dimanche 16 juin 2013

Terreur répressive à Istanbul

Message d’Istanbul, nuit du 15 au 16 juin 2013 aux alentours de minuit :
Aujourd’hui, suite au discours extrêmement sectaire, violent et mensonger du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan à Ankara, la police a commencé à attaquer vers 21 heures des milliers de personnes qui dînaient Place Taksim et au Parc Gazi. Il y avait des enfants de 4 ou 5 ans, des mères et des personnes âgées lors de k’attaque à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Selon les rapports, la police n’a pas autorisé les journalistes à faire leur travail ou à prendre des photos Parc Gezi.
http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/108.jpgEnfants victimes de la terreur policière, Istanbul nuit du 15 au 16 juin
La police a aussi attaqué à coup de canons à eau les manifestants qui se sont réfugiés dans le célèbre hôtel Divan qui leur avait ouvert ses portes. Les gens disent qu’il y a des milliers de blessés dans l’hôtel. Les gens ont formé une chaîne humaine devant l’hôtel pour empêcher une attaque policière. Un autre rapport dit que les gens ne peuvent pas quitter l’hôtel parce que la police arrête tous ceux qui en sortent.
D’autres rapports indiquent que la police à fait fermer le métro et les liaisons par bateaux entre l’Europe et l’Asie pour empêcher que les gens viennent se joindre aux manifestations.  Il y a beaucoup d’enfants disparus, ou d’enfants qui ont été séparés de leurs familles. Les manifestants affrontent la police à Sıraselviler, Cihangir, Harbiye, et probablement autour de Dolmabahçe et Maçka. Ce qui se passe cette nuit est d’une brutalité inouïe, une véritable sauvagerie. C’est une sale guerre où seul un camp est armé. C’est de la terreur d’Etat.
Toujours vers minuit : Des témoignages de manifestants rapportent souffrir de brûlures après avoir été arrosés par des cannons à eau… à se demander ce qu’ils mettent…
http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/136.jpgBrûlures aux jambes suite aux tirs d’eau par la police (Istanbul, nuit du 15 au 16 juin)
Message reçu vers 2 heures du matin :
Je vais bien, mes amis aussi, du moins ceux que j’ai pu joindre. Istanbul vit un enfer. Ils cherchent à tuer la ville, la voie de sa population. La situation est terrible. La police a attaqué le parc alors qu’il y avait des milliers de personnes, dont des centaines de jeunes enfants, des personnes âgées, des handicapés et des animaux sans défense. Les gens ont été gazés sans pitié. Des centaines de personnes se sont réfugiées à l’Hôtel Divan, qui a toujours ouvert ses portes aux manifestants. C’était l’enfer. Le gaz entrait dans l’hôtel en même temps que les manifestants. On nous a dit d’aller en salle de conférence en bas des escaliers. Il y avait beaucoup d’enfants et beaucoup de personnes blessées. C’était terrible. Des scènes comme dans un film d’horreur. C’était difficile de respirer, nos peaux nous brûlaient, il faisait très chaud, nous suions comme des fous, les gens pleuraient, s’évanouissaient, vomissaient, appelaient à l’aide… Après une heure et demi, on nous a dit qu’il était sur de fuir vers Harbiye. Nous sommes passés devant des centaines de policiers et beaucoup de véhicules de combat en marche vers Nisantasi. Les gens sont descendus dans les rues contre cette barbarie, criant des slogans et tapant des casseroles. Deux de mes tantes étaient dans la rue, trempées, suite aux tirs d’un canon à eau ; elles ont la soixantaine bien passée et ont été jetée contre le mur par l’eau. Comme d’autres jours avant, Kizilay, le croissant rouge turc, refusait de transporter les blessés, et des sources très fiables (des docteurs) m’ont rapporté les faits. Les docteurs d’un petit hôpital privé ont dû payer une compagnie privée pour faire transporter une personne gravement blessée qui a pu ainsi survivre. C’est un scandale. Nous vivons dans un Etat policier. La police a arrêté 49 avocats en investissant le Palais de Justice l’autre jour. Maintenant ils essayent d’arrêter tout docteur ou toute infirmière qui aide les manifestants blessés. Le gouvernement et le gouverneur d’Istanbul continuent de parler de “groupes marginaux”. Le masque de la démocratie et de l’État de droit est tombé dans ce pays. Priez pour nous et diffusez l’information.

lundi 10 juin 2013

L'Eglise catholique refuse la débaptisation


René L., baptisé à l'âge de 2 jours, décide à l'âge adulte de se faire débaptiser.
En 2001 il demande et obtient que soit inscrite sur le registre du diocèse la mention « a renié son baptême ». En 2009, il réclame à ne plus apparaître du tout sur le registre, ce que lui refuse le diocèse.
En octobre 2011, le tribunal civil de Coutances donne raison à René et demande au diocèse d' « effacer dans un délai de 30 jours toute mention de baptême ».
Malgré cette décision de justice le diocèse refuse d'appliquer la loi, et c'est la cour d'appel de Caen qui doit trancher ce dossier ces jours-ci.
René L., précise qu'en 2012, grâce au premier jugement de Coutances, des baptêmes ont été effacé comme à Tulle par exemple. En Italie comme aux Pays-bas, pays catholiques, ce sont des milliers de demandes de débaptisation qui sont recensées sans problèmes particuliers.
Mais l'Eglise catholique française, ignorant la Loi de 1905, continue de considérer que « le baptême n'est pas un acte de la vie privée, mais un acte de la vie publique » !
Curés, sachez qu'il me suffit d'exprimer ma volonté de renoncer au baptême, à travers un formulaire et que vous êtes tenus de me délivrer un certificat avec l'acte d'abjuration de la foi.
Curés, débaptisez-moi...et très vite !


Michel

ANTIFA - Chasseurs De Skins (complet) .


Publiée le 4 juil. 2012
Documentaire français de Marc-Aurèle Vecchione sorti le 12 juillet 2008.

Paris début 80 le mouvement Skinhead arrive en France, et s'apprête à défrayer la chronique pour la décennie à suivre, à coup de provocations et de crimes racistes. Des bandes se forment et se lancent dans une véritable guérilla urbaine pour contrer l'offensive fasciste. Ils sont les Red Warriors, les Ducky Boys ou les Ruddy Fox. Les jeunes parisiens vont les surnommer " chasseurs de skin ". Leur motivation : combattre le fascisme et les actes racistes par tous les moyens nécessaires quitte à retourner contre leurs adversaires la violence qu'ils emploient. ANTIFA est non seulement l'histoire d'une culture, le mouvement skinhead mais aussi l'histoire des bandes qui ont créé un antifascisme autonome, urbain et ultra violent aujourd'hui reconnu partout en Europe. À travers des interviews exclusives, les membres des principales bandes antifa reviennent sur leur engagement et livrent leur témoignage sur la situation de la jeunesse des rues 20 ans auparavant. À l'aide d'archives exceptionnelles "ANTIFA " porte un regard sur une période charnière, celle d'une génération entre la fin du rock et le début du rap, dont les maux étaient déjà annonciateurs des tentions urbaines d'aujourd'hui.

Plongée dans la fabrique des élites

 
Bertrand Rothé Marianne 09/06/2013

Sur quels sujets de culture générale sélectionne-t-on aujourd'hui à HEC, à l'ENA et dans les autres grandes écoles ? "Marianne" y a relevé, en tout cas, quelques superbes perles de la pensée unique : violente, méprisante, ultralibérale.

C'est le temps des concours. Même quand le printemps n'arrive pas à naître, après deux ans d'un travail d'athlète dans les classes préparatoires aux grandes écoles, 40 000 étudiants sont aujourd'hui convoqués pour passer à la guillotine du savoir. Parqués dans de grandes salles, ils ont transpiré encre et eau. Aujourd'hui, les écrits sont passés, les oraux sont en cours. Les meilleurs - comprendre les mieux classés - se voient convoqués par les plus grandes des «grandes écoles». Souvent costumés comme pour un mariage, ils se rendent qui dans les ENS ou à Polytechnique, qui à HEC, à l'Essec ou à Sciences-Po. Pendant la sélection, la sélection continue. L'X propose un peu moins de 400 places par an, HEC, 380.
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> Mais sur quels sujets de culture générale sont donc choisis les futurs ministres et patrons du privé ? «Sciences-Po se place clairement dans le champ de la compétition internationale», affirme une de ses brochures. «Que faites-vous si vous n'êtes pas pris ?» voilà une des questions fétiches des oraux d'intégration aux masters de la Rue Saint-Guillaume. Pas de pitié pour les losers. En 2010, HEC préparait ses futurs étudiants en les invitant à réfléchir à cette autre question : «La vie est-elle autre chose que le théâtre de la cruauté ?» Les enfants de bons profs et les quelques littéraires que forme encore l'Education nationale ont fait référence au Théâtre et son double, d'Antonin Arthaud. Mais, pour la plupart, les futurs patrons et les traders ont vu là une invitation au cynisme et aux restructurations au sabre «du même Mittal».
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> Les écoles de commerce ne cachent pas leur jeu. On sait qu'on est là pour «se préparer à une excellente carrière de cadre supérieur». Ce noble objectif est vanté par les professeurs de spéciales, autre nom des profs de prépa, regroupés au sein de l'UPS (Union des professeurs de spéciales). En 2006, les futurs étudiants de l'Essec ont planché pendant quatre heures autour de ce «to be or not to be» version Alain Minc : «Qu'est-ce qu'un juste salaire ?» Si les candidats, qui rêvent tous de hautes fonctions dans les entreprises, ont défendu comme un seul homme les revenus des patrons «créateurs de richesse et d'emplois», certains des lauréats ont même pensé à remettre en cause le Smic, un salaire administré et surélevé, donc injuste, dont l'effet pervers serait de condamner les plus faibles au chômage. Le même sujet a, du reste, été posé à l'ENA sous une forme certes beaucoup moins vulgaire. Les grands commis de l'Etat n'ont pas encore le parler cash des business schools.
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> A chaque école ses traditions
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> En 2009, l'épreuve de culture générale de l'ENA invitait ainsi les futurs Moscovici et Attali à se surpasser sur un thème jubilatoire : «Répartition de la valeur ajoutée et performances économiques». Chaque école a cependant ses traditions et ses préoccupations. Parmi les sujets de culture générale destinés à sélectionner les commissaires de police : «Existe-t-il une juste violence ?» ou «La tolérance est-elle l'une des vertus ou l'une des faiblesses de la démocratie ?» En 1999, les futurs commissaires de police ont également été invités à plancher sur «La rue est-elle un ennemi pour la démocratie ?» Depuis un certain temps, la rue et la révolution préoccupent l'ensemble des élites. Ont-elles peur ? En 1998, les énarques s'interrogeaient ainsi sur «l'utilité de la contestation» ou plus récemment sur la révolution comme «phénomène périmé». Il faut dire que, juste après le tournant de la rigueur de 1983 et la conversion définitive des socialistes au libéralisme, l'ENA s'était vite adaptée avec une magistrale citation d'Henry de Montherlant à commenter : «Les révolutions font perdre beaucoup de temps».
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> Surprise, la guerre est très présente dans toutes les épreuves de ce genre de concours qui sont certes de vrais champs de bataille. HEC propose ainsi : «Les guerres ont-elles changé de visage au XXIe siècle ?», ou encore «Les vertus militaires conservent-elles une valeur dans les sociétés démocratiques ?» Idem en 2009 pour une question posée dans les instituts d'études politiques (IEP) de province : «Peut-on "civiliser" les manières de faire la guerre ?». A l'ENA, où les Clausewitz se ramassent à la pelle, en 2011, il était proposé «Les démocraties face à la guerre». Beaucoup d'étudiants voient dans la guerre une métaphore de la compétition économique. Dans les forums où ils donnent leur avis, les candidats se laissent aller à parler de «guerres économiques et financières». Certains se rêvent en Napoléon ou en Hannibal de ces multinationales qui s'entredéchirent. Il y a des territoires à conquérir et il y aura des morts sans sépulture, des gueules cassées du libéralisme. A Louis-le-Grand et dans la prépa privée Ipesup, les profs leur ont appris à aimer ce credo. Pourtant, un sujet d'oral d'HEC 2012 aurait dû les titiller : «Les rivalités économiques entre grands pays avant 1914». Trente ans de concurrence internationale sauvage avaient en effet conduit à l'exacerbation nationaliste puis à la Première Guerre mondiale. Neuf millions de morts.
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> Jusqu'à la fin des années 80 à Sciences-Po, un sujet sur deux incitait à composer sur l'Allemagne, ce qui enchantait Julien Gracq qui était géographe et germanophile. Le monde a changé. Si nos voisins d'outre-Rhin occupent encore un peu nos étudiants, l'analyse approfondie des sujets les incite désormais à travailler la mondialisation et l'Europe. En histoire, «Pipo» (le surnom péjoratif de Sciences-Po Paris) propose en 2009 : «L'idée d'Europe et ses réalisations de 1945 à nos jours». En 2011, les IEP de province soumettent : «La France et la construction européenne 1957-1992». La palme revient à l'Essec en 2010 qui réunit les deux concepts en un sujet : «Quels rôles pour l'Union européenne dans la mondialisation et le jeu des puissances ?» Comment s'étonner qu'au référendum de 2005 les cadres supérieurs aient voté massivement pour le traité constitutionnel ? Pendant toute leur scolarité, on les a invités à construire des dissertations en mots de catéchisme sur la CEE puis l'Union européenne.
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> «Apprendre à oser», proclame HEC ! Mais, pour tenir son rang de meilleure european business school de 2006 à 2011 (selon le classement du Financial Times), l'école de Jouy-en-Josas encadre souvent l'audace par des questions fermées. Quelques exemples tirés des sujets d'oraux de 2011. «Quelles justifications pour les privatisations ?» Interdit de réfléchir, même une seconde, aux conséquences négatives des privatisations ou aux éventuelles justifications des nationalisations. Le créneau du lieu, c'est la formation de sociaux-libéraux à la Hollande. Faut-il rappeler que notre président, Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy, le président partant de l'OMC, sortent tous d'HEC ? En bons étudiants, leur chanson n'a qu'un couplet : les privatisations. DSK en est le champion toutes catégories. Un homme audacieux, dont l'école a longtemps été très fière. Autre sujet orienté : «Mondialisation et bien-être». Evidemment, la conjonction de coordination «et» sert à exprimer une addition, puisqu'il va de soi que les deux marchent ensemble, comme la bielle et le piston. Pendant ce temps-là, à l'école de la vie, chez les ouvriers par exemple, on sait déjà que le «bien-être» dont parle HEC se nomme Pôle emploi et délocalisations. Pour finir, cerise sur le Medef, toujours à HEC, en 2011 : «Le service public a-t-il un avenir en Europe ?» et «L'avenir de la protection sociale en France». Sans avoir fait HEC, vous avez compris que la réponse est cachée dans la question. Evidemment, pas un seul crétin n'a envisagé un avenir radieux au système dans un pays qui n'a pourtant jamais été aussi riche. S'il est sage, l'animal à concours énumère les «nécessaires réformes» : allongement des durées de cotisation, augmentation du ticket modérateur. Les candidats les plus audacieux auront proposé une privatisation de la protection sociale... Trois des quatre plus grosses compagnies d'assurances françaises sont dirigées par des anciens d'HEC. Ah, privatiser le parapluie social ! Le bonheur de Denis Kessler.
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> Autres temps, autres mœurs, voici en tout cas un petit chef-d'œuvre d'une époque espérons-le révolue... En 2002, pour préparer aux délocalisations, les élèves de l'Essec eurent ainsi à traiter : «L'industrie a-t-elle encore une place dans l'économie française aujourd'hui ?»
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> Attention aux pièges toutefois. En 2011, trois ans après la crise des subprimes, les étudiants des écoles de commerce ont planché quatre heures sur «Les défaillances des marchés financiers justifient-elles l'intervention de l'Etat ?» Une lecture trop rapide du sujet peut vite conduire au hors-sujet. La question est assez insidieuse, le jury ne remet pas en cause le marché. Ouf. La défaillance dont on parle induit une «faiblesse momentanée» ou un «dysfonctionnement». Re-ouf. Impossible d'imaginer que la crise soit consubstantielle aux marchés. L'étourdi qui a envisagé cette terrible vérité n'a eu que 2/20. C'est bien fait pour lui. L'équilibre du marché est une loi naturelle, comme la pomme soumise à la gravitation. Il peut avoir des faiblesses momentanées, des défaillances. Les séditieux qui le nient n'ont rien à faire dans le commerce. Le secret de ces concours est de platement fayoter avec les idées des maîtres, ceux qui ont pondu le sujet. Ainsi, à la question sur la défaillance des marchés qui justifient l'intervention de l'Etat, l'étudiant parfait renvoie l'interrogation comme un boomerang : «L'intervention de l'Etat n'est-elle pas à l'origine de la défaillance des marchés financiers ?» Derrière ça, on enquille avec la citation de Reagan : «L'Etat n'est pas la solution à notre problème ; l'Etat est le problème.» Si vous faites ainsi, c'est que vous êtes déjà, au choix, Maurice Herzog, Jacques Cheminade, Eric Woerth, ou que vous le serez bientôt.
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> Un mauvais point pour HEC. En 2012, l'optimiste jury de notre meilleure école de management demandait à ses admissibles : «La crise est-elle terminée ?» Plus avisé, un an après, en 2013, celui de l'ENA propose de sélectionner les admissibles sur l'«efficacité des mesures de sauvegarde de l'emploi en période de crise». Si nos futures élites sont sélectionnées sur de telles valeurs, «à qui la faute ?» C'est le sujet de culture générale d'HEC 2006. Une chose est sûre, ce n'est pas la faute à Voltaire.

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DES SCIENTIFIQUES TRÈS LITTÉRAIRES
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> Paradoxalement, c'est dans les épreuves des écoles scientifiques que l'on fait le plus référence aux textes classiques. Ces dernières années, les futurs étudiants de l'Ecole polytechnique, de l'Ecole normale supérieure et de l'Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles ont commenté une citation de Paul Ricœur, Georges Bataille, Nelly Wolf et Pierre Jourde. Excusez du peu. L'argumentation doit s'appuyer sur trois romans, pièces de théâtre ou autres. Des livres que les «taupins» ont dû travailler pendant l'année. En 2012, Eschyle, Pascal et Steinbeck étaient au programme. C'est avec les Raisins de la colère que les futurs ingénieurs découvrent les conséquences de la crise de 1929. Petit détail, cette épreuve ne porte pas l'enseigne fumeuse de «culture générale». Plus sobrement, elle s'intitule «composition française», comme au temps du certificat d'études. Certains y verront un peu de tenue dans l'indécence, d'autres - les bêtes à concours mondialisées - une présentation archaïque qui explique nos difficultés à accepter une mondialisation salvatrice.

Place Jean Moulin, l'hommage vibrant à Clément Méric


Un moment d'indivisible soutien

Plus d'une centaines de personnes se sont réunies ce jeudi 6 juin à 19 heures pour rendre un dernier hommage à Clément Méric, militant antifasciste décédé des suites d'une agression menée par des skinheads rue Caumartin à Paris.

C'est seulement quelques heures avant le rassemblement qu'a été officialisée la nouvelle du décès de Clément Méric, jusqu'alors en situation de mort cérébrale depuis son agression de la veille. La manifestation, qui s'est tenue place Jean Moulin à Bordeaux, a rassemblé une foule nombreuse et émue d'où émergeait des drapeaux socialistes, communistes et anarchistes.
Tour à tour, les représentants des diverses forces politiques en présence ont pris la parole pour saluer la mémoire du jeune militant, dont l'auteur présumé de l'agression aurait été arrêté selon le ministère de l'intérieur. Les portes-parole d'associations comme la LICRA ou la Ligue des Droits de l'Homme se sont joints à eux.
Vincent Feltesse chahuté
Lors de son intervention face à la foule, Vincent Feltesse, président socialiste de la Communauté Urbaine de Bordeaux, a été chahuté par une poignée de militants d'extrême-gauche ; ces derniers reprochant au Parti Socialiste sa participation implicite à un climat de violence, leurs accusations portant notamment sur le maintien de la politique d'expulsion des sans-papiers par le ministre de l'intérieur Manuel Valls. Il a appelé, de même que la représentante des Jeunes Ecologistes, à l'apaisement et la réunion autour des valeurs communes à l'ensemble de la gauche en ce jour funeste.
L'émotion était vive lorsque retentit sur la place le chant des partisans, entonné par une militante à la voix brisée par la tristesse. Des rassemblements similaires ont eu lieu sur l'ensemble du territoire, et il reste maintenant à éclairer les conditions de cette agression ainsi que l'identité du ou des agresseurs.

L'antifascisme n'est pas un extrémisme

L'assassinat en plein jour à Paris d'un jeune militant antifasciste par un groupe de nazillons skin-heads est présenté depuis ce matin d'une façon absolument insupportable: il s'agirait à entendre les commentateurs de la télé (BFMTV et France2 notamment) d'un "militant d'extrême-gauche battu à mort par un groupe de militants d'extrême-droite"!
Ainsi est placé un signe d'égalité infâmant entre un militant antifasciste et ses assassins: l'extrême-gauche renvoyant à l'extrême droite dans un shéma tout à la fois simpliste et complice.
Qu'on nous permette donc ce bref rappel: l'antifascisme n'est pas un extrémisme.
L'antifascisme est un combat dont la nécessité est vitale pour notre société.
Depuis plusieurs années on assiste en France à une remontée des pires remugles des égoûts d'une droite désormais incapable de garder ses distances avec ce danger de plus en plus présent, de plus en plus actuel, et de plus en plus menaçant - dont elle favorise la résurgence.
A force de parler d'une droite "décomplexée" et de draguer les thèmes racistes, xénophobes, homophobes et fascistes, tels qu'ils se sont manifestés récemment au sein même des manifestants contre l'égalité des droits au mariage, les responsables de la droite prétendûment républicaine portent une responsabilité politique directe dans toutes les violences qu'ils ne craignent pas de déchaîner dans leurs dérives électoralistes complètement irresponsables.
Les actes très violents qui se sont produits ces derniers temps sont inspirés directement par ces apprentis-sorciers, il en sont le résultat direct.
Le crime abominable commis hier soir contre notre camarade Clément Méric n'est en rien dû au hasard: ceux qui vont chercher les tueurs pour assurer leur service d'ordre ont, tout autant que le groupuscule nazi auteur de cet assassinat, une responsabilité directe!
Les extrémistes, ce sont ceux qui attisent les passions anti-républicaines, anti-égalitaires, le refus de l'autre, de la diversité, de la démocratie, de la république qui sont les références d'un fascisme hideux, chargé de crimes innombrables.
Nul ne peut ignorer que ceux qui banalisent la haine siègent aussi sur les bancs de la droite nationaliste.

Plus que jamais: no pasaran !

samedi 8 juin 2013

"Un client toutes les quinze minutes pendant huit heures d'affilée, imagine-t-on ce que c'est ?"

Laurence Noëlle, sur un quai de métro parisien, le 29 mai.
Laurence Noëlle, sur un quai de métro parisien, le 29 mai. | © Camille Millerand Pour "Le monde"



Ce qui frappe d'abord chez elle, c'est son regard bleu et franc, qui se plante dans le vôtre et ne le quitte pas. "Avant, je ne pouvais regarder personne en face", lance Laurence Noëlle. Pendant vingt-huit ans, elle a détourné les yeux et gardé le silence. Pour rien au monde elle n'aurait voulu que "ça" se sache, "à cause de la honte". Maintenant, à 46 ans, elle ose parler, et se montrer, en espérant que son témoignage changera des vies.
A 17 ans, jeune fille "paumée, livrée à elle-même, assoiffée de chaleur humaine", elle s'est retrouvée sur le trottoir, enrôlée par un réseau de proxénètes. "La plus douloureuse et destructrice expérience qui soit", résume-t-elle dans un livre, paru en avril, Renaître de ses hontes (Le Passeur, 220 p., 19,50 euros).
Depuis sa sortie, tout va très vite. Fin mai, elle était auditionnée par la députée (PS) Maud Olivier, chargée de rédiger la proposition de loi visant à la disparition de la prostitution qui doit être débattue au Parlement à l'automne. Samedi 8 juin, elle doit lancer officiellement la branche française des Survivantes, un réseau international d'anciennes prostituées, lors de l'assemblée générale du mouvement abolitionniste du Nid.
"JE ME SUIS TUÉE. J'AI FAIT LA MORTE"
Elle veut montrer "l'autre visage de la prostitution". Pas celui du "travail du sexe" choisi, souvent dépeint dans les médias par les quelques porte-voix de femmes et d'hommes la plupart du temps...
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