dimanche 30 juin 2013

Les dix stratégies de manipulation de masses

Les dix stratégies de manipulation de masses
Noam Chomsky Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.
Image : the last minute
PRESSENZA Boston, 21/09/10
1/ La stratégie de la distraction Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » 2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics. 3/ La stratégie de la dégradation Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité,
délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.
4/ La stratégie du différé Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. 5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles» 6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements… 7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » 8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte… 9/ Remplacer la révolte par la culpabilité Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!… 10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

L'Express avec APF 28/06/2013

la police a été une «vache à lait», accuse l'ancien patron de l'IGS
| Par Louise Fessard - Mediapart.fr
> > Le parquet de Paris a confié le 14 juin 2013 à la Division nationale des investigations fiscales et financières (Dniff) une enquête préliminaire sur les primes en liquide perçues par l’ancien ministre de l’intérieur Claude Guéant. Selon un rapport d’inspection, Claude Guéant, alors directeur de cabinet du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, aurait reçu quelque 10 000 euros en liquide par mois entre 2002 et 2004, prélevés sur les frais d’enquête des policiers. Dernière révélation intrigante sur le train de vie du préfet : selon Paris Match, Claude Guéant et sa femme ont déboursé « comptant » 717 500 euros en mars 2008, pour acquérir un appartement de 90 m2 dans un quartier huppé de la capitale, rue Weber.
> > Directeur jusqu’en 2010 de l'inspection générale des services (IGS) qui contrôle l'action des policiers de Paris et de la petite couronne, Éric Meillan, aujourd’hui à la retraite, estime qu’il s’agit d’un dérive généralisée qui remonte au moins à l’époque où Claude Guéant était directeur général de la police nationale de 1994 à 1998. Cabinet où il est lui-même entré comme conseiller technique en 1993. « Il faut poursuivre tous les non-policiers qui ont perçu des sommes qui étaient dévolues à l’action de police et se sont enrichis individuellement », affirme Éric Meillan*.
> > À quoi servent normalement les frais d’enquête et de surveillance (FES), qui représentent quelque 10 millions d’euros circulant en liquide chaque année dans les services de police ?
> > Éric Meillan : Les frais d’enquête et de surveillance sont des frais officiels pour le fonctionnement opérationnel de la police. Ils n’ont rien à voir avec les fonds secrets qui sont une manne secrète à disposition du gouvernement. En fait, c’est l’argent quotidien qui est indispensable à l’action de la police. Des petites choses pas forcément comptabilisables. Quand vous devez acheter un livre qui vous intéresse, il n’est pas possible de faire un bon d’achat et d’attendre six mois pour l’obtenir !
> > Une police sans argent, c’est une police sans renseignement, des policiers qui ne peuvent pas rendre une invitation, ne peuvent pas se payer un sandwich, c’est la main tendue à des affaires de corruption. La dérive commence en effet quand le policier est obligé d’aller chercher de l’argent pour faire son travail. À ce moment, il risque de franchir la ligne jaune et de passer du mauvais côté.
> > J’ai par exemple participé à l’opération lors de la prise d’otages à la maternelle de Neuilly-sur-Seine par « Human Bomb ». Nous avions prélevé dans le coffre des frais d’enquête et de surveillance l’argent liquide dont nous avions besoin pour verser la rançon. Je crois bien que nous avions tout pris ! Au final, la rançon n’a pas été payée et cette somme a été restituée le soir même ou le lendemain.
> > En fonction de quels critères le directeur général de la police nationale (DGPN) répartit-il ces fonds ?
> > L’argent est détenu par le directeur général de la police nationale (qui en général n’est pas un policier), mais il ne fait qu’exécuter les instructions du cabinet du ministre de l’intérieur. Les FES sont partagés en deux au sommet de la technostructure.
> > Le premier secteur, forfaitaire, est attribué à chaque service pour son activité en fonction des dépenses prévues et reconnues. Et le deuxième secteur est retenu par la technostructure et distribué autants que de besoin aux services de police, pour payer des dépenses imprévues. Il servait aussi à payer une prime à des fonctionnaires méritants. Par exemple, quand un service a fait une belle affaire de drogue, qui a été éreintante et stressante, le directeur de service va solliciter le DGPN pour avoir un remboursement des frais exceptionnels engagés et donner une petite prime à tel et tel fonctionnaire. C’est de moins en moins vrai, puisque cela a été remplacé sous l’ère Sarkozy par les fameuses primes au mérite.
> > Ce deuxième secteur est complètement opaque : seul le DGPN et certains membres du cabinet des ministres en connaissent les montants. Il n’y a pas de remise globale, mais des remises échelonnées qui se font de manière confidentielle. Il n’y a rien de fixe, rien d’affiché, rien de transparent.
> > Mais en tant que patron de la police des polices parisiennes, n’aviez vous pas un droit de regard sur l’usage de ces frais d’enquête ?
> > À l’IGS, nous n'avons jamais été saisis de la question des frais d’enquête et de surveillance et nous n’avions pas de droit de regard là-dessus. C’était un sujet tabou. La technostructure avait réussi l’exploit de mettre mal à l’aise les directeurs de police par ces méthodes un peu opaques. Tout était fait pour que vous ne sachiez jamais où vous en étiez.
> > Au niveau de Radio couloir, nous avions un doute sur l’utilisation de sommes policières par des non-policiers. Et en particulier, nous savions que les frais de cabinet avaient été maintenus au cabinet du ministre de l’intérieur. Mais nous n’avions aucune preuve. C’est dans les médias que j’ai appris que Claude Guéant avait, entre 2002 et 2004, touché 10 000 euros par mois, puisés dans ces frais d’enquête et qu’il considérait comme une prime de cabinet. À côté de ça, ce que touchaient les directeurs de police pour le fonctionnement de leur service, c’était minable.
> > Je rappelle que Claude Guéant avait la volonté de supprimer le corps des commissaires en le fusionnant avec celui des officiers. Pourquoi ? Les commissaires ont fait les mêmes études que les énarques, ils ont une solide formation juridique. Ce sont des gens qu’on ne peut pas manipuler facilement. Je ne peux m’empêcher de penser que s’il n’y avait plus de commissaires pour diriger la police, il aurait été possible de disposer encore plus facilement de ces frais d’enquête et de surveillance.
> > Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. Pensez-vous que d’autres personnes que Claude Guéant puissent être inquiétées ?
> > Oui, car ce n’est pas une dérive spécifique à l’ère Nicolas Sarkozy (ministre de l’intérieur de 2002 à 2004 puis de 2005 à 2007 –ndlr). Elle remonte au moins à l’époque où Claude Guéant était directeur général de la police nationale dans les années 1994-1998. Il faut maintenant savoir si cela s’est pérennisé après 2004. Les directeurs de police ont-ils touché plus de FES de deuxième secteur après 2004 ? Je n’ai pas eu connaissance d’une soudaine augmentation des frais policiers après 2004. Alors où est donc cet argent ?
> > C’est une dérive de gens qui ont considéré la police comme vache à lait. Si tout ceux qui ont touché illégitiment ont un peu d’éthique, ils vont rendre cet argent et partir. Ils n’ont pas leur place dans ce type d’institution. J’ai une suspicion concernant certains qui sont passés d’un cabinet à l’autre pendant des années et en ont peut-être bénéficié. Il faut poursuivre tous les non-policiers qui ont perçus des sommes, qui étaient dévolues à l’action de police, et se sont enrichis individuellement.
> > C’est assez facile. Il suffit de faire la différence entre les sommes totales perçues par le ministère de l’intérieur au titre des FES et ce qui a effectivement été remis aux différents directeurs et chefs de service policiers au titre du premier et du deuxième secteur. Là, on aura la somme qui manque ! Cette différence constituerait pour des magistrats l’élément matériel de l’infraction de détournements de fonds publics ou d’abus de confiance, plus de recel.
> > ---------------------------------
> > * Auteur de Confessions d'un sale flic (Éditions du Toucan, avril 2012)
n/a
> > Mais les intéressés n’étaient peut-être pas tous au courant de l’origine policière de ces “primes” ? Jusqu'à la réforme des primes de cabinets ministériels de 2002, cet argent en liquide pouvait venir des fonds spéciaux.
> > Si je vous remettais quelques milliers d’euros dans une enveloppe tous les mois, ne vous poseriez-vous pas des questions de savoir d’où sort cet argent ? Ou alors ces gens n’ont rien à faire à ce niveau-là ! Surtout à partir de 2002, où tout le monde savait qu’il n’y avait plus de fonds spéciaux. Et Radio couloir au ministère de l’intérieur a toujours dit que tout cet argent venait de la police.
> > Qu’en est-il de la fameuse Henriette, une fonctionnaire aujourd’hui partie à la retraite, qui, selon les auteurs de Place Beauvau, la face cachée de la police (Robert Laffont, 2006), distribuait ces enveloppes en liquide tirées de son coffre-fort ?
> > Henriette est une femme de bien, un ancien officier de police. Vu son âge – elle doit avoir 90 ans aujourd’hui –, elle n’était plus en poste comme fonctionnaire mais sous contrat. Elle avait en effet un gros coffre-fort, dont il existait le pendant à la préfecture de police. Je pense que les ministres successifs l’ont maintenue car, malgré son caractère rétif et pas toujours facile, elle exécutait parfaitement les instructions données. C’était quelqu’un de confiance, une vraie tombe !
> > Vous-même, touchiez-vous des FES à vos différents postes, en tant que conseiller technique au cabinet du directeur général de la police nationale entre 1993 et 1998, puis sous-directeur à la DST et enfin patron de l’IGS ?
> > En tant que responsable d’un service de police à la DST, puis comme conseiller au cabinet du DGPN, j’avais une activité policière. J’ai mené plusieurs missions. C’était donc logique que je touche des FES.
> > De quel montant ?
> > Je ne peux pas vous dire, car j’étais habilité très secret aussi bien à la DST qu’au cabinet du DGPN. Mais c’était sans comparaison avec les 10 000 euros de Claude Guéant.
> > Et à l’IGS ?
> > À la tête de l’IGS, je touchais une somme globale que je ventilais ensuite. C’était dérisoire. Avec ça, je n’aurai pas pu me payer le Bristol (un restaurant proche de la place Beauvau – ndlr) tous les jours, contrairement à nombre des personnes du ministère de l’intérieur.
> > Le rapport d’inspection rendu public le 11 juin 2013 pointe également de nombreux errements dans l’utilisation des frais d’enquête par les services policiers eux-mêmes : cadeaux de départs, « dépenses de convivialité », gratifications, etc. L’IGPN elle-même est pointée du doigt pour sa « comptabilité sommaire ».
> > Les policiers sont les destinataires légitimes de ces sommes. S’ils les ont mal utilisées, c’est un problème de gestion interne qu’il faut assumer. Mais on ne peut les assimiler à ceux qui, illégitimement, se sont attribués secrètement des fonds qui ne leur étaient pas destinés et ont manqué à la sécurité. Je crois qu’il y a une volonté de mélanger les deux pour noyer le sujet. Mais il y a, à mon sens, une différence énorme ! Il n’y a aucune raison pour que la gestion des FES demeure opaque. Les directeurs de police n’ont qu’à assumer leurs responsabilités en gérant eux-mêmes cet argent et non en subissant une gestion externe.
> > Le système des informateurs, qui depuis 2004 sont officiellement immatriculés dans un fichier et reçoivent un reçu des sommes versées, montre cependant qu’il semble possible d’avoir une meilleure traçabilité des frais d’enquête sans mettre en danger l’efficacité policière !
> > Cette procédure est d’une stupidité remarquable. Elle a été mise en place par des gens qui n’ont jamais eu à traiter un informateur. Un policier qui accepte de donner les nom, prénom, adresse et les sujets sur lesquels sa source l’informe, c’est contre-nature. Aucun policier traitant digne de ce nom ne va le faire, surtout à des gens qui ne sont pas de son métier.
> > La réalité est que vous ne donnez dans ce fichier que les indics pourris, ceux qui mangent à tous les rateliers. Les vrais informateurs, vous ne les mettez pas ! Toute ma vie de police, j’ai eu des sources, dont certaines de grande valeur, mais je ne suis jamais passé par ce fichier.
> > Le rapport des deux inspections générales n’a pas pu mettre la main sur les archives du cabinet du DGPN avant 2007. C’est une tradition à la DGPN de détruire les archives à chaque élection ?
> > Le cabinet du ministre de l’intérieur avait tendance à détruire ses archives, ce qui n’est pas illogique. C’est le fait politique. Le cabinet de la DGPN est par contre un cabinet technique, qui applique des directives gouvernementales, un peu comme le cabinet militaire au ministère de la défense. Je ne vois donc aucune raison pour que la police détruise ses archives ! Au contraire, c’est une source d’enrichissement pour savoir comment les problèmes ont été résolus par le passé.
> > Comment est-ce possible que pendant dix ans rien n’ait filtré de ces 10 000 euros en liquide reçus chaque mois par le directeur de cabinet du ministre de l’intérieur ?
> > En tant qu’ancien responsable de la DST, du cabinet et de l’IGS, je pense que la police est malade de l’opacité. L’opacité crée la suspicion. Le ministère de l’intérieur n’est pas encore entré dans l’ère du réel, du dit, de l’affiché. Pour les frais, comme pour le reste. Ce n’est pas normal. En dehors du secret défense, je suis partisan de la transparence. La police est un service public, pas un service secret. C’est la seule façon de rétablir le dialogue avec la population et de donner une bonne conscience aux fonctionnaires de police.
> > Vous-même avez été mis en cause dans l’affaire de l’IGS, révélée en janvier 2012 dans Le Monde par d’anciens collaborateurs qui ont affirmé qu’en tant que patron de l’IGS, vous ne pouviez pas ignorer que des procès-verbaux avaient été truqués. Que répondez-vous ?
> > Ces gens-là sont revenus depuis sur leurs positions. Je m’en étais déjà expliqué à l’époque dans Paris Match. J’ai été entendu comme témoin en 2012 dans le cadre de trois des enquêtes ouvertes. J’attends aujourd’hui les décisions de justice pour savoir quelle sera ma position sur ce qui est une non-affaire et a fait l’objet de calomnies dans les médias.
> > Mais si vous estimez avoir fait l’objet d’écrits calomnieux, pourquoi ne pas avoir déposé plainte ?
> > Je laissse la justice faire son travail pout l’instant. Je pourrai toujours le faire après les procédures.

un évêque arrêté dans l'affaire de la banque du Vatican

L'Express avec APF 28/06/2013
> Trois hommes, dont l'évêque de Salerne et le vice-président de la banque du Vatican, ont été arrêtés dans une enquête de la justice italienne pour blanchiment d'argent.
Les cardinaux au Vatican, le 19 mars 2013. AFP / ALBERTO PIZZOLI
> Un évêque, un membre des services secrets italiens et un intermédiaire financier ont été arrêtés vendredi dans le cadre d'une enquête de la justice italienne sur l'Institut des oeuvres de religion (IOR), la banque du Vatican, ont annoncé les médias. Selon le site du Corriere della Sera, le prélat arrêté est Mgr Nunzio Scarano, évêque de Salerne, dans le sud de l'Italie. La télévision Sky TG-24 indique que les trois hommes sont soupçonnés de fraude et corruption.
> L'arrestation des trois hommes a été faite dans le cadre d'une vaste enquête lancée par la justice italienne en septembre 2010 qui visait le président de l'IOR Ettore Gotti Tedeschi et le directeur général Paolo Cipriani de l'époque pour violation de la législation contre le blanchiment d'argent. Des dizaines de millions d'euros avaient été bloqués dans le cadre de cette enquête qui avait conduit, entre autre, au limogeage de la direction du IOR.

Scandales à répétition

> Au fil des ans, des scandales retentissants ont entaché la réputation de l'IOR, des milieux criminels ayant profité de l'anonymat ou de prête-noms pour y blanchir leurs fonds. Le plus important avait été en 1982 la faillite du Banco Ambrosiano, un scandale bancaire qui mêlait CIA et loge maçonnique. L'affaire Enimont (1993) de pots-de-vins à des partis politiques italiens a aussi éclaboussé l'IOR et plus récemment, le tribunal de Rome a détecté des cas de blanchiment d'argent mafieux à travers les arcanes de la banque.
> Le Suisse René Brülhart, conseiller de l'Autorité d'information financière (AIF) qui supervise l'IOR, a indiqué que six transactions suspectes avaient été signalées en 2012. Ces dernières années, le Vatican a renforcé à plusieurs reprises les mécanismes de contrôle du IOR et le dernier en date a été créé il y a deux jours par le pape François sous la forme d'une commission spéciale ne répondant qu'à lui, pour contrôler les activités du IOR.

Une nouvelle entourloupe de la part des sénateurs à l'encontre de l'enseignement public.

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/s-nateurs-cr-ent-un-statut-aux-tablissements-denseignement-sup-rieur-priv-s-non-lucrat

Les sénateurs créent un statut aux établissements d'enseignement supérieur privés à but non lucratif

sénat - AFP

Crèche, hôpital, entreprise: l’Observatoire de la laïcité se méfie des «lois émotion»

Pour l’instant, c’est ni oui ni non. Dans son «rapport
d’étape» publié le 25 juin (
y accéder dans son
intégralité
), l’Observatoire de la laïcité ne prend pas
parti pour une loi interdisant le port de signes religieux
dans les structures privées, comme les associations,
assurant une mission d’accueil des enfants. Mais
il ne l’exclut pas non plus. Il déblaie le terrain,
particulièrement encombré, et se donne jusqu’à la
fin de l’année pour se positionner. Ce faisant, il
ressort de ce premier bilan quelques principes et
orientations allant dans le sens de l’
«apaisement»,
pour paraphraser François Hollande, qui, sur cette
affaire, s’est plutôt montré va-t-en-guerre.
C’est en effet une décision de la cour de cassation
du 19 mars 2013 qui a mis le feu aux poudres en
annulant le licenciement d’une employée de la crèche
Baby-Loup au motif qu’elle portait le voile. Pourtant
généralement prudent sur ces questions brûlantes, le
président de la République, lors d’un entretien télévisé
le 28 mars, a jugé indispensable
«que nous posions des
règles»
. Autrement dit, moins de dix ans après la loi
sur le voile à l’école, il s’est déclaré favorable à une
nouvelle loi. Créé il y a six ans sans jamais voir le
jour, l’Observatoire de la laïcité a été relancé à cette
occasion. Sa présidence a été confiée à Jean-Louis
Bianco, ancien ministre et ex-directeur de campagne
de Ségolène Royal.
Dans la lettre de mission, François Hollande estime
que
«les lignes de séparation entre secteur public
et secteur privé ont évolué»
et qu’«il y a donc une
nécessité de clarification»
. Ne citant qu’un exemple,
celui de Baby-Loup, il demande à l’Observatoire
d’
«émettre rapidement des propositions».
Il devra attendre encore quelques mois pour obtenir
un avis formel.
«Prenons le temps nécessaire pour
dresser un état des lieux aussi objectif, complet
et impartial que possible»
, temporise Jean-Louis
Bianco, dans l’introduction de ce rapport de près
de 200 pages.
«D’un côté, des événements dans
certains établissements publics ou privés, largement
médiatisés, donnent à penser que la laïcité serait un
principe moins respecté aujourd’hui qu’hier. D’un
autre côté, les constats faits par les administrations
et les entreprises privées semblent montrer que
beaucoup de questions relatives au fait religieux
peuvent être réglées – et le sont le plus souvent – par
le dialogue»
, assure-t-il, listant toutes les possibilités
s’offrant à l’exécutif, de la loi à la circulaire en passant
par une charte générale et des
«guides de bonnes
pratiques»
.
Interrogé par Mediapart, il paraît hésitant à initier
une refonte législative, refusant les
«lois émotion»
et se préoccupant de la réception que pourrait avoir
une telle loi
«dans un contexte où le FN se fait le
champion de la laïcité»
. «Une loi va-t-elle apaiser
la société ou au contraire durcir les rapports entre
les Français?»
, s’interroge-t-il, évoquant la «montée
impressionnante de l’islamophobie en France»
. Il
reprend à son compte la formule d’Aristide Briand,
déjà citée par le ministre du travail Michel Sapin,
appelant de ses voeux une
«laïcité de sang-froid»,
et espère aboutir à un
«consensus» sur un «sujet
extrêmement difficile»
.
Plusieurs fois, que ce soit à propos des salles de
prière, des menus à la cantine, des fêtes religieuses et
des tenues vestimentaires, il en revient à l’expérience
du terrain.
«Dans les entreprises, les administrations,
les communes, l’hôpital, l’enseignement supérieur,
etc.,le nombre d’incidents recensés est moins élevé
qu’auparavant
, souligne-t-il. La plupart des conflits
se règlent par le dialogue. Le plus souvent, le bon
sens l’emporte, grâce à l’existence de nombreux
outils de régulation.»«Nous n’avons pas recueilli de
demande nette d’une nouvelle loi, en même temps
,
reconnaît-il,
il y a des accrocs. Nous avons aussi des
témoignages où la laïcité est mise en cause, il ne faut
pas minimiser.»

JP Morgan prescrit la dictature en Europe

Attention danger , selon Stefan Steinberg  dans un billet du World Socialist Web Site, la banque américaine appelle purement et simplement à l'avènement de la dictature en Europe.
JPMorgan réclame des régimes autoritaires en Europe Par Stefan Steinberg
19 juin 2013
Dans un document publié à la fin du mois de mai, le géant des banques d’investissement américain JPMorgan Chase réclame l’abrogation des constitutions démocratiques bourgeoises établies après la Seconde Guerre mondiale dans une série de pays européens et la mise en place de régimes autoritaires.
Le document de 16 pages a été réalisé par le groupe Europe Economic Research de JPMorgan et est intitulé « L’ajustement de la zone euro – bilan à mi-parcours. » Le document commence par faire remarquer que la crise de la zone euro a deux dimensions.
Pour commencer, il affirme que des mesures financières sont nécessaires pour garantir que les principales institutions d’investissement comme JPMorgan puissent continuer à engranger d’énormes bénéfices de leurs activités spéculatives en Europe. Ensuite, les auteurs soutiennent qu’il est nécessaire d’imposer des « réformes politiques » destinées à supprimer l’opposition aux mesures d’austérité massivement impopulaires qui sont appliquées au nom des banques.
Le rapport exprime sa satisfaction vis à vis de l’application par l’Union européenne d’un certain nombre de mécanismes financiers visant à garantir les intérêts bancaires. A cet égard, l’étude souligne que la réforme de la zone euro en est pratiquement à mi-chemin. Mais le rapport réclame aussi davantage d’action de la part de la Banque centrale européenne (BCE).
Depuis l’éruption de la crise financière mondiale de 2008, la BCE débloque des milliers de milliards d’euros en faveur des banques pour leur permettre d’effacer leurs créances douteuses et de redémarrer une nouvelle série de spéculations. En dépit d’une pression grandissante venant des marchés financiers, le chef de la BCE, Mario Draghi a déclaré l’été dernier qu’il ferait le nécessaire pour consolider les banques.
En ce qui concerne les analystes de JPMorgan, ceci n’est cependant pas suffisant. Ils exigent de la part de la BCE une « réponse plus spectaculaire » à la crise.
Les critiques les plus dures du document sont cependant formulées à l’égard des gouvernements nationaux qui ont mis bien trop de temps à appliquer le genre de mesures autoritaires nécessaires à l’imposition de l’austérité. Le processus d’une telle « réforme politique » précise l’étude, a « même à peine commencé. »
Vers la fin du document, les auteurs expliquent ce qu’ils entendent par « réforme politique. » Ils écrivent : « Au début de la crise l’on avait pensé que ces problèmes nationaux hérités du passé étaient en grande partie d’ordre économique, » mais « il est devenu manifeste qu’il y a des problèmes politiques profondément enracinés dans la périphérie qui, à notre avis, doivent être changés si l’Union monétaire européenne (UME) est censée fonctionner à long terme. »
Le document détaille ensuite les problèmes existant dans les systèmes politiques des pays de la périphérie de l’Union européenne – la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie – qui sont au centre de la crise de l’endettement en Europe.
Les auteurs écrivent: « Les systèmes politiques de la périphérie ont été établis après une dictature et ont été définis par cette expérience-là. Les constitutions ont tendance à montrer une forte influence socialiste, reflétant la force politique que les partis de gauche ont acquise après la défaite du fascisme. »
« Les systèmes politiques autour de la périphérie affichent de manière typique les caractéristiques suivantes : des dirigeants faibles ; des Etats centraux faibles par rapport aux régions ; une protection constitutionnelle des droits des travailleurs ; des systèmes recherchant le consensus et qui encouragent le clientélisme politique ; et le droit de protester si des modifications peu appréciées sont apportées au statu quo politique. Les lacunes de cet héritage politique ont été révélées par la crise. » Quelles que soient les inexactitudes historiques contenues dans leur analyse, il ne peut y avoir l’ombre d’un doute que les auteurs du rapport de JPMorgan plaident pour que les gouvernements adoptent des pouvoirs de type dictatorial afin de mener à bien le processus de contre-révolution sociale qui est déjà bien avancé à travers toute l’Europe.
En réalité, il n’y avait rien de véritablement socialiste dans les constitutions établies durant la période d’après-guerre partout en Europe. De telles constitutions visaient à garantir le régime bourgeois dans une situation où le système capitaliste et ses agents politiques avaient été totalement compromis par les crimes des régimes fascistes et dictatoriaux.
Les constitutions des Etats européens, y compris celles de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal, ont été élaborées et appliquées en collaboration avec les partis socialistes et communistes des pays respectifs et qui ont joué le rôle clé dans la démobilisation de la classe ouvrière pour permettre à la bourgeoisie de maintenir son régime.
Dans le même temps cependant les classes dirigeantes discréditées de l’Europe étaient parfaitement conscientes que la Révolution russe demeurait une inspiration pour de nombreux travailleurs. Elles se sont senties obligées de faire une série de concessions à la classe ouvrière dans le but d'empêcher une révolution – sous la forme précisément de protections sociales et constitutionnelles, dont le droit de manifester, ce que JPMorgan aimerait à présent voir aboli.
Dans une certaine mesure, les critiques de la banque à l’égard du manque d’autoritarisme des gouvernements européens sonnent creux. Partout en Europe, les gouvernements ont à maintes reprises recouru ces dernières années à des mesures d’Etat policier pour réprimer l’opposition à l’encontre de leur politique.
En France, en Espagne et en Grèce, des décrets d’urgence et l’armée ont été utilisés pour briser des grèves. La constitution adoptée en Grèce en 1975, après la chute de la dictature des colonels, n’a pas empêché le gouvernement grec de licencier en masse des fonctionnaires. Et dans un certain nombre de pays européens, les partis dirigeants sont en train d’encourager le développement de partis néofascistes tel le mouvement Aube dorée en Grèce.
Toutefois, pour JPMorgan cela ne suffit pas. Afin d’éviter une révolution sociale dans la période à venir, ses analystes préviennent qu’il est indispensable que les gouvernements capitalistes partout en Europe se préparent aussi vite que possible à mettre en place des formes de régime dictatoriales.
A la fin du document, les auteurs avancent une série de scénarios qui, selon eux, pourraient découler de l’échec des gouvernements européens à ériger des systèmes autoritaires. Ces variantes comprennent : « 1) l’effondrement de plusieurs gouvernements favorables aux réformes en Europe méridionale, 2) un effondrement du soutien à l’euro ou à l’UE, 3) une victoire électorale incontestée de partis anti-européens radicaux quelque part dans la région, ou 4) l’ingouvernabilité de fait de certains Etats membres une fois que les coûts sociaux (notamment le chômage) dépasseront un certain seuil. »
C’est la voix authentique du capital financier qui parle. Il faut rappeler que JPMorgan est profondément impliqué dans les opérations spéculatives qui ont dévasté la vie de centaines de millions de travailleurs partout dans le monde. En mars de cette année, une commission du sénat américain a rendu public un rapport de 300 pages documentant les pratiques criminelles et la fraude réalisées par JPMorgan, la plus grande banque des Etats-Unis et le plus grand agent de produits dérivés du monde. En dépit des révélations détaillées dans le rapport, aucune action ne sera prise à l’encontre du PDG de la banque, Jamie Dimon, qui jouit de la confiance personnelle du président américain.
Cette même banque se permet à présent de faire la leçon aux gouvernements. Soixante-dix ans après la prise de pouvoir par Hitler et les nazis en Allemagne, dont les conséquences furent catastrophiques pour l’Europe et le monde, JPMorgan est le premier à réclamer des mesures autoritaires pour réprimer la classe ouvrière et éradiquer ses acquis sociaux.

JPMorgan calls for authoritarian regimes in Europe
World Socialist Web Site-16 juin 2013
Pour le document de JP morgan voir ici

dimanche 16 juin 2013

Terreur répressive à Istanbul

Message d’Istanbul, nuit du 15 au 16 juin 2013 aux alentours de minuit :
Aujourd’hui, suite au discours extrêmement sectaire, violent et mensonger du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan à Ankara, la police a commencé à attaquer vers 21 heures des milliers de personnes qui dînaient Place Taksim et au Parc Gazi. Il y avait des enfants de 4 ou 5 ans, des mères et des personnes âgées lors de k’attaque à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Selon les rapports, la police n’a pas autorisé les journalistes à faire leur travail ou à prendre des photos Parc Gezi.
http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/108.jpgEnfants victimes de la terreur policière, Istanbul nuit du 15 au 16 juin
La police a aussi attaqué à coup de canons à eau les manifestants qui se sont réfugiés dans le célèbre hôtel Divan qui leur avait ouvert ses portes. Les gens disent qu’il y a des milliers de blessés dans l’hôtel. Les gens ont formé une chaîne humaine devant l’hôtel pour empêcher une attaque policière. Un autre rapport dit que les gens ne peuvent pas quitter l’hôtel parce que la police arrête tous ceux qui en sortent.
D’autres rapports indiquent que la police à fait fermer le métro et les liaisons par bateaux entre l’Europe et l’Asie pour empêcher que les gens viennent se joindre aux manifestations.  Il y a beaucoup d’enfants disparus, ou d’enfants qui ont été séparés de leurs familles. Les manifestants affrontent la police à Sıraselviler, Cihangir, Harbiye, et probablement autour de Dolmabahçe et Maçka. Ce qui se passe cette nuit est d’une brutalité inouïe, une véritable sauvagerie. C’est une sale guerre où seul un camp est armé. C’est de la terreur d’Etat.
Toujours vers minuit : Des témoignages de manifestants rapportent souffrir de brûlures après avoir été arrosés par des cannons à eau… à se demander ce qu’ils mettent…
http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/136.jpgBrûlures aux jambes suite aux tirs d’eau par la police (Istanbul, nuit du 15 au 16 juin)
Message reçu vers 2 heures du matin :
Je vais bien, mes amis aussi, du moins ceux que j’ai pu joindre. Istanbul vit un enfer. Ils cherchent à tuer la ville, la voie de sa population. La situation est terrible. La police a attaqué le parc alors qu’il y avait des milliers de personnes, dont des centaines de jeunes enfants, des personnes âgées, des handicapés et des animaux sans défense. Les gens ont été gazés sans pitié. Des centaines de personnes se sont réfugiées à l’Hôtel Divan, qui a toujours ouvert ses portes aux manifestants. C’était l’enfer. Le gaz entrait dans l’hôtel en même temps que les manifestants. On nous a dit d’aller en salle de conférence en bas des escaliers. Il y avait beaucoup d’enfants et beaucoup de personnes blessées. C’était terrible. Des scènes comme dans un film d’horreur. C’était difficile de respirer, nos peaux nous brûlaient, il faisait très chaud, nous suions comme des fous, les gens pleuraient, s’évanouissaient, vomissaient, appelaient à l’aide… Après une heure et demi, on nous a dit qu’il était sur de fuir vers Harbiye. Nous sommes passés devant des centaines de policiers et beaucoup de véhicules de combat en marche vers Nisantasi. Les gens sont descendus dans les rues contre cette barbarie, criant des slogans et tapant des casseroles. Deux de mes tantes étaient dans la rue, trempées, suite aux tirs d’un canon à eau ; elles ont la soixantaine bien passée et ont été jetée contre le mur par l’eau. Comme d’autres jours avant, Kizilay, le croissant rouge turc, refusait de transporter les blessés, et des sources très fiables (des docteurs) m’ont rapporté les faits. Les docteurs d’un petit hôpital privé ont dû payer une compagnie privée pour faire transporter une personne gravement blessée qui a pu ainsi survivre. C’est un scandale. Nous vivons dans un Etat policier. La police a arrêté 49 avocats en investissant le Palais de Justice l’autre jour. Maintenant ils essayent d’arrêter tout docteur ou toute infirmière qui aide les manifestants blessés. Le gouvernement et le gouverneur d’Istanbul continuent de parler de “groupes marginaux”. Le masque de la démocratie et de l’État de droit est tombé dans ce pays. Priez pour nous et diffusez l’information.