mercredi 16 mai 2018

La constitution de l'Etat d'Israël : une imposture



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« La barbarie que les palestiniens subissent depuis 60 ans n'est pas moins atroce que celle commise par les nazis à l'encontre des juifs » Salah Salah, membre du Conseil National Palestinien lors d'un meeting à Paris.

La Palestine est une prison à ciel ouvert avec pour maton l'Etat d'Israël qui depuis plus de 60 ans, en toute impunité y assassinent femmes, enfants et vieillards palestiniens sous couvert de « guerre juste » contre un extrémisme arabe en général, le « Hamas » en particulier.

Le prétexte ne tient pourtant pas au regard de la guerre menée en 2000 dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, alors que le Hamas n'était pas au pouvoir !

Comment en est-on arrivé là ?

La situation des territoires occupés, du peuple palestinien plonge ses racines dans la partition de la Palestine, promulguée en 1948 par l'ONU afin de défendre les intérêts de l'Impérialisme américain. Mais bien avant l'impérialisme britannique avait permis d'établir les fondements.

Au XIXème siècle, la Palestine appartenait à l'Empire Ottoman. A cette époque, il y avait alors 25000 juifs pour la plupart venus d'Espagne (les « Séfarades ») après avoir fui les persécutions des souverains catholiques au XVIème siècle.

La Palestine d'alors c'est une certaine cohésion sociale et une réelle stabilité dans le millier de villages et villes florissantes, telles que Gaza, Haïfa, Hébron, Jéricho etc. « Le commerce, l'artisanat, le textile, la construction et la production agricole sont largement développés... Si la société palestinienne souffre de la collaboration des propriétaires terriens féodaux (« effendi ») avec l'Empire ottoman, elle reste très productive et diversifiée socialement et culturellement » (« l'histoire cachée du sionisme » de R. Schoenman).

C'est précisément cette cohésion sociale qui conduit Lord PALMERSON, en 1840, lorsque l'Angleterre a établi un consulat à Jérusalem, à proposer : « une colonie de juifs européens pour préserver les intérêts les plus larges de l'Empire britannique ».

En effet en Europe, à la fin du XIXème siècle, il y a un fort développement du capitalisme en même temps qu'une volonté d'expansion coloniale : la France, la Grande Bretagne, la Russie et l'Autriche-Hongrie s'intéresse de près à l'effritement du pouvoir de l'Empire Ottoman. L'occupation territoriale du Proche et Moyen-Orient a été précédée par une pénétration économique accélérant la dissolution des structures sociales de l'Empire Turc qui au début du XXème siècle a un endettement de 200 millions de livres sterling envers ses créanciers européens.

En 1914, la population palestinienne s'élève à 790000 habitants dont 92% d'arabes. Depuis 1882 par vagues successives des milliers d'immigrés juifs se sont installés sans qu'il y ait de problème entre eux et la population palestinienne. Cette immigration va s' accélérer avec la naissance du mouvement sioniste, vers 1895 en Europe Centrale, encourageant « par principe » la colonisation de la Palestine (résolution du 1er Congrès sioniste mondial à Bâle en Août 1897).

C'est BALFOUR, alors chef du gouvernement impérialiste anglais qui, le 2 novembre 1917 va permettre la constitution d'un « Foyer national juif en Palestine ».

En 1922, suite à la défaite de l'Empire Ottoman durant la 1ère guerre mondiale, la Société des Nations (SDN), ancêtre de l'ONU, octroie aux Britanniques, un mandat sur la Palestine. De façon délibérée l'impérialisme britannique va utiliser le mouvement sioniste en facilitant l'immigration juive au détriment des masses arabes installées depuis toujours en Palestine.

C'est bien là une des caractéristiques de l'impérialisme que de diviser les peuples afin de développer sa propre domination.

Durant les années 1920 à 1926, sur tous les territoires placés sous mandat, la répression est brutale face aux manifestations, émeutes arabes contre la colonisation sioniste :

  • En 1920, c'est la création de l' »Histadrout », syndicat ouvrier israëlien, dont le 1er Président est Ben Gourion et le slogan :  « Le travail aux juifs » !
  • Dans la foulée, en 1921 c'est la création de la « Haganah », véritable milice sioniste armée, à l'origine de la « Police des colonies ».

En 1927, la PAWS (société des travailleurs arabes) appelle à la révolte contre le mandat britannique et la colonisation sioniste. La répression est féroce, le pillage et l'exploitation ayant besoin de sérénité politique ! Les richesses pétrolières du Moyen-Orient explique pour beaucoup l'attitude des puissances américaines et européennes en Palestine.

En 1935, le capitalisme juif contrôle 872 des 1212 entreprises industrielles de Palestine. Un ouvrier juif touche un salaire de 145% supérieur à un ouvrier arabe palestinien. L'Histadrout déclare : « autoriser les arabes à pénétrer le marché du travail juif signifie que l'afflux du capital juif sera employé au développement arabe, ce qui est contraire aux objectifs sionistes ».

Le sionisme des années 1930 s'apparente en tous points au fascisme ascendant en Europe. Il utilise les mêmes méthodes en combattant le mouvement ouvrier progressiste aussi bien juif qu'arabe.

La Haganah cherche d'ailleurs à isoler le Parti communiste palestinien (PCP) dont les dirigeants juifs s'opposent aux organisations ouvrières sionistes.
En 1936, une révolte importante a lieu, due à la transformation de la société arabe agricole en société « occidentalisée » sioniste. Désobéissance civile et lutte armée se développent dans les campagnes afin de contraindre le Gouvernement Britannique à stopper l'immigration juive. En réponse, celui-ci appuie les groupes sionistes dans la répression qui par exemple amène la destruction de milliers de maisons de palestiniens à Jaffa, faisant plus de 6000 sans domicile. En revanche entre 1936 et 1937, ce sont 50 colonies sionistes qui sont construites, protégées par la Haganah devenue la « Police des colonies ».

L' Impérialisme britannique a donc préparé le terrain, mis en place les bases sur lesquelles pourra se réaliser la partition de la Palestine et c'est le 29 novembre 1947 que l'Assemblée générale de l'ONU vote cette partition avec le soutien des USA (H. TRUMAN) et de l'URSS (STALINE).

Dès avril 1948, la Haganah organise le nettoyage ethnique des palestiniens, ouvre une guerre sans fin qui perdure aujourd'hui.

1948, c'est pour les palestiniens la « Nakba », la « Catastrophe » : 800 000 d'entre eux sont expulsés, plus de 500 villages sont détruits.

La partition de la Palestine de 1947 est à la base des accords d'Oslo de 1993 entérinant l'ordre impérialiste, confirmant l'éclatement et la négation des peuples, fondé sur l'oppression et la négation de la démocratie. A l'opposé d'une démarche de paix ces accords ont crée les conditions pour de nouveaux affrontements et massacres. Aujourd'hui comme en 1948 ou 1993, la Nakba continue du fait de la nature profondément anti démocratique et usurpatrice du sionisme.

Désormais, la Palestine est éclatée en ghettos, en territoires, poches emmurés, véritables prisons à ciel ouvert. L'Etat palestinien est un « semblant d'Etat » donnant à voir la dislocation de tout un peuple.

Il est tant d'affirmer encore une fois que l'Etat d'Israël n'est pas né d'un développement national aboutissant à la constitution d'un Etat mais d'une « simple » décision arbitraire de l'ONU !

Alors que la seule solution pour la paix consisterait en une République laïque palestinienne garantissant à tous l'égalité des droits, on voit bien qu'à l'opposé, Israël, fort du soutien des USA et des grandes puissances entend bien continuer son oeuvre d'occupation amorcée à la fin du XIXème siècle.

Et tant pis si un peuple sans terre, sans avenir est appelé à disparaître !

lundi 14 mai 2018

Cela dure depuis 1948 ! Stop, cela suffit !

Combien de temps allons-nous nous taire face au génocide commis par
l'Etat théocratique sioniste israélien en Palestine ?
Cela dure depuis 1948 ! Stop, cela suffit !
Comment peut-on encore accepter les diktats, supporter l'impérialisme américain,
un des rares soutiens d'Israël et fauteur de guerres sur toute la planète ?
Assez d'atermoiements, les USA et ISRAEL doivent être condamnés et leurs leaders jugés...
Vive le combat des palestiniens, vive un Etat palestinien libre et laïque !
Quand aux sionistes, ils ont la mémoire courte et ont décidément bien appris de leurs boureaux.....

70 ans plus tard, la Palestine existe
          encore, par Claude El Khal58 civils palestiniens tués (chiffre provisoire), plus de 2000 blessés. Réaction à chaud de Claude El Khal après le terrible massacre commis par l’État d’Israël ce 14 mai, jour funeste de l’ouverture de l’ambassade US à Jérusalem.

« Nous devons tout faire pour qu’ils ne reviennent jamais, les vieux mourront et les jeunes oublieront », avait déclaré David Ben Gourion, l’un des pères fondateurs de l’État d’Israël, il y a déjà 70 ans. Depuis, tout a été fait pour que les Palestiniens ne reviennent jamais. Mais si les vieux meurent, et c’est inévitable, les jeunes n’ont pas oublié.
Ben Gourion se trompait. Génération après génération, les clés des vieilles maisons de Palestine se transmettent de père en fils, de mère en fille. Ces clés sont devenues le symbole de la Nakba, la catastrophe qui a frappé le peuple palestinien il y a sept décennies, lorsque des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont été massacrés ou chassés de leur maison et de leurs terres.
Ces clés sont aussi le symbole du retour en Palestine. Aussi illusoire qu’il puisse paraître aujourd’hui, ce retour est inévitable tant que ces vieilles clés sont au cœur de tout Palestinien et de tout être humain qui se respecte.
La Palestine n’est pas une cause arabe ou musulmane, c’est une cause universelle. Le sort du peuple palestinien, terrible, injuste, révoltant, est une insulte à notre humanité commune. Nelson Mandela n’avait-il pas dit : « Nous savons que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens. »
Si l’État d’Israël est aujourd’hui une réalité incontournable, la terre sera pour de nombreuses années encore celle de la Palestine. Une Palestine qui n’est pas uniquement résumée à des clés rouillées et à des tragédies passées. Une Palestine qui vibre toujours dans le regard fougueux d’une adolescente qui entend bien se réapproprier l’avenir.
La Palestine c’est Ahed Tamimi [photo] et des milliers de jeunes Palestiniens qui n’ont pas oublié, qui n’oublieront pas, et qui, malgré la répression sauvage, malgré les balles assassines, malgré les bombes au phosphore, malgré la prison et l’humiliation, se battent pour cette belle idée, fondamentalement humaine, qu’on appelle liberté.
=> Source : Claude El Khal, My Beirut Chronicles

Les armes non létales : une nouvelle course aux armements pour les besoins militaires et civils

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« Les armes non létales sont des armes discriminantes qui sont explicitement mises au point et utilisées pour frapper d'incapacité le personnel et le matériel, avec un minimum de risque mortel, de lésions permanentes au personnel et de dommages indésirables aux biens et à l'environnement » (Directive 3000.3, policy for Non-Lethal Weapons – juillet1996) (1)
Cette arme conçue pour que la cible ne soit pas tuée ou blessée lourdement a une origine civile et est principalement utilisée pour le maintien de l'ordre dans la dispersion d'émeutes et l'autodéfense. Ainsi le Flash-ball LSBD apparu dans les années 1990 et Le Taser X26, pistolet à impulsion électrique testé en 2004 font partie de la panoplie des armes non létales (ANL).
Il faut savoir que le Taser est classé par le règlement européen n° 1236/2005 parmi les armes susceptibles d’être utilisées pour infliger la torture. D'après Amnesty International et d’autres organismes, son utilisation peut avoir des conséquences mortelles. Quant au Flash-ball, en janvier 2017, 6 ans après les faits était jugé à Marseille la première affaire de bavure policière mortelle par tir de flash-ball.
Bien que cela ne soit qu'un des nombreux témoignages ayant démontré la dangerosité de ces nouveaux jouets offerts aux forces de l'ordre, leur utilisation n'est non seulement pas remise en cause mais d'autres ANL plus sophistiquées sont actuellement à l'étude ou expérimentées dans divers lieux du globe.
Le bâton du policier, même s'il a toujours des adeptes, va progressivement être relégué au musée aux côtés du gourdin de l'homme de Cro-Magnon !
Petit tour rapide de la panoplie des « armes propres » :
  • Le T-rad est un système vidéo couplé à un scanner chargé de surveiller une zone. Si un intrus est repéré, et après sommation, l'appareil enverra une décharge Taser.
  • La Quadri, invention française (cocorico), est un mini hélicoptère pouvant tirer des cartouches incapacitantes. Il permet au policier de surveiller une zone depuis un poste de commandement sans avoir à être sur le terrain.
  • Le V-MADS est un canon à micro-ondes (95GHz) monté sur un véhicule dont le faisceau, portant jusqu'à 500 mètres, entraîne des effets comparables à ceux d'un steak décongelé au four à micro-ondes en pénétrant la peau jusqu'à 1mm de profondeur avec une chaleur de 55 degrés.
  • I-Robot est un petit robot monté sur chenilles pour surveiller une zone. Dans sa version française (re-cocorico) l'engin est doté d'un I-Pistol utilisant des munitions de calibre 12 appelée TAD.
  • Et que dire des armes psychotroniques, étudiées et expérimentées depuis les années 1990. Prévues pour transmettre un champ d'énergie destructeur pour les équipements électroniques, elles peuvent également être utilisées en direction de personnes ; elles sont alors capables d'influencer le système nerveux avec des rayons non ionisants en provoquant des effets tant physiologiques que biologiques et neurologiques (nausées, vertiges, désorientation et autres séquelles plus graves etc.).
Vous aurez remarqué que l'utilisation de la majorité de ces armes ne nécessite pas la présence du policier sur le terrain. Flic ou militaire, voilà deux métiers en pleine mutation et qui vont s'avérer être de moins en moins dangereux, en tout cas comportant moins de risques que le travailleur lambda ou le civil manifestant dans la rue pour ses droits !
Les études et expérimentations tant civiles que militaires ne sont pas nouvelles : apparu aux Etats-Unis, le processus de légitimation des armes non létales (ANL) date des années 1960-1970 période marquée par l'émergence des masses contestataires et des mouvements de défense des droits civiques. La théorie de la non-létalité a pris également une place centrale dans la réflexion militaire sur les « conflits asymétriques » (cf guerres d'indépendance, guérilla) et la guerre urbaine ; pour exemple, 2006 a été la première expérience importante menée par les Etats-Unis en Irak dans le contexte de gestion post-conflit. La guerre des Balkans n'est pas en reste d'expériences quant à l'utilisation d'armes non létales.

Le concept de non-létalité postule pour finalité un armement spécifique évitant la mort. Nul doute que cet « évitement de la mort », cette « sauvegarde de la vie » a à voir avec la pensée judéo-chrétienne : il s'agit d'affirmer au nom de la morale chrétienne et de l'éthique libérale, pourquoi pas « verte et durable », une nouvelle logique du Pouvoir plus conforme à notre société moderne.
On est en droit de penser que face à la violence, militaire ou sociale, portée par le capitalisme, il s'agit de laisser croire à une sorte « d'humanisation de la violence », une « humanisation du Pouvoir capitaliste ». De la même manière que parler de guerre humanitaire permet de légitimer la guerre, le concept de non-létalité permet de légitimer le contrôle des masses au nom de la nécessaire défense de la société contre l'ennemi, de l'intérieur en particulier. En d'autres termes, le concept d'arme non létale s'inscrit dans le remplacement du « pouvoir lié à la mort » dans une société disciplinaire au profit d'un « pouvoir diffus et massifiant » dans une société de contrôle.
In fine, l'objectif est bien de contrôler les corps et les esprits, cela s'avérant plus rentable que donner la mort ! On accepte bien d'être video-surveillés et fliqués par nos portables et ordinateurs !

Il n'y a pas à propos des armes non létales de séparation conceptuelle entre développement civil et militaire, les programmes s'interpénètrent et se complètent.
Initialement les études émanant du monde civil mirent l'accent sur le potentiel d'extension du contrôle social, qu'offrait le non-létal. Mais, cette thématique civile du « contrôle des foules » va imprégner rapidement le monde militaire, répondant à ses besoins de « maintien de la paix », de gestion post-conflit, de situations conflictuelles mondiales nouvelles où combattants et civils sont de plus en plus entremêlés en particulier dans les combats en zones urbanisées.
Des recherches dans les domaines de « l'énergie dirigée » par exemple, laissent entrevoir pour la première fois des applications industrielles. Ainsi, sont en passe d'être développées des armes tous azymuts ayant pour objectif une paralysie globale de l'ennemi (militaire ou civil) grâce à toute la panoplie des lasers, ondes acoustiques, électromagnétiques, super-caustiques etc.
Il est intéressant de connaître les arguments militaires à propos des armes non létales : « Le contrôle des foules dans la conduite des missions de la paix et d'assistance humanitaire est devenu pour l'armée une tâche aussi courante que la destruction des blindés ou de l'artillerie ennemis en temps de guerre » (Concept for Non-Lethal – United States Army, décembre 1996).(1)
Encore plus clair : « Si les forces américaines sont capables, à travers l'électronique, l'électromagnétique, l'énergie dirigée, de neutraliser ou d'asphyxier les forces ennemies sans les détruire ou les tuer, la conduite des opérations militaires en serait révolutionnée. Le calcul global des coûts, des bénéfices et des risques changerait alors et pour les Etats-Unis et pour leurs adversaires » (The military Technical Revolution) (1)
Ceux qui pensaient que le non-létal avait avant tout une fonction humanitaire doivent revoir leur copie car, dans un système libéral il y a d'abord et surtout des impératifs économiques : si ne pas tuer tout en contrôlant le corps et l'esprit coûte moins cher, pourquoi se priver de faire des économies, donc plus de bénéfice  ?

Même l'OTAN dont la politique en matière d'ANL est calquée sur la politique américaine ne peut ignorer l'ambiguïté dans la distinction entre létal et non-létal : « les armes non létales n'offrent pas nécessairement une probabilité nulle de provoquer des pertes en vies humaines ou des lésions permanentes » (Politique de l'OTAN sur les armes non létales – octobre 1999)
Point de fausse naïveté, tout est affaire d'adaptation et de graduation dans l'utilisation des ANL, les militaires américains, européens n'ayant jamais nourri l'illusion d'une « guerre sans morts » ou d'une « létalité zéro ». In fine, l'innocuité du non-létal paraît quelque peu artificiel et conduit à la préférence du terme d' « armes à létalité réduite », terme moins contraignant sur le plan éthique, et qui permet de ménager une marge d'appréciation et d'erreur au plan juridique.
Pendant que des politiques, juristes réfléchissent aux meilleures définitions, les scientifiques dans les milieux militaires et civils sont à la pointe des recherches en matière d'armes à « Energie dirigée », lasers tactiques de haute puissance, canons à ondes millimétriques de basse puissance et autres mousses paralysantes armes hyper-caustiques, armes chimiques incapacitantes etc.

En liant maintien de l'ordre et maintien de la paix, le non-létal apparaît bien comme un nouveau concept stratégique chevauchant la frontière entre civil et militaire du niveau local aux niveaux national et international. Il y a là une stratégie globale consistant à optimiser les techniques de régulation et de contrôle, étatiques, paraétatiques et privées, destinées à gérer la vie dans sa dimension économique et sécuritaire.
Avec les armes non létales, nous sommes bien pleinement entrés dans l'ère de « Big brother » ! En tout cas il y a de quoi s'inquiéter de l'imaginaire politique et militaire de la « technologie du corps », de ses mythes stratégico-scientifique tels que « neutraliser sans détruire », « vaincre sans tuer » etc.

A la « destruction » de l'ennemi comme principe de la guerre, nos penseurs modernes substituent sa « paralysie » ; l'impératif de « contrôle du milieu » qui supplante celui de la « conquête de territoire » conduit inévitablement à une policiarisation de l'action militaire, et inversement, à une militarisation de l'action policière. Cette réalité est déjà à l'oeuvre depuis une quinzaine d'années sur divers lieux de conflits urbains : Palestine, Liban, Somalie, Côte d'Ivoire, Irak, Afghanistan etc., autant de terrains qui sont des lieux où sont dilués les distinctions entre militaire et civil, combattants et non-combattants, militaires et paramilitaires de sociétés privées.
Létal et continuum de force ont un point commun, la notion de guerre donnée comme système de contrôle global adaptant les réponses au contexte. A partir de là il est évident que l'idéologie du « zéro mort » à laquelle est lié le non-létal, relève de hypocrisie judéo-chrétienne face à la guerre, et de l'illusion biopolitique consistant à faire croire en la « guerre propre ».
Dans le même temps où, au nom du choix de la non-létalité, les politiques prétendent faire croire en la « guerre juste » discriminant combattants et non-combattants, ils développent la notion juridique de « légitime défense », légitiment l'extension policière du champ de la coercition militaire aux populations non directement combattantes. L'Irak est l'exemple type d'une région où la frontière conceptuelle entre combattants et non-combattants tend à disparaître.
Du létal au non-létal il s'agit de graduer la réponse selon le contexte, d'où la création d'un système combinant et modulant fonctions létale et non-létale, désigné sous le terme d'armement « rhéostatique ».
Létal ou non-létal, il s'agit toujours et encore de guerre, guerres menées par le capitalisme, guerres militaires ou guerres sociales ! La distinction symbolique entre « Sécurité extérieure » et « sécurité intérieure » est de fait abolie. Parce qu'il fusionne en une seule pratique sécuritaire les deux aspects, policier et militaire, du contrôle du corps et des populations, le concept d'ANL, cherche à légitimer « contrôle des foules » et « maintien de l'ordre » dans une « maîtrise de la violence ». On est bien sûr en droit de se poser la question de quel ordre il s'agit de maintenir, ou plus simplement on est en droit de s'inquiéter de l'appropriation et de la légitimation de la violence par l'Etat, serviteur zélé du capital.
Face aux volontés d'émancipation de millions de femmes et d'hommes qui refusent la barbarie capitaliste, face à la criminalisation du mouvement social et à la répression des luttes sociales, le marché des armes non-létales est colossal. L'utilsation de gaz, de produits chimiques, d'ondes électriques et autres jouets incapacitants ne vont pas tarder à tempérer l'ardeur des travailleurs !
Jean Jaurès disait que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage » ; cette affirmation est plus que jamais d'actualité. Létale ou non-létale, le capitalisme a toujours besoin de la guerre pour survivre à ses propres crises. Derrière les apparences trompeuses du concept de non-létalité se cachent les pratiques de la recherche techno-militaire avec, placée au centre, la bio-ingénierie du corps humain, le règne d'une biostratégie, tecnno-stratégie du vivant.

De la même manière que tous les pacifistes doivent refuser la course aux armements
traditionnels, il s'agit aussi aujourd'hui de dénoncer une énorme imposture politique. Le retour du religieux et l'affirmation d'une éthique libérale tendent à nous faire croire en une possible « humanisation de la violence » alors qu'il s'agit à terme de contrôler le vivant dans toute sa globalité sur la planète.
Grâce aux concept des armes non-létales, nos démocraties modernes gagnent sur deux tableaux :
  • à l'intérieur, elles vont pouvoir éliminer toute velléité de contestation avec toute l'éthique et jurisprudence nécessaires,
  • à l'extérieur le seuil du « politiquement acceptable » dans l'intervention dans un pays tiers va s'abaisser considérablement.
Pour conclure :
« Dans la discrétion des laboratoires, la recherche militaire continue et progresse, souvent dans des directions qui laissent présager pour les générations futures des défis autrement plus complexes que ceux posés par les armements actuels » Luc Mampaey (2)
La science fiction c'était hier, Welcome Big brother au pays de Globalia !

Source principale  : L'arme non létale dans la stratégie militaire des Etats-Unis – Georges-Henri Bricet des Vallons
  1. Cité par G-H Bricet des Vallons
autres sources :
  1. - Les armes non létales : une nouvelle course aux armements/Luc Mampaey (les rapports du Groupe de Recherche et d'Informations sur la Paix et la Sécurité - GRIP-janvier 1999)
- Armes psychotroniques – Le Monde – juillet 2008
- Les nouvelles armes non létales de la police...Une réalité d'un futur proche - Site Rebellyon.Info – juin 2009

dimanche 6 mai 2018

Eloge de la grève

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Ils ont de la chance, les managers de la République. Les gens ordinaires n’ont pas encore ressenti l’intérêt de faire la grève et d’en savourer les fruits. Pourtant, il y aurait de quoi s’offrir de belles journées. Il y aurait de quoi s’offrir à soi-même une belle émotion, libératrice, gentiment subversive, brève et forte. Faire la grève, ce serait, disons-le comme ça, une grande, une belle petite joie, j’en suis sûr. Ne serait-ce que d’un petit point de vue personnel, au ras du quotidien.
Pensons aux matins d’hiver, dans les grandes villes. Au métro bondé, aux odeurs de cheveux, de déodorant, à l’étouffoir des petites angoisses, de la lassitude résignée des salariés « qui ne sont rien », d’après ce qu’en dit le grand manager des Français. Coincé entre les épaules et les soupirs des inconnus, on se prend à rêver. Et si aujourd’hui, on ne se laissait pas faire ? Et si on n’avait pas à subir les mille servitudes du travail aujourd’hui ? Oui, on se prend à rêver. Et on repense, avec un peu d’anxiété peut-être, mais aussi une jubilation secrète, à nos journées d’école buissonnière.
Il y a des jours comme ça. Des jours où la farandole des imposteurs, à la télévision, à la radio, au bureau, sur le chantier, exaspère plus que de raison. Des jours où on nous en demande trop, en tout cas plus que ce qu’on est en mesure de donner. Et d’un seul coup, c’est étrange n’est-ce pas ?, le refus, la ruse, le demi-tour nous appellent. Et nous disent : là, vraiment, non. Hier d’accord, demain je ne dis pas. Mais aujourd’hui : non.
Parfois, ce n’est pas notre faute. Un enfant est malade, la salle de bain du voisin fuit à travers le plafond, la neige encombre les routes, la grippe nous saute à la gorge. Alors on reste à la maison, secrètement libéré, secrètement rebellé contre les agendas partagés, les réunions hebdomadaires, les problèmes en suspens, les directions des ressources humaines, les premiers de cordée.
La grève au fond, il faudrait l’essayer, pour voir.
La grève au fond, il faudrait l’essayer, pour voir. Allez savoir si perdre un jour de salaire, peut-être même plusieurs, n’en vaudrait pas la peine. Ne serait-ce que pour voir la tête de ceux qui trouvent ça fou, ou qui trouvent ça irresponsable. Payer pour voir, comme un coup de poker dérisoire et drôle.
Je me prends à songer à la puissance qu’aurait, dans mon beau pays malade, une grève générale faisant s’affaler en une journée tout l’ordre dominant, le gelant soudain, le faisant baisser d’un ton, le contraignant à l’immobilisme absolu, silencieux, fulminant, dans l’incompréhension générale, la stupéfaction et l’anxiété. Quelle panache ! « Mais que veulent-ils ? » se répéterait-on alors partout, sur les plateaux de télévision, dans les cabinets, dans les salles de réunion du Président. Enfin la question serait posée. Et une réponse serait attendue.
Quelle belle fiction ce serait, quel beau roman d’un jour ! Le lendemain, j’en suis sûr, quelle que soit la réaction du patron, des collègues, des confrères, au moins, avouons-le, on sourirait. Notre journée, notre semaine peut-être, et pourquoi pas notre mois d’école buissonnière, aurait eu le mérite de tout chambouler en silence. De faire peur, sans un geste violent. Et imaginons alors que nous ne soyons pas seul à nous lever le matin, à nous rendre au travail et, plutôt que de mentir pour nous tirer d’affaire, à clamer haut et fort qu’aujourd’hui, on répondra « non » à tous les ordres. Et que la loi nous protège.
Oui, vraiment, ils ont de la chance, les managers de la République.
texte de Léonard Vincent

la "fête à macron" ou la révolution à la mode bisounours

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Le 1er mai 2018 : moins de 60 000 manifestants à Paris
Hier 5 mai 2018 : semble t-il plus de 100 000 à Paris, soit plus de 40 000 manifestants à l'appel de la FI....

1 seule question : où étaient ces 40 000 le 1er mai ?

 Préparaient-ils les chars, les costumes de clown et les faux nez
 pour la fête à Bisounours, animée par le fou du Roi Jean Luc perché
 sur son char ?
 Si le carnaval auquel on a assisté hier se veut être l'expression
 d'une intransigeance militante, effectivement le black block est
 dépassé avec Benoît Hamon, le dangereux gauchiste, Paul Laurent
 atteint par Azheimer qui ne se rappelle pas avoir appelé à voter Macron..
 Les CRS vont finir par mourir de rire !

 "Fête à Macron" ?!
 Cela se voudrait révolutionnaire alors que nous combattons
 un système, le capitalisme, et non pas une personne !
 Cela revient à vouloir changer de nom...et pas de système !
 Allez les gens, encore un petit effort et vous finirez par élire l'ex trotskard-
 socialo merluche au poste suprême !
Il se prend déjà pour Jaurès...on n'a pas fini de se marrer !

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samedi 5 mai 2018

VITE UNE STATION DE METRO « COMMUNE DE PARIS – 1871 »


En septembre 2015, plusieurs dizaines de personnalités ont publié une pétition demandant qu’une station du métro parisien porte le nom de « Commune de Paris 1871 ». Cette demande a reçu le soutien appuyé de la population parisienne, de multiples collectivités et d’élus. Le Conseil de Paris, en particulier, a proposé le 15 décembre 2015 que la station de Belleville reçoive désormais le nom de « Belleville-Commune de Paris 1871 ». Plusieurs Conseils d’arrondissement, dont ceux du XXe et du XIe s’étaient préalablement prononcé dans le même sens.

Notre association s’est réjouie de cette conjonction. Pourquoi l’événement majeur de l’histoire parisienne nationale serait-il une référence à l’échelle mondiale et persisterait à être absent d’un réseau métropolitain dont la nomenclature est un condensé de l’histoire de la capitale ?
La RATP a fait savoir que cette proposition de la mairie de Paris était irréalisable, au motif que le changement de nom de la station Belleville risquait de perturber les usagers du métro. L’argument ne nous a pas convaincu : de nombreuses stations ont changé de nom sans que cela provoque le désespoir des usagers et la confusion des flux souterrains.

Or la presse nous apprend, par l’annonce de la Présidente de région et Présidente du Syndicat des Transports de l’Ile-de-France, Madame Valérie Pécresse, que la station Europe va être débaptisée pour devenir « Europe-Simone Vei »l. L’immobilité dans la nomenclature n’est donc pas une fatalité : bonne nouvelle ! Mais cela signifierait-il qu’il y a deux poids et deux mesures, qu’il est des personnalités légitimes et des événements tabous ? Nous voilà renvoyés aux antipodes de la résolution votée le 29 novembre 2016 par l’Assemblée nationale. Les députés ne se sont pas alors contentés de réhabiliter les communardes et communards victimes de l’atroce répression versaillaise : ils ont réaffirmé la nécessité de faire connaitre la réalité de la Commune et de promouvoir ses valeurs.

Est-il une composante de la responsabilité publique qui peut se dispenser de mettre en œuvre cette résolution ? Pour notre part, nous ne pouvons nous satisfaire de la réponse négative adressée à la demande des autorités parisiennes. Nous ne sommes pas des partisans du tout ou rien. Tout ce qui, même modeste (plaque, panneau historique…) met en valeur la Commune recevra notre soutien et même notre concours actif.
Mais le plus juste, à nos yeux, est d’aller dans le sens des exigences publiquement et largement exprimées : une station de métro parisien doit recevoir le nom de « Commune de Paris 1871 ». Toute réponse dilatoire serait, d’une manière ou d’une autre, en deçà de la volonté proclamée par la représentation nationale. À quelques encablures du cent-cinquantenaire de l’événement communard, ce serait un très mauvais signe donné à l’opinion.
Amies et Amis de la Commune de Paris 1871