté en faveur d’une nouvelle résolution sur l’antisémitisme, à l’exception notable de la Gauche Unitaire Européenne et des Verts.
La résolution, par le biais du paragraphe 2, fait siens les critères proposés par la très sioniste International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) pour définir l’antisémitisme. Si celle-ci reconnaît que l’antisémitisme, c’est la haine du Juif en tant que juif, le paramètre de la définition ne s’arrête pas là : « Nier au peuple juif (sic) le droit à l’autodétermination, en prétendant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est une entreprise raciste » relèverait de l’antisémitisme. « Avoir deux poids deux mesures en demandant de l’Etat d’Israël un comportement que l’on attend ni ne demande de n’importe quelle autre nation démocratique (sic) ». Antisémitisme !
Le vote de cette résolution nous rappelle, qu’en France comme en Europe, "le droit à la critique d’Israël fait partie de la liberté d’expression politique en général, un acquis aussi précieux que fragile qu’il nous faut défendre à tout prix". Comme le souligne énergiquement l’UJFP (Union des Juifs Français pour la Paix).
Petit rappel sémantique :
- l’antisémitisme est un délit
- l’antisionisme est une opinion
Formulé vers la fin du XIXe l’antisémitisme désignait à l’origine le racisme à l’encontre des peuples sémites mais ne visera en réalité que les Juifs. La création d’un Etat juif (Israël), puis ses exactions permanentes : colonisation, racisme anti-arabe, apartheid, non respect du droit international, massacres, etc ... a amené de nombreuses voix dans le monde à dénoncer cette politique criminelle.
Celle-ci étant totalement indéfendable il fallait trouver comment faire taire ces voix à tout prix. Ce sera l’accusation d’antisémitisme dès lors qu’on osera critiquer le régime d’extrême droite israélien !
Ainsi, que ce soit en Israël même, chez les politiciens français ou dans les media, tout démocrate, tout humaniste, risque de se voir désormais traité d’antisémite par un lobby aux dents longues et sa propagande honteuse.
Cette dérive sémantique est tout à fait symbolique de l’utilisation qui est faite du sens des mots par ceux qui sont au pouvoir et qui tentent là de transformer systématiquement une opinion (critiquer la politique d’Israël) en un délit (l’antisémitisme). Ainsi le "délit d’opinion", propre des dictatures, s’est peu à peu infiltré dans la République.
Avec des conséquences :
- en parlant d’antisémitisme pour tout et n’importe quoi ils ont fini par en affaiblir le sens, et même le ridiculiser, tout en confortant les vrais antisémites
- le caractère obsessionnel de leur croisade, leurs propos souvent délirants, vont jusqu’à produire de fausses agressions antisémites !
- mais surtout cette chape de plomb prive les Français des informations et des prises de position qui leur permettraient de mieux comprendre la situation : l’horreur en Palestine, la guerre coloniale, le mouvement BDS, les résistants israéliens, la complicité des dirigeants français, leur soutien aux assassins, etc ...
Il semble, hélas, que dans la droite ligne de Valls, Macron et son mouvement En Marche sont décidés à céder eux aussi aux lobbies pro-israéliens. Ainsi deux candidats aux législatives viennent d’en être écartés pour avoir soutenu le mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et réclamé la séparation du CRIF et de l’Etat, ou demandé un embargo économique envers Israël.
Justement, ces élections doivent aussi être l’occasion pour les citoyens d’interpeller les candidats. S’engagent-ils à reconnaître enfin les droits des Palestiniens, à exiger le respect du droit international par Israël, à mettre au pas les lobbies et à nous rendre le droit d’exprimer notre opinion ?
Claire Vérilhac